Chapitre 8RosaJe me débat.Mes bras, mes jambes, mes ongles, mes dents, tout mon corps se révolte contre les mains qui me tiennent. Je ne sais plus où je suis, ni depuis combien de temps on me traîne. Les odeurs me reviennent par bouffées : le parfum sucré des roses noires, l’humidité de la terre, la sueur des hommes, le cuir de leurs gants. Le froid me pénètre, une morsure glaciale qui me remonte des chevilles aux mollets, des mollets aux cuisses. Mes pieds nus dans mes escarpins usés glissent sur le gravier, et des petits cailloux s’infiltrent entre le cuir et ma peau, me lacèrent la plante des pieds. La douleur est aiguë, précise, presque agréable tant elle m’ancre dans la réalité. Le jardin, les statues, la fontaine, tout n’est qu’un tourbillon d’ombres et de lumières que je distingue à peine à travers mes yeux qui pleurent, mes yeux qui brûlent à force de les ouvrir trop grands dans l’obscurité. Les torches du palais, derrière nous, projettent des lueurs orangées qui dansent su
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