FAIS ATTENTION À TOI ALYSSA ( TOME 01 )
FAIS ATTENTION À TOI ALYSSA ( TOME 01 )
Author: CHRONIQUES ✍️
CHAPITRE .01

                                    

                                          

     Alyssa

                      

Un mois... Deux mois... Six mois... Le temps s'était écoulé et toujours rien n'avait bougé. Décidément, ma vie était vraiment nulle pour que les choses ne se passent jamais comme je le voulais. Mon anniversaire était en Août et nous étions désormais en plein mois de Janvier. Rien. Le vide total. Bon sang mais pourquoi rien n'avait encore bougé ?! Étais-je donc contrainte à vivre une vie remplie de déception jusqu'à la fin ?! Jamais je n'arriverais à tenir aussi longtemps. Si seulement un miracle pouvait se produire. Pourquoi n'y aurais-je pas droit ? J'avais tout fait pour pouvoir atteindre cet objectif.

                      

«Tout vraiment tout bordel c'est pas possible !» Criais-je.

                      

Mince. Je crois que j'avais pensé tout haut ce que je me disais tout bas. Quelle idiote. Voilà maintenant que tout mes camarades de classe se mettaient à me fixer telle une folle sortie d'asile. Même le professeur avait prit le temps de s'interrompre dans sa réflexion philosophique pour me fixer intensément. Embarrassée, je tournais mon regard sur ma droite. Tiens, en voilà une qui rigolait bien comme un macaque. Elle était complètement hilare au vue de la situation contrairement à moi.

                      

«Allons bon mademoiselle Taylor, il y a un problème ?» S'interrogea mon professeur en haussant un sourcil.

                      

«Oh non non, disons que... J'étais en pleine réflexion sur l'une de vos précédentes interrogations et je pensais avoir trouvé une réponse plutôt correcte...» Mentis-je pour me sortir de cette panade.

                      

«Je vois, j'espère que vous nous ferez part de votre réflexion la prochaine fois plutôt que de le crier tout haut dans ce cas.»

                      

«Oui, oui monsieur.»

                      

Je lâchais un léger soupire après que mon professeur eut enfin lâché le morceau pour retourner à ses affaires. Encore heureux que je savais trouver des excuses plutôt valables. Bien qu'à mes yeux, celle-là restait l'une des pires. Mon cerveau ne semblait pas vraiment en état pour m'aider convenablement aujourd'hui. Faisant profil bas, je me fis discrète jusqu'à la fin du cours. Ce n'était pas les regards des autres élèves qui me dérangeait mais plutôt le fait de garder une bonne image à l'égard de mon professeur.

                      

Une fois que la sonnerie eut retentit, je me levais rapidement de ma chaise pour ranger mes affaires. Je sentais alors une main se poser lourdement sur mon épaule. J'en relâchais immédiatement un petit hoquet de surprise.

                      

«Bien alors tu te mets à crier comme une folle maintenant en cours ?»

                      

«Arrêtes ce n'est pas drôle Vanessa ! J'ai bien cru qu'il n'allait pas me croire en plus !»

                      

«Il faut dire que tu nous as tous un peu surpris hein ! Je t'ai regardé, tu étais entrain de griffonner je ne sais quoi sur ton cahier comme une malade avant de te mettre à crier. Je te jure, on aurait dit une folle hystérique.» Fit-elle en riant à nouveau.

                      

«Hm...Ce n'est pas drôle je te dis. Ça me perturbe tellement tout ça..»

                      

«Encore cette histoire de réponse je suppose ?»

                      

Je me contentais de hocher positivement mon visage à sa question. Cette belle blonde du nom de Vanessa ici présente était ma meilleure amie. On se connaissait maintenant depuis quatre ans. Elle avait toujours été dans mon collège mais nous ne sommes réellement devenues proches qu'en troisième. Mon ancienne professeur de math nous avait collé toutes les deux à la même table et depuis nous étions devenues inséparables. C'était une fille vraiment super. Je n'avais pas vraiment pour habitude de m'attacher aux gens mais avec elle c'était différent. Bon, d'accord, parfois elle partait complètement trop loin dans ses délires mais elle avait bon fond. Et puis, elle avait toujours ce large sourire aux lèvres comme pour te faire comprendre que peu importe les soucis, elle serait toujours là. C'était rassurant.

