ALICEThomas finit par se lever. Je vois bien qu’il hésite, qu’il a envie de rester là, assis dans ce fauteuil inconfortable, à monter la garde comme si Marc pouvait surgir de l’ombre à chaque instant. Mais sa fatigue est une plaie ouverte, et je ne peux pas le laisser s’épuiser pour moi.— Thomas, rentre, insiste-je doucement. Tu as besoin de dormir. Tu reviendras demain.Il soupire, se penche pour m’embrasser le front, un geste d’une tendresse qui me brise le cœur, puis il quitte la chambre. Le silence qui s’installe après son départ est immédiat, presque violent. Les machines continuent leur concert monotone, mais sans sa présence, elles semblent plus froides, plus menaçantes.Je reste seule avec le souvenir du regard de Morgan. Ce regard... ce n’était pas de l’amour, c’était de la méfiance. Marc a réussi. Il a pris ma fille, il l’a retournée contre moi en quelques minutes, et je n’ai rien pu faire, clouée à ce lit par mes cicatrices et mes mensonges.Je ferme les yeux, mais le som
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