Le sous-sol du manoir n’avait rien du luxe d’en haut. Ici, des murs en pierre brute. Humides. Glacés. Quelques ampoules nues projetaient des ombres difformes. Odeur de poussière, de fer, de renfermé. On se serait cru dans les entrailles de la forteresse. Là où se règlent les comptes que la justice ignore. Adrian m’y fit descendre sans un mot. Il me tira par le bras. Sans brutalité, mais impossible de résister. Il me poussa dans une pièce exiguë. Une table. Une chaise. Un grand écran fixé au mur. Matteo attendait dans l’ombre, bras croisés. Visage fermé. Il gardait la porte, silencieux. — Regarde, ordonna Adrian en reculant dans le noir. Sa voix était neutre. Comme s’il s’adressait à une inconnue. Et ne rate aucune seconde. C’est ta famille que tu vas voir en action. L’écran s’alluma. Grésillements. Image en noir et blanc, floue, mais assez nette pour comprendre. Un entrepôt vide. Murs nus. Au centre, une chaise en bois. Dessus, attaché, les bras en arrière, tête baissée : mon père.
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