                                  

              

                    

Une fois mon sac sur l'épaule, je me dirigeais donc vers le couloir avec Vanessa. Nous avions environ dix minutes de pause devant nous avant le dernier cours de la journée. On décidait alors d'aller se poser sur un banc. Histoire d'être à l'abri de toutes oreilles indiscrètes. J'avais tout bonnement horreur qu'on vienne écouter aux portes. Une fois, une fille avait écouté une conversation à propos de ma mère avec qui j'avais eu quelques soucis à cette époque là. Et bien évidement, cette pipelette s'était empressée d'aller tout raconter à sa bande de copines. Allez donc chercher l'intérêt à tout ça... Toujours est-il que je n'avais pas manqué de lui donner la peur de sa vie en la coinçant dans les toilettes pour une confrontation en tête à tête. Et depuis, rien. Elle m'évite simplement en traçant sa route. Tant mieux. Oui je sais. Dis comme ça, je peux faire peur.

«Bon alors si tu m'expliquais un peu ce qui te tracasse cette fois.» Déclarait la blondinette en sortant un truc à grignoter de son sac.

«Comme d'habitude, rien. Il ne se passe strictement rien. Je te jure Vanes' ça va me rendre folle ! Il me faut une réponse de suite ! Tu te rends compte, ça fait depuis six mois et toujours rien !» M'exclamais-je.

«Allons Alyssa je crois qu'il faut que tu te calmes. Tu sais c'est une grande école d'Art. Ils font sûrement les sélections parmi beaucoup d'élèves. Je ne dis pas que tu n'as pas de chance d'y entrer mais il te reste encore quelques mois pour avoir une réponse hein alors il ne faut pas désespérer.»

«Hm mouais j'espère que tu as bien raison...» Soufflais-je.

C'était une horreur. De base, je n'étais pas patiente. Enfin je l'étais mais pour des trucs futiles. Mais à partir du moment où ça concernait quelque chose qui me tenait particulièrement à cœur je devenais folle. J'avais envoyé mon dossier il y a de ça six mois à la plus grande école d'Art aux alentours et je n'avais reçu aucune nouvelle. Je vous jure c'était à s'en mordre les doigts.

J'avais toujours été attirée par la littérature et le monde artistique. C'est pourquoi, il me paraissait logique d'en faire un domaine de mon métier. Toutefois, depuis cet envoi, je n'avais rien reçu. Je ne savais pas si c'était normal mais il me fallait absolument une réponse et de préférence positive. Après tout, sans ça, je ne savais pas quoi faire de ma vie. Je lâchais alors un profond soupire d'agacement tandis que la main chaude de Vanessa se déposait sur mon dos.

«Allez ça va aller. Il n'y a pas de raison pour que tu ne sois pas prise. Tu as toujours fait ton possible pour que les profs aient une bonne impression sur toi et puis tu travailles bien en cours.» Renchérit-elle de bon cœur.

«C'est parce que je suis obligée de le faire autrement je ne serais certainement pas acceptée. Tu me connais si je ne devais pas être exemplaire devant eux ça ferait depuis un moment que j'aurais totalement relâché les cours. J'te jure, heureusement que mes pensées m'occupaient ou je me serais endormie comme un cachalot ambulant sur la table avec le filet de bave durant le cours de Monsieur Carter !»

Nous rigolions ensemble rien qu'à en imaginer la situation. Pas très glamour certes mais totalement véridique. Monsieur Carter était mon professeur de philosophie. C'était un homme d'environ la cinquantaine d'un mètre quatre-vingt avec des cheveux bruns grisants et des yeux marrons. Bon, il n'était pas si vilain comme prof. A le voir au premier abord, on pouvait facilement le prendre pour le type cool et posé. Sauf que lorsqu'il partait dans ses explications loufoques, il divaguait complètement. Et si jamais quelqu'un venait à l'interrompre, il pouvait être sûr de recevoir un châtiment qu'il n'oublierait pas. Je vous jure, les profs lunatiques comme ça il vaut mieux ne pas en avoir. On ne sait jamais à quoi s'attendre avec eux.

