Chapitre 40Élina Je suis restée longtemps immobile, debout derrière mon bureau, les mains posées à plat sur le bois, à écouter le bruit de ses pas décroître dans le couloir, à écouter le silence qui s'est refermé sur moi comme une eau tranquille, à laisser la tension refluer de mes épaules, de ma nuque, de mes mâchoires. Le bourdonnement des néons, le chuintement de la climatisation, le cliquetis lointain du clavier, tous ces bruits familiers m'ont semblé soudain plus nets, plus proches, comme si le départ d'Adrien avait rendu l'air plus pur, plus respirable. Puis j'ai pris une longue inspiration, j'ai lissé ma veste, et je suis sortie à mon tour, le dos droit, le menton levé, les yeux secs. Mes talons claquaient sur le carrelage blanc, un bruit régulier, rassurant, qui
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