Chapitre 133LucasLe noir. Le froid. Le silence. Les heures s'égrènent, interminables, dans ce réduit sans fenêtre, sans autre lumière que le mince rai qui filtre sous la porte. Mes poignets sont en sang, mes chevilles gonflées par les chaînes, mes épaules en feu à force d'être tendues au-dessus de ma tête. La soif me dessèche la gorge, la faim me tord l'estomac, et le froid mord mes extrémités avec une constance implacable. Mais je ne sens presque plus la douleur physique. Elle est devenue un bruit de fond, un bourdonnement lointain, presque rassurant. La seule douleur qui compte, c'est celle de l'absence. L'absence d'Isabelle. Le vide qu'elle a laissé en moi.Je pense à elle. À ses yeux, à sa voix, à son sourire. À la façon dont elle posait sa tête sur mon épaule, le soir, dans le salon de la villa. À la façon dont elle dansait avec moi, pieds nus, les yeux fermés, comme si le monde n'existait plus. À sa dernière étreinte, dans la cour enneigée, avant qu'on ne l'arrache à moi.— Je
Read More