La sonnette retentissait à nouveau et nous décidions de nous diriger vers le bâtiment où se déroulait la dernière heure de la journée. Heureusement que l'on finissait par une matière agréable : l'anglais. J'avais toujours eu un grand plaisir à apprendre cette langue alors que pour d'autre c'était leur pire cauchemar. Ce qui était notamment le cas de Vanessa qui ne manquait pas de grimacer en arrivant devant la porte. Le reste des élèves étaient là à attendre tout en espérant que la prof ne soit pas là aujourd'hui.

            

              

                    

Je n'aimais pas trop me mêler aux grandes foules. Disons que je n'avais jamais supporté le fait d'être pleinement entourée. Oppressant ? Ouais totalement. J'avais l'impression d'être dans une boîte à sardine. Bon, sans l'odeur bien sûr. Quoi que, certaines aisselles n'aspiraient pas à quelque chose de bien sain selon mes narines. Finalement, Madame Gordon arrivait au grand damne de certains. Le cours fut rapide et tout aussi divertissant que les autres fois. J'étais douée et ne me privait pas pour le montrer. Et ce, bien que ça ne plaisait pas à la plupart de mes camarades. C'était quoi leur problème à eux ? Je tentais au maximum de me rapporter des bons points dans mon dossier ce n'était pas ma faute.

La journée finalement finie, je me dirigeais vers la sortie du bahut pour aller vers mon arrêt de bus. Vanessa était au même arrêt mais son bus était juste après le mien. On décidait alors de discuter un peu de tout et de rien ensemble jusqu'à mon départ. Je la saluais donc d'une embrassade sur la joue avant de monter tout en enfournant mes écouteurs dans les oreilles le temps de m'occuper pour le trajet.

«Alors cette journée ma chérie ?» Me lançait ma mère après que j'eus franchi le seuil de la porte.

«Tranquille,tranquille. Dis-moi maman, il y a du courrier pour moi ?» Fis-je, en retirant mes chaussures et ma veste histoire d'être plus à l'aise. J'apercevais le visage de ma mère sortir de l'encadrement menant vers le salon.

«Non,toujours rien. Je suis désolée ma puce.» Fit-elle d'une petite mine désolée à mon égard.

«Je vois, merci quand même.»

Je lâchais un énième soupire. Décidément, soit cette école faisait tout pour jouer avec mes nerfs soit elle n'en avait vraiment rien à faire de moi ! Enfin, après tout, je n'étais qu'une quelconque candidate parmi d'autre. Pas vraiment en appétit face à cette énième déception, je me décidais à monter à ma chambre. Je pouvais déjà entendre mon petit frère dans sa chambre entrain de crier comme un malade contre son ordinateur. A croire que c'était de famille de crier ici. Malgré mon humeur plutôt morose, je me décidais à aller lui passer un petit salut.

«Bon sang mais tu m'énerves-toi pourquoi t'as pas fais ce que je t'ai dis. On bosse en é-qui-pe mec ! Tu sais ce que ça signifie ?! Pas de solo !» Criait mon frère complètement à fond dans sa partie tant il martelait sur les pauvres touches de sa console. Il ne m'avait nullement remarqué visiblement. J'vous jure. Dans ces moments là, on le croirait presque possédé.

Au final, je me résignais à aller le voir. Vu son état, mieux valait-il que je passe mon chemin. Je risquais une confrontation avec lui qui risquait de s'éterniser pendant des minutes. Bien que habituellement j'aurais été ravi de l'embêter, aujourd'hui je n'en avais pas envie.

J'allais donc dans ma chambre me prendre rapidement quelques nouveaux vêtements pour ensuite me diriger vers la salle de bain au bout du couloir. Je pris quelques minutes à me regarder longuement dans le miroir. Et bah dis, je n'étais pas bien mignonne avec ma tête de déprimée au visage. Pourtant, je n'étais pas si vilaine. Enfin, c'est ce qu'on me disait. La preuve, j'intéressais quelques garçons. Pas forcément des canons de beauté mais j'en attirais et c'était déjà assez déconcertant.

