Chapitre 3LorenzoLe bal bat son plein, et la rumeur de la fête m'enveloppe comme une seconde peau trop chaude, trop parfumée, trop vivante.Je suis au cœur de la salle, immobile au milieu du tourbillon des masques, et pourtant personne ne me regarde. C'est l'avantage du costume de velours noir, du masque de faucon aux plumes d'acier brun. Je suis l'ombre que la lumière oublie, le corbeau posé sur un lustre, celui qui observe sans être vu. Autour de moi, des couples tournent, des rires éclatent, des voix se font plus douces pour chuchoter des secrets que je n'ai pas besoin d'entendre pour deviner.L'orchestre joue une valse lente, presque langoureuse, et les violons glissent sur les cordes comme des doigts sur une peau nue. Les archets montent et descendent, et la musique se répand dans la salle comme un fluide épais, enivrant, qui ralentit le temps et aiguise les sens. Les lustres de cristal projetent des milliers d'éclats lumineux sur les parquets cirés, et chaque pas, chaque frois
Huling Na-update : 2026-05-21 Magbasa pa