Nous rentrâmes de la campagne plus proches qu’avant.Les étoiles, la forêt, la promenade – tout cela avait resserré des liens que les disputes avaient distendus. Pendant deux jours, nous avions marché, parlé, dormi sous les branches, blottis l’un contre l’autre pour ne pas mourir de froid. Julien m’avait confié ses peurs les plus intimes, la peur de finir seul comme son grand-père, la peur de n’être jamais assez bien pour moi. Moi, je lui avais avoué que l’autel vide hantait encore mes nuits, mais que sa présence, sa main dans la mienne, suffisait à éloigner les cauchemars.Le trajet en taxi, le lendemain matin, s’était fait dans une douce complicité. Nos doigts entrelacés sur la banquette arrière. Ses yeux qui me regardaient comme si j’étais un miracle. Le chauffeur, un vieux homme barbu, nous avait souri dans le rétroviseur sans rien dire. Il avait compris, peut-être, que nous revenions de quelque part. D’un lieu où l’on se dit les choses importantes.Mais en approchant de Paris, l’
Last Updated : 2026-05-26 Read more