J'avais hérité de la chevelure brune de mon père bien que les miens étaient ondulés contrairement à toute ma famille. Et autant vous dire que pour les discipliner c'était parfois l'horreur ! Je ne me démarquais pas plus des autres avec mon corps tout à fait banale. J'avais des formes là où il fallait et à dose raisonnable. Je n'aimais pas vraiment l'idée de me voir avec un corps de bimbo. L'idée de paraître simple me convenait d'autant mieux. Toutefois, mes yeux d'une couleur noisette tirant au vert regorgeait de charmes selon ma mère. Apparemment, mes gènes avaient décidé de faire un mixe avec les yeux de mes parents. Enfin, assez de rêverie. Je me glissais sous un bon jet d'eau chaude afin de me relaxer un peu. Et une vingtaine de minutes plus tard, je me retrouvais à nouveau dans ma chambre avec mon pyjama sur le dos. Il ne faisait pas bien beau en ce moment alors j'avais opté pour un débardeur avec un bas de pyjama.

La soirée fut tout à fait banale et sans encombres. Je dînais avec ma mère et mon petit frère. Mon père ? Il n'est plus de ce monde depuis cinq ans maintenant. Il est décédé d'une maladie neurologique. Et de toute manière cela n'aurait rien changé à la situation actuelle... Mes parents avaient divorcé juste quelques mois avant son décès. Je sais, c'est triste de mourir dans de telles conditions. Les médecins ont dit que cet événement n'a fait quel'enfoncer d'avantage dans la maladie. Autant vous dire que ça n'a pas été de toute joie pour ma mère. A mes oreilles, cela avait sonné presque comme des reproches. Depuis, on ne peut pas vraiment dire que je porte les médecins dans mon cœur. Enfin qu'importe. Le repas terminé, je débarrassais la table puis allait dire bonne nuit à ma mère et mon frère. Je fis ensuite un rapide saut à la salle de bain pour enfin retrouver mon petit nid douillet. Épuisée par toute cette pression, je me glissais dans mes draps pour ensuite plonger dans des rêves bien plus prometteurs quant à mon avenir. Les bras de Morphée m'étreignirent ainsi jusqu'au petit matin.   

                                    

                                          

     Alyssa

                      

Huit heures. Mon réveil sonne. Et pas qu'un peu. Grommelant légèrement, je me tourne à de nombreuses reprises dans mon lit en tentant de faire taire ce bruit insoutenable. Comme si je pouvais l'arrêter parla pensée tiens... Mais quelle idiote je fais parfois. Hé mais attendez... Nous sommes samedi aujourd'hui et je n'ai absolument pas cours. Alors d'où vient ce bruit ? Je forme un petit trou de cinq centimètres dans ma couverture qui m'entoure comme un cocon pour voir d'où provient ce bruit infernal. Mon téléphone est sur la table à vibrer et à crier comme un fou. Je soupire. Qui est-ce que ça peut être à cette heure-là et surtout en plein weekend ?! Je me saisis alors de l'objet du délit rapidement et répond pour découvrir l'identité du coupable.

                      

«AH ENFIN ! Ici la Terre pschhh... Mademoiselle Alyssa Taylor répondez pschhh...» Gueulait une voix à l'autre bout du fil. De quoi me casser les tympans dès le matin.

                      

«Bordel Vanes' mais qu'est-ce qui te prend de m'appeler à cette heure-là ?!Et c'est quoi ton délire de jouer soudainement les astronautes ?»Lançais-je d'une voix grave en me plaquant les cheveux en arrière tout en jurant intérieurement.

                      

«Et bien elle est pas jolie ta voix dès le matin ma chérie. Si je ne te connaissais pas j'aurais pu penser que j'avais affaire à un travelo à l'autre bout du fil.» Riait-elle vivement.

                      

«Arrêtes de te moquer va... J'espère que tu as une raison valable pour m'appeler à une telle heure du matin alors que j'étais entrain de dormir confortablement pour consoler mon désespoir.» Fis-je sur un ton faussement dramatique.

