Le bureau de Maxime Deverell n’avait rien d’un lieu de travail moderne. C’était une pièce pensée pour rappeler à quiconque y entrait que le pouvoir, chez les Deverell, n’était pas né des marchés mais du sang. Boiseries sombres, portraits d’ancêtres sévères, bibliothèque reliée cuir, cave à cigares intégrée dans un meuble ancien, et, derrière le large bureau en acajou, une immense fenêtre donnant sur un jardin intérieur taillé avec une discipline presque militaire. Mathias détestait cet endroit. Il le détestait parce qu’il n’y avait rien construit là par l’effort, rien arraché à la pauvreté, rien conquis contre le monde. Tout, dans cette pièce, parlait d’héritage, de lignée, de nom transmis comme un bien meuble. Exactement ce qu’il avait passé la moitié de sa vie à mépriser. Et pourtant, il était là. Debout devant son père, les mains dans les poches de son pantalon sombre, la mâchoire serrée. Maxime ne l’avait pas encore invité à s’asseoir. C’était voulu. — Alors, dit-il en refe
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