Chapitre 70Kael La folie recule, se retire, comme une marée qui reflue après avoir tout dévasté, laissant derrière elle un paysage de ruines et de douleur, et je reprends conscience, le corps brisé, l'esprit embrumé, mais vivant, vivant, et la première chose que je vois, c'est elle, Selene, penchée sur moi, ses yeux gris pleins de larmes qui roulent sur ses joues, ses mains tremblantes qui tiennent une fiole vide, ses cheveux défaits, son visage marqué par l'épuisement et le froid, et je comprends, je comprends tout, je comprends qu'elle a risqué sa vie, qu'elle a traversé les montagnes, qu'elle a bravé la tempête, qu'elle a cueilli les étoiles pour me sauver. — Selene, murmuré-je, la voix faible, rauque, brisée par l'épreuve, mais pleine d'une gratitude, d'un amour, d'une admiration qui me
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