Point de vue : Élisabeth ToridCe matin, la fondation bourdonne comme une ruche. Les enfants courent dans le couloir, leurs rires résonnent contre les murs fraîchement repeints. Je marche lentement, une pile de dossiers serrée contre ma poitrine. Le parfum de la peinture flotte encore dans l’air, mélangé à celui, plus doux, des biscuits que la cuisinière sort du four.Soudain, Lila, une petite fille aux grands yeux noirs, tire sur ma manche.— Madame Élisabeth ! Venez voir ! Le monsieur, il a peint un ciel entier sur le mur !Je souris et me laisse guider par sa main minuscule. Nous traversons la salle de jeux, puis la petite bibliothèque. Au bout du couloir, dans la salle réservée aux ateliers d’art, un attroupement d’enfants s’est formé.Et là, je le vois.Un homme, grand, vêtu d’un simple t-shirt bleu taché de peinture, monte sur un escabeau. Une casquette usée cache ses cheveux, et d’épaisses lunettes noires dissimulent la moitié de son visage. Il ne parle presque pas. Il peint
Zuletzt aktualisiert : 2026-08-28 Mehr lesen