Éloïse La pluie commence à tomber. Des gouttes fines, glacées, qui s'écrasent sur mes joues, sur mes cheveux, sur le sac poubelle qui contient toute ma vie. Je reste assise un long moment, immobile, à regarder la rue déserte, les maisons silencieuses, les arbres qui perdent leurs feuilles. Puis je me lève, j'enfile mes baskets trouées, je serre le sac contre ma poitrine, et je commence à marcher.Je ne sais pas où je vais. Je n'ai nulle part où aller. Mais je marche, un pied devant l'autre, parce que c'est la seule chose que je puisse faire. Marcher. Avancer. Survivre. HéloïseJe marche deux heures. Peut-être trois. Le temps n'a plus de sens, il s'étire et se contracte comme un élastique, il se dilue dans la pluie et le froid et la fatigue. Mes chaussures sont trempées, l'eau s'infiltre par les trous des semelles, mes pieds sont glacés, engourdis, je ne les sens presque plus. Chaque pas est une souffrance, une petite mort
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