LOGINChapitre 124
Rodrigo
La neige commence à tomber, fine et silencieuse, enveloppant la montagne d'un linceul blanc. Je suis debout sur le perron de la vieille ferme, les mains enfoncées dans les poches de ma veste, et je regarde les flocons tourbillonner dans la lumière grise du matin. Mes hommes sont à l'intérieur, en train de charger les armes, de préparer les sacs, de se préparer à la traque ins
Chapitre 124RodrigoLa neige commence à tomber, fine et silencieuse, enveloppant la montagne d'un linceul blanc. Je suis debout sur le perron de la vieille ferme, les mains enfoncées dans les poches de ma veste, et je regarde les flocons tourbillonner dans la lumière grise du matin. Mes hommes sont à l'intérieur, en train de charger les armes, de préparer les sacs, de se préparer à la traque insensée que Sophia a ordonnée.Sophia. Cette femme est en train de perdre la raison. Elle l'a peut-être déjà perdue, depuis longtemps, et je n'ai rien vu, aveuglé par ma propre cupidité, par mon désir de revanche contre Lucas Silva. J'ai cru que je pourrais la contrôler, l'utiliser à mes fins, récupérer mon empire grâce à son obsession. Je me suis trompé. Lourdement.&n
Chapitre 123SophiaIls se sont enfuis. Ils se sont enfuis, et c'est de ma faute. Je les ai sous-estimés, et maintenant ils courent dans la montagne, libres, vivants, ensemble. Cette pensée est un acide qui ronge mon cerveau, une brûlure qui ne s'apaise pas.Je suis debout dans le salon de la vieille ferme, les mains crispées sur le dossier d'une chaise, le regard fixé sur la porte ouverte par laquelle ils ont disparu. Le vent glacé s'engouffre dans la pièce, fait voltiger les rideaux en lambeaux, éteint les bougies. Rodrigo est derrière moi, silencieux, ses hommes dispersés dans la maison. Je sens leur regard sur moi, empli de reproche, de mépris, de peur. Ils me jugent. Ils me condamnent. Mais aucun n'ose parler.— Sophia, dit enfin Rodrigo, la voix prudente. Il faut partir. Maintenant. La police va arriver. Ils vont
Chapitre 122LucasLa lueur grise du petit matin filtre à travers le soupirail, dessinant un rectangle pâle sur le sol de terre battue. Je suis éveillé depuis des heures, allongé sur le matelas crasseux, les membres engourdis par les liens qui me retiennent prisonnier. Isabelle dort encore, recroquevillée contre moi, sa respiration légère effleurant mon cou. Elle a réussi, cette nuit. Elle a réussi à libérer l'une de ses mains avec cette lame rouillée qu'elle a trouvée dans la pierre. Elle ne me l'a pas dit — elle n'a pas eu besoin de parler. J'ai vu ses doigts bouger, libres, caresser ma joue avant qu'elle ne cache à nouveau la lame sous sa robe, attendant le moment propice.Ce moment, je vais le créer.J'entends des pas au-dessus de nos têtes, des voix étou
Chapitre 121IsabelleLa lame est toujours là, cachée dans ma paume, minuscule et rouillée. Je l'ai gardée toute la nuit, serrée contre ma peau, et elle est devenue mon trésor le plus précieux. Cette petite lame, ce fragment de métal oublié par un précédent prisonnier, est notre seule chance de liberté.Lucas s'est rendormi, épuisé par la tension et le manque de nourriture. Son souffle est régulier, son front plissé, même dans le sommeil. Je le regarde un long moment, le cœur serré, puis je me remets au travail.Mes doigts sont engourdis, mes poignets à vif, mais je ne sens plus la douleur. Il n'y a plus que cette corde, ce chanvre rugueux qui me retient prisonnière, et cette lame qui grignote, fibre après fibre, avec une lenteur exaspérante.
Chapitre 120LucasLe bâillon m'étouffe, m'empêche de parler, mais il ne m'empêche pas de regarder. Et ce que je vois me déchire le cœur. Isabelle est allongée contre moi, sa tête posée sur mon épaule, ses cheveux bruns répandus sur ma poitrine comme un voile de soie. Sa joue est enflée, marquée par la gifle de Sophia, et du sang a coulé de sa lèvre fendue, formant une croûte sombre au coin de sa bouche. Mais elle ne pleure pas. Elle ne se plaint pas. Elle est là, silencieuse, forte, obstinée.Mon amour. Ma femme. Ma vie.Si seulement je pouvais parler, je lui dirais tout ce que mon cœur enferme. Je lui dirais à quel point je l'aime, à quel point je suis fier d'elle, à quel point je regrette de ne pas avoir su la protéger. Je lui dirais que nous all
Chapitre 119Isabelle— Non.Le mot est sorti de ma bouche avant même que j'aie pu le retenir. Un seul mot, tremblant mais ferme, qui claque dans l'air glacé de la cave comme un coup de fouet.Sophia s'arrête au milieu d'un geste, la feuille de papier encore tendue vers moi. Son sourire se fige, vacille, puis se transforme lentement en un masque de rage froide. Ses yeux noirs, brillants de l'éclat fiévreux de la folie, se plissent dangereusement.— Qu'est-ce que tu as dit ?— J'ai dit non. Je n'écrirai pas cette lettre. Je ne signerai pas ce mensonge. Lucas m'aime, et je l'aime. Rien de ce que tu pourras faire ne changera cela.Le silence qui suit est terrible. Lourd, épais, chargé d'une tension électrique qui crépite dans l'air humide de la cave. Rodrig
Chapitre 52LucasJe n'ai pas dormi.Allongé sur le lit, je fixe le plafond comme s'il allait me livrer les secrets de l'univers. À côté de moi, Isabelle dort enfin, elle s'est endormie vers trois heures, &e
# Chapitre 35## Point de vue d’AgathaSix mois.Cela faisait déjà six mois que toute cette histoire entre nos deux familles avait commencé.Et honnêtement…
Chapitre 29Point de vue d’IsabelleJe pousse lentement un soupir fatigué en sortant enfin du bâtiment de mon entreprise.Mon Dieu…Quelle journée épuisante.Mes épaules me font mal.Mes pieds aussi.Et honnêtement…Je n’ai qu’une seule envie maintenant.Prendre un bon bain chaud.Puis m’écrouler da
Chapitre 11 Point de vue de LucasJe la regarde.Longuement.Sans vraiment m’en rendre compte.Isabelle est en face de moi, assise sur cette chaise simple de la maison que j’ai choisie pour nous.Et pourtant… dans ce décor modeste, elle semble presque irréelle.Une robe simple, élégante sans effo







