Les nuits étaient le pire moment.Le jour, Violette tenait le coup. Elle s'occupait de Gabriel, le nourrissait, le changeait, le promenait dans les rues de la Croix-Rousse. Elle répondait aux sourires des commerçants, faisait ses courses au marché, préparait les biberons, lavait les bodies, pliait les couvertures. Elle remplissait chaque minute de tâches minuscules, épuisantes, mais nécessaires. Des tâches qui l'empêchaient de penser.Mais la nuit, tout s'effondrait.Gabriel ne faisait pas encore ses nuits. Il se réveillait toutes les deux ou trois heures, pleurait, réclamait à manger. Violette se levait en titubant, le prenait dans ses bras, lui donnait le sein ou le biberon, le berçait jusqu'à ce qu'il se rendorme. Puis elle retournait se coucher, et une heure plus tard, les pleurs recommençaient.Elle dormait par tranches de quarante-cinq minutes, jamais plus. Ses yeux étaient cernés, son teint pâle, ses mains tremblaient légèrement quand elle tenait son bol de café le matin. Elle
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