MasukLéana Morel, une jeune femme brillante dont la famille est au bord de la ruine, accepte l'ultime sacrifice : un mariage par contrat d'un an avec le redoutable milliardaire Adrian Veltrano. En échange de la survie de son père, elle doit incarner l'épouse parfaite de cet héritier d'un empire mafieux impitoyable. Dès son arrivée dans le luxueux mais oppressant manoir Veltrano, Léana découvre qu'elle n'a pas été choisie au hasard, mais pour sa ressemblance troublante avec Mira, la défunte épouse d'Adrian. Prisonnière d'un monde de violence et de secrets, elle doit naviguer entre les règles strictes imposées par un mari froid et les complots de Céleste, l'ancienne maîtresse jalouse. Adrian est un homme hanté, dont l'obsession pour son passé se manifeste par une possessivité sombre et un désir dévorant pour Léana. Alors qu'elle tente de préserver son identité, elle se retrouve irrésistiblement attirée par la noirceur magnétique de son ravisseur. Des ennemis rôdent dans l'ombre, prêts à utiliser la nouvelle Madame Veltrano comme un pion dans leur guerre de territoire. Chaque baiser est un champ de bataille, chaque étreinte une menace pour son cœur et sa vie. Léana réalise bientôt que le secret de la mort de Mira est lié à sa propre famille, transformant son mariage en un piège mortel. Entre trahisons sanglantes et passion interdite, elle devra choisir entre sa liberté et l'homme qui l'a transformée en son plus beau trophée. Dans l'univers des Veltrano, l'amour est la faiblesse la plus fatale, et les secrets enterrés finissent toujours par refaire surface dans le sang.
Lihat lebih banyakLe papier glacé, avec mon nom dessus, pesait une tonne. Plus que toutes les dettes. Plus que cette peur qui me tordait la gorge depuis des semaines. Je le serrais entre mes doigts. Les lettres dorées brillaient à peine sous la lumière triste de la salle à manger. Derrière moi, mon père. Affaibli. Le visage bouffé par la maladie et le chagrin. Il respirait mal dans son fauteuil.
— T’es sûre, Léana ? Sa voix a craqué. Tu devrais pas… je peux pas te demander ça. Je me suis retournée. J’ai forcé un sourire. Il n’y a cru à aucun moment. Je savais ce que ça voulait dire, ce contrat : un an de ma vie. Enfermée dans un monde que je connais pas, avec un homme dont on parle tout bas, comme si son nom portait la poisse. Adrian Veltrano. Le milliardaire. L’héritier d’un empire bâti sur la peur, le pouvoir, et des affaires dont personne ose parler. On dit qu’il est sans pitié. Qu’il pardonne rien. Que ceux qui le gênent disparaissent. Point.Mais j’avais pas le choix. Les créanciers ont débarqué il y a trois mois. Ils voulaient des sommes qu’on avait pas. La maison, tout ce qu’on avait, allait partir. Les médicaments de mon père, ceux qui le gardaient en vie, n’étaient plus payés. Et puis cette proposition est tombée. Miracle ou malédiction. Un avocat tout en noir est venu. Il m’a filé ce papier et c’était clair : épouser Adrian Veltrano pendant un an, faire la femme parfaite, et en échange, plus de dettes, mon père soigné, et on manquerait plus de rien.
— C’est la seule solution, papa, j’ai murmuré. Tu le sais. Sans ça, on perd tout. Et toi… tu peux pas continuer comme ça.
Il a baissé la tête. Il avait les larmes aux yeux. Il savait que j’avais raison. Depuis que maman est partie, il s’est battu pour nous, pour garder l’entreprise. Mais les galères et la malchance l’ont achevé. J’étais tout ce qui lui restait… et aujourd’hui, c’est moi qui payais.J’ai relu le contrat une dernière fois. Comme si j’allais trouver une porte de sortie. Durée : douze mois. Obligations : être à ses côtés pour tous les dîners, soirées, rendez-vous officiels. Obéir à ses règles, à ce qu’il veut, quand il veut. Pas d’autre homme. Pas de questions sur ses affaires, ses potes, ses ennemis. À la fin, divorce, argent versé, et je retrouve ma vie.
C’était pas un mariage. C’était un deal. Et moi, j’étais le produit.
