ÉléonoreLe vingt-cinq août, nous vendons le penthouse.La décision a été prise un dimanche soir, trois semaines après la chute de Raphaël. Nous étions assis dans le salon, face à la baie vitrée qui donne sur Paris. Gabriel regardait les toits. Moi, je regardais les murs. Ces murs qui ont abrité quatre ans de solitude, de dîners silencieux, de nuits séparées dans des lits qui se touchaient à peine. Ces murs qui ont vu ma rage, ma vengeance, mes larmes retenues. Ces murs qui ont vu aussi, plus récemment, nos mains qui se cherchent sous la table, nos rires étouffés, nos réconciliations maladroites.Je les regardais, ces murs, et je sentais qu'ils étaient pleins. Pleins de tout ce que nous avions été, de tout ce que nous n'étions plus. Ils étaient devenus trop lourds pour contenir ce que nous étions en train de devenir.Gabriel a parlé le premier. Il s'est tourné vers moi et il a dit, simplement, comme s'il énonçait une évidence météorologique, que nous pourrions vendre. Pas fuir, a-t-il
Dernière mise à jour : 2026-08-10 Read More