ALICEJe ne sais pas vraiment comment je suis arrivée là, dans ses bras. Une seconde, j’étais encore dehors, plantée au milieu de la cour sous cette pluie fine et glaciale qui collait mes cheveux à mes joues ; la seconde suivante, la porte s’ouvrait sur le visage de Thomas, un mélange instantané de surprise et d’inquiétude gravé dans les yeux.Les mots sont sortis tout seuls, sans filtre, portés par le reste de mes forces :— J’ai pas envie d’être seule ce soir, Thomas.Et tout s’est effondré.Mes jambes ont lâché, mais il m’a attrapée avant que je ne touche le sol. Il m’a serrée fort, d’un coup, une main ancrée dans ma nuque et l’autre pressée contre mon dos, comme pour recoller les morceaux. Contre sa poitrine, j’ai tout de suite entendu son cœur qui cognait trop vite, affolé. Il sentait le propre, le savon, les effluves de café noir, et cette odeur chaude, boisée, qui n’appartient qu’à lui.Alors, les vannes se sont ouvertes. Je me suis mise à pleurer, pas de ces larmes discrètes q
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