Les travaux du Théâtre des Oiseaux avançaient à un rythme soutenu, et chaque jour apportait son lot de découvertes et d’émerveillements. Nous avions dégagé la fresque du plafond, une œuvre magistrale représentant un ciel peuplé d’oiseaux aux ailes déployées, qui datait de la fin du dix-neuvième siècle. Les couleurs, bien que passées, conservaient une intensité saisissante, et les restaurateurs travaillaient avec une minutie d’orfèvres pour leur redonner leur éclat d’origine.Victor venait chaque matin, fidèle au poste malgré ses rhumatismes qui le faisaient de plus en plus souffrir. Il s’asseyait sur un vieux banc de pierre, dans la cour intérieure, et observait le chantier en silence, sa canne posée à côté de lui, ses mains calleuses croisées sur ses genoux. Parfois, il me donnait un conseil, corrigeait un détail, suggérait une amélioration. Mais le plus souvent, il se contentait de regarder, les yeux perdus dans le vague, comme s’il voyait au-delà des échafaudages et de la poussière.
Last Updated : 2026-04-29 Read more