Chapitre 121 Isabelle La lame est toujours là, cachée dans ma paume, minuscule et rouillée. Je l'ai gardée toute la nuit, serrée contre ma peau, et elle est devenue mon trésor le plus précieux. Cette petite lame, ce fragment de métal oublié par un précédent prisonnier, est notre seule chance de liberté. Lucas s'est rendormi, épuisé par la tension et le manque de nourriture. Son souffle est régulier, son front plissé, même dans le sommeil. Je le regarde un long moment, le cœur serré, puis je me remets au travail. Mes doigts sont engourdis, mes poignets à vif, mais je ne sens plus la douleur. Il n'y a plus que cette corde, ce chanvre rugueux qui me retient prisonnière, et cette lame qui grignote, fibre après fibre, avec une lenteur exaspérante.
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