Point de vue d'Élisabeth ToridLe lendemain de notre café, je n'arrive pas à me concentrer. Les heures passent, mais mon esprit revient sans cesse à James. À sa chemise froissée, à ses yeux fatigués, à sa voix calme. Surtout à cette phrase : « Je t'aimais. Mal, sans doute. Égoïstement. Mais je t'aimais. »Je suis assise à mon bureau, devant les dossiers de la fondation. Les mots dansent devant mes yeux, sans signification. Sophie entre sans frapper, comme d'habitude, un gobelet de café à la main.— Tu as une tête de déterrée, dit-elle en s'asseyant face à moi.Je relève la tête. Elle m'observe avec ses yeux d'avocate, perçants, attentifs. Impossible de lui mentir.— J'ai pris un café avec James hier.Elle ne semble pas surprise. Elle pose son gobelet, croise les bras.— Et alors ?— Et alors rien. On a parlé. De tout, de rien.— De tout, de rien, répète-t-elle, sceptique. Élisabeth, je te connais. Ton visage dit le contraire.Je soupire, repousse mes dossiers. Les mots montent sans
Zuletzt aktualisiert : 2026-09-04 Mehr lesen