MARIANNESoudainement j'avais à nouveau seize ans, debout en haut de l'escalier de la maison de mes parents, pendant que mon père était assis en bas, impuissant, tenant la lettre d'adieu de ma mère dans ses mains tremblantes et les yeux rouges.L'encre avait bavé sous les larmes de mon père, si bien que je n'arrivais pas à distinguer les mots, même à l'époque.Des mots comme *adieu. Amour. Suis tombée. Fille* flottaient sur la page. Des mots simples pour décrire le poids écrasant d'un abandon.Je me souvenais du silence qui avait suivi son départ. Les chambres vides, les dîners intouchés, et l'humiliation de regarder une famille se décomposer parce qu'une personne avait décidé que les vœux étaient optionnels.Mon estomac se tordit violemment. Je pressai une main contre le mur, forçant l'air dans mes poumons.Je ne pouvais pas revivre ça.Je m'éloignai en titubant de la porte de la chambre d'amis, mon pouls martelant douloureusement sous ma peau. Une partie de moi voulait ouvrir cette
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