Chapitre 86AdrienJe vivais désormais dans une petite ville côtière du Portugal, une bourgade de pêcheurs aux maisons blanches et aux toits de tuiles rouges, accrochée à une falaise que l'Atlantique venait lécher de ses vagues incessantes. J'avais loué un appartement modeste, aux murs de chaux, avec une terrasse qui donnait sur l'océan, et j'y passais mes journées à lire des romans que je n'avais jamais pris le temps d'ouvrir, à marcher pieds nus sur la plage déserte, à regarder les vagues se briser sur les rochers en contrebas dans un fracas d'écume et de sel. Le matin, j'allais acheter du pain et des sardines au marché, et les pêcheurs me saluaient d'un signe de tête, sans savoir qui j'étais, sans me poser de questions. L'après-midi, je m'asseyais sur un banc face à la mer, et je restais là, immobile, à écouter le vent, à regarder les mouettes, à ne penser à rien, ou du moins à essayer.J'avais quitté la France pour ne plus jamais y revenir, pour disparaître, pour me faire oublier,
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