                      

«Toi et moi dans une heure à la bibliothèque. Je me doutais que tu aurais oublié alors je me suis dis que te réveiller personnellement serait une bonne solution.»

                      

Ah...J'avais complètement oublié cette histoire. Vanessa et moi avions un exposé mêlant français et histoire. Et pour nos recherches, cette chère amie m'avait proposé de sacrifier mon samedi matin pour bosser. Habituellement c'était l'inverse mais vu le thème que nous avions pris, Vanessa était plus qu'impatiente de travailler. Je me hissais alors de mon lit difficilement en glissant une main contre mon visage d'un air exténuée.

                      

«D'accord d'accord j'arrive. Je serais là dans une heure.» Assurais-je avant de raccrocher.

                      

J'avais encore une heure devant moi. Ça devrait le faire. J'allais donc vers mon armoire et piochait un slim ainsi qu'un pull ample. Je n'étais pas spécialement d'une nature frileuse. Bien au contraire, même en temps de neige, j'avais toujours chaud enfin à une dose raisonnable.J'enfilais donc le tout après avoir effectué un petit brin de toilette. Niveau maquillage, je me contentais d'un simple coup de mascara et d'un peu de baume. Pas besoin d'artifices quand on allait à la bibliothèque. A moins de vouloir aller fricoter avec de vieux bouquins non merci.

                      

Je descendais ensuite à la cuisine histoire de ne pas partir le ventre vide. Ma mère était également là, feuilletant le journal du jour sans doute.

                      

«Et bien, tu es matinale aujourd'hui Alyssa. Tu es tombée du lit ?» Me lançait-elle après avoir levé les yeux vers moi.

                      

«Dis-ça à Vanessa maman... J'ai un exposé à faire et on est censé se rejoindre à la bibliothèque dans une heure.» Soufflais-je après lui avoir fait la bise. Je sortais par la même occasion un bol ainsi que des céréales et du lait. J'enfournais le tout ensemble avant de prendre place à table, juste en face de ma mère.

                      

«Ah oui c'est vrai j'avais presque oublié. C'est à propos de toutes les créatures mystiques et les légendes urbaines c'est ça ?»

                      

«Ouais,tu l'as connaît bien. Elle a toujours été à fond dans ça alors disons qu'elle ne m'a pas vraiment laisser le choix sur le sujet. Elle a de la chance que l'on trouve des livres et des recherches historiques à ce sujet. Je la laisserais faire une grande partie du boulot comme ça.» Disais-je tout en enfournant au fur et à mesure des cuillères de céréales.

                                  

              

                    

«Allons Alyssa ne dis pas ça. Tu vas bosser aussi bien sûr. Et puis, ça ne doit pas être un sujet si embêtant que ça pour qu'elle soit autant passionnée.» Elle m'accordait un petit sourire.

«Mouais,toujours est-il qu'avec ça je ne vais pas pouvoir profiter de ma matinée dans ma couette. Steve dort encore je suppose ?»

«Oui,il a dû encore se coucher tard avec ses jeux. Mais il ne va pas devoir tarder, il a rendez-vous chez le médecin ce matin.»

«Oh vraiment ? Je vais m'en charger dans ce cas. Ce serait un plaisir de réveiller ce cher petit frère.»

Un petit sourire en coin apparu sur mes lèvres. J'étais encore morose à cause d'hier en plus de mon manque de sommeil. Alors rien de mieux qu'un remontant en venant embêter son frère de bon matin. Je terminais donc tranquillement mon bol pour ensuite le mettre à l'évier et sortir. Je remontais ensuite jusqu'à la chambre de mon cadet. J'ouvrais délicatement la porte. Il faisait noir. Tant mieux, j'avais hâte de voir sa réaction. J'entrais à pas de loup jusqu'à sauter brutalement sur son lit. Bon pas de tout mon poids non plus. Quoi que avec mes mes cinquante-six kilos pour un mètre soixante-cinq je ne risquais pas vraiment de lui faire de dommage.

«Bordel Alyