Éloïse Je devrais effacer. Prendre un mouchoir, de l'eau, du savon, frotter jusqu'à ce que le marqueur disparaisse, jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien de cette phrase immonde. Mais je ne le fais pas. Mes bras sont lourds, trop lourds, comme si on m'avait coulé du plomb dans les veines. Je reste là, debout devant le miroir, le mouchoir à la main, incapable de bouger.La porte des toilettes s'ouvre. Deux filles entrent, des étudiantes de première année que je reconnais vaguement. Elles s'arrêtent en me voyant. Leurs regards glissent sur moi, sur l'inscription derrière moi, puis elles échangent un coup d'œil rapide, chargé de sous-entendus, et elles ressortent sans un mot, en étouffant un rire dans leurs mains.La honte. La honte pure, brûlante, qui monte du ventre et envahit la poitrine, qui serre la gorge et pique les yeux. Je la connais, cette honte-là. Elle m'accompagne depuis que Marthe a brandi le test de grossesse devant mon père, depuis qu'elle m'a traitée de traînée, depuis qu
最後更新 : 2026-06-08 閱讀更多