ALICE-— Thomas... je poursuis, la gorge nouée. Si tu savais à quel point elle te ressemble quand elle... quand elle s’obstine. Elle a cette même lueur dans le regard, cette façon de ne jamais lâcher prise. Elle est... entière. Comme nous l’étions à l’époque.Je m’arrête net, le souffle court. Je tourne autour du pot, je frôle la vérité du bout des lèvres sans oser la lâcher. Je vois bien qu’il attend, immobile, le corps tendu vers moi comme s’il essayait de lire entre mes mots. Mais le poids de ces quatorze années est trop lourd, et ma gorge se serre physiquement, m’empêchant de finir ma phrase.Thomas finit par redresser la tête. Il sent mon hésitation, ma détresse, et décide de rompre ce silence électrique en changeant de sujet, presque par pudeur.— Alice... qu’est-ce que tu comptes faire avec Marc ? Ta situation à la maison est intenable, tu ne peux pas retourner là-bas dans ton état.Je relève le menton, et pour la première fois de la matinée, ma voix ne tremble plus.— Je ne c
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