Chapitre 66AdrienJe ne sais pas comment j'ai fait, je ne sais pas où j'ai trouvé la force de marcher, de monter ces marches, de me planter devant elle sous le feu des projecteurs et des caméras. Mes jambes tremblaient, mes mains étaient moites, mon cœur battait si fort que j'en avais le vertige, et pourtant j'avançais, j'avançais comme un somnambule, comme un homme qui n'a plus rien à perdre, comme un condamné qui marche vers son exécution.Le silence s'était fait dans la salle, un silence de plomb, troublé seulement par le bourdonnement des caméras et le crépitement des flashes. Des millions de personnes nous regardaient, des millions d'yeux braqués sur nous, et je n'en avais pas conscience, je ne voyais qu'elle, Élina, debout près du pupitre, sa robe de velours bleu nuit, ses cheveux dénoués, ses yeux gris écarquillés de stupeur. Elle ne disait rien, elle ne bougeait pas, elle se tenait là, figée, comme une statue de sel, et sa beauté, sa beauté que j'avais si longtemps ignorée, m
Baca selengkapnya