Chapitre 55AelysJe regarde la cicatrice.Elle est là, sous l'échancrure de sa chemise. Une ligne pâle, fine, qui part de son épaule droite, descend vers sa poitrine, disparaît sous le tissu blanc. La peau autour est mate, hâlée, légèrement hâlée par le soleil ou par la lumière des lampes, par les années passées dans des bureaux sans fenêtres. La cicatrice est plus claire, presque blanche, lisse, luisante sous la lumière de la lampe. Elle brille légèrement, comme si la peau avait été polie par le temps, par les frottements, par les mains qui l'ont touchée.La lampe de chevet est allumée. Un abat-jour en soie beige, bordé d'une frange dorée. La lumière est tamisée, chaude, dorée, elle éclaire la pièce d'une lueur intime, presque religieuse. Les ombres sont douces, arrondies, sans angles.Ses mots résonnent encore dans ma tête.Un incendie.Ses parents.La poutre.Son père qui meurt en le protégeant.Je les entends encore. La voix grave, calme, neutre. Pas d'émotion, pas de larmes, pas
閱讀更多