La porte est là, à trois mètres, à quatre pas, et si je cours, si j'y arrive avant elle, si je sors, si je ferme, si je mets une porte entre nous, alors j'aurai le temps, j'aurai le temps de réfléchir, de trouver une solution, de comprendre comment on arrête un corps qui ne veut pas s'arrêter.Je me jette en avant.Mes jambes sont molles, mes jambes sont en guimauve, mais je me jette, et mes mains trouvent le chambranle, et je me hisse, et derrière moi j'entends le frottement des ongles sur le carrelage, ce bruit de râpe, ce bruit qui se rapproche, et je ne regarde pas, je ne veux pas voir, je passe la porte, je la claque, je m'appuie contre le battant, et la poignée tourne, tourne, tourne sous une main qui ne devrait pas avoir la force de la tourner.— Marlène.Sa voix passe à travers le bois, étouffée, lointaine, mais je l'entends, je l'entends trop bien.— Marlène, ouvre.Je ne réponds pas. Je ne peux pas. Je suis vide, je suis un tambour creux, et mon cœur bat si fort que je crois
Huling Na-update : 2026-10-27 Magbasa pa