Le week-end suivant, Élise vint chercher Chloé en voiture. Pas la grande berline officielle, cette fois, mais un véhicule plus discret, choisi précisément parce qu’il attirerait moins l’attention. Pourtant, même discret, il restait pour Chloé un objet d’un autre monde : cuir souple, silence intérieur, chauffage doux, bouteille d’eau déjà fraîche dans le vide-poche. Quand elle monta à l’arrière, elle avait pris soin de s’habiller simplement, mais proprement. Son meilleur jean, un pull noir, un manteau sobre. Pas de maquillage excessif. Pas d’effort voyant. Elle comprenait déjà une chose essentielle : dans le monde d’Élise, le bon goût consiste souvent à paraître ne pas avoir essayé. Élise, elle, portait une casquette sombre, de grandes lunettes, et un manteau plus banal qu’à l’ordinaire. — Tu te caches ? demanda Chloé. — Je limite les risques. — Tu crois qu’on va te reconnaître dans un grand magasin ? Élise eut un petit sourire. — Pas forcément. Mais je préfère ne pas tenter le
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