— Il est là dans une heure, j’ai dit en lâchant le papier sur la table. Faut que je me prépare.
Je suis montée dans ma chambre. Mon cœur cognait comme un fou. Dans le miroir : vingt-deux ans, cheveux châtains longs, yeux clairs, traits fins. Rien d’exceptionnel. Rien qui explique pourquoi un mec comme lui me choisirait, moi. L’avocat avait juste dit : « Monsieur Veltrano veut quelqu’un de discret, bien élevé, et… qui correspond à certains critères. » Quels critères ? J’allais le découvrir plus tard.
On m’avait livré une robe ce matin : soie bleu nuit, simple, classe, chère. Le genre qui te met en valeur mais te laisse dans l’ombre. Je l’ai mise. J’ai attaché mes cheveux. J’ai mis les boucles d’oreilles de ma mère — la seule chose à moi que je gardais. Le seul truc qui me raccrochait à avant.
Quand la grosse voiture noire s’est garée devant la maison, j’ai arrêté de respirer. Luxe, vitres teintées. On voyait rien dedans. Le chauffeur est sorti, m’a ouvert la portière sans un mot. Mon père m’a serrée fort dans ses bras. Comme pour me protéger une dernière fois.
— Fais attention, ma chérie. Reviens-moi entière. J’ai juste hoché la tête. Je pouvais pas parler. Je suis montée. La portière a claqué. Plus un bruit du dehors. Dedans, ça sentait le cuir et le bois cher. L’air était froid. J’osais pas lever les yeux, j’avais peur de le voir.Et puis sa voix. Grave. Froide. Sans rien d’humain :
— Vous avez deux minutes de retard, Mademoiselle Morel.J’ai relevé la tête.
Adrian Veltrano, en face de moi. Grand. Carré. Costume gris anthracite qui valait plus que toute ma vie. Cheveux noirs un peu longs sur le front. Visage dur. Mâchoire serrée. Des yeux tellement noirs qu’on voyait pas où commençait la pupille. Beau. Mais dangereux. Le genre de beau qui fait peur, comme le vide au bord d’une falaise.
Ce qui m’a glacée, c’est son regard. Il me scannait. Lentement. Sans gêne. Comme on regarde un truc qu’on vient d’acheter, pour vérifier qu’il est conforme. Et au coin de sa bouche, pas un sourire. Une ombre. Un truc satisfait, sombre.
— Et vous correspondez parfaitement à la description, il a ajouté tout bas.
J’ai pas compris sur le moment. Je savais pas encore que j’étais pas là par hasard. Que mon visage, mes yeux, tout… c’était voulu. Que j’étais pas là juste pour sauver ma famille.
La voiture a démarré. On quittait ma rue, celle de mon enfance, pour aller vers le manoir Veltrano. Perché sur la falaise, au bord de la mer. Magnifique, qu’ils disent. Mais surtout imprenable. On y entre que si on t’invite. On en sort que si lui le décide.
— À partir d’aujourd’hui, il a dit sans me lâcher du regard, vous êtes Madame Veltrano. Vous vivez avec mes règles. Vous faites ce que je dis. Vous posez pas de questions. Et surtout… vous fouinez pas là où ça vous regarde pas.
Calme. Mais chaque mot claquait comme un ordre. Une menace.
— C’est clair ?J’ai baissé la tête. J’avais la gorge nouée.
— Oui, Monsieur.Il s’est calé contre son siège, bras croisés, et s’est tourné vers la fenêtre. Comme si j’existais déjà plus.
— Bien. Alors on commence. Vous avez signé pour un an, Léana. Et croyez-moi… ça va être la plus longue année de votre vie.La voiture accélérait. Derrière, tout ce que j’aimais. Tout ce que j’étais. Et pendant qu’on s’éloignait, j’ai senti au fond de moi que j’avais signé pour bien plus qu’un contrat. J’entrais dans un monde de secrets, de danger… et peut-être de quelque chose de plus fort que moi. Un truc qui allait me briser. Ou me changer pour toujours.
Le manoir est apparu au loin. Grand, sombre, contre le ciel gris. Et j’ai compris, là, maintenant, que plus rien ne serait jamais comme avant.
La chambre d’hôpital privé était calme. Lumière douce, pâle, qui passait à travers les grands rideaux. Ça sentait le propre, le stérile, et cette odeur de médicaments qu’on oublie pas. Rafaël était allongé là. Traits tirés mais apaisés. Il respirait lentement, faiblement. Depuis qu’Adrian avait ordonné son transfert, qu’on le soigne, qu’on le nourrisse, qu’on le laisse tranquille, son corps avait arrêté de se battre. Comme s’il attendait juste une chose : savoir que sa fille le haïssait pas. Que sa fille avait gagné.J’étais assise près de lui. Sa main maigre dans la mienne. Depuis des heures. Je l’avais vu changer. Retrouver un peu de dignité, celle qu’il avait perdue dans la peur et la prison. Il m’avait parlé. Lentement. Avec des pauses. De ses erreurs. De sa folie. De la terreur qui l’avait fait tout risquer, tout perdre. Il m’avait demandé pardon. Encore et encore. Pour la vie qu’il m’avait donnée puis volée. Pour m’avoir jetée dans les bras d’un homme comme Adrian.Et je lui ava
Le palais vénitien, en plein Paris, brillait de mille feux. Des lustres énormes balançaient leur lumière sur les murs chargés d’or, les miroirs anciens, les parquets cirés où glissait une foule en soie, en velours, en dentelle. Tous masqués. Tous beaux. Tous dangereux. Ce soir, c’était pas une simple fête. C’était la célébration officielle : Adrian avait pris le contrôle total des clans. La purge de Gabriel avait été claire. Le message aussi : le pouvoir avait changé de mains. Fini la faiblesse. Maintenant, c’était lui. Un homme dont la loi ne se discutait pas.Et à son bras, au bras du maître, il y avait moi.J’avais passé des heures dans la chambre d’hôtel. Des femmes de chambre partout, à m’habiller selon ses ordres. La robe qu’il avait choisie… une œuvre. Fils d’or tissés, serrée à la taille, lourde, brillante, qui tombait jusqu’au sol. Décolleté profond, noble, qui montrait mes épaules… et cette marque qu’il avait laissée sur ma peau. Ce sceau d’appartenance que plus personne osa
Le soleil se levait à peine. Pâle. Blafard. Quand la porte du bureau a claqué contre le mur. Matteo est entré. Visage fermé. Une liasse de documents sous le bras, un ordi portable serré contre lui. Depuis toujours, c’était l’ombre. Celui qui sait tout, qui voit tout, qui parle que quand le silence peut plus tenir. Adrian veillait près de moi depuis des heures, assis au bord du canapé où je reposais. Il s’est levé d’un coup. Sec. Il savait. Rien qu’en voyant la tête de Matteo, il a compris. Plus de doute possible.— Montre-moi, il a ordonné. Voix sourde. Comme si chaque mot lui arrachait la gorge.Matteo a posé le dossier sur la table. Il a ouvert l’ordi. Il a commencé à balancer les faits. Clairs. Implacables. Froids.— Le téléphone qu’on a trouvé dans les affaires de Madame… il a jamais appartenu à personne d’autre qu’à Gabriel. Les enregistrements, les messages, tout a été fabriqué depuis son serveur. Planqué dans son étude. J’ai retracé les connexions, les heures, les transferts. I
La grande salle du manoir, d’habitude pleine de monde et de bruit, ressemblait à un tribunal ce jour-là. Les hautes fenêtres étaient à moitié cachées par des rideaux lourds. Juste une lumière grise, froide, qui glissait sur les boiseries sombres et les visages tendus. Autour de la longue table en acajou, le conseil de famille au complet : Isabelle Veltrano, droite, triomphante ; Gabriel Moreau, lisse, impassible ; Matteo, dans l’ombre, inquiet ; et d’autres hommes du clan. Leurs regards pesaient sur moi comme des sentences.Au bout de la table, Adrian. Debout. Plus figé, plus glacé que jamais. Dans sa main, un petit objet noir : le téléphone crypté que Gabriel avait planqué dans mes affaires. Quand je suis entrée, deux gardes me tenaient les bras, et son regard a croisé le mien. Ce que j’y ai vu m’a brisé le cœur : plus de chaleur. Plus de doute. Plus rien de ce qu’on avait vécu dans la cabane. Juste une douleur immense, devenue colère pure.— On a trouvé ceci, il a dit. Voix calme, m






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