Chapitre 68AlméaIl m'a montré les dossiers, il les a étalés sur la table de mon salon, un à un, avec une précision presque cérémonieuse, comme on déploie une carte de guerre, comme on expose les pièces d'un procès, et j'ai vu la noirceur de Florence s'étaler sous mes yeux, des colonnes de chiffres, des noms, des dates, des preuves, des montages financiers, des correspondances, toute cette crasse qu'elle avait accumulée pendant des années et que Léandre avait fini par mettre au jour, par arracher à l'ombre, par sortir de ce silence qui la protégeait. Toute la noirceur de Florence étalée sur une table, sur ma table, dans mon salon, entre un dessin d'Elio et une tasse de café refroidie, et je restais debout, les bras ballants, incapable de bouger, incapable de parler, incapable de détacher mes yeux de ces papiers qui racontaient l'histoire d'un monstre.— Regarde, Alméa, regarde ce qu'elle a fait, a-t-il dit, et sa voix était rauque, usée par les nuits sans sommeil, par les heures pass
Last Updated : 2026-09-03 Read more