Chapitre 41Élina Le sabotage a eu lieu en pleine nuit, et c'est au matin que j'ai découvert l'étendue des dégâts, en pénétrant dans le laboratoire encore plongé dans la pénombre, les néons clignotant faiblement au-dessus des paillasses comme des yeux fatigués qui refusent de s'éteindre. L'odeur âcre de la fumée flottait encore dans l'air, une odeur de plastique brûlé, de caoutchouc fondu, de produit chimique vaporisé, qui prenait à la gorge et piquait les yeux, et une fine pellicule de suie recouvrait les paillasses, les microscopes, les centrifugeuses, comme un linceul grisâtre qui donnait à ce lieu si familier un aspect étranger, fantomatique, violé. Des fils électriques pendaient du plafond, arrachés, sectionnés, leurs gaines de couleur dénudées laissant voir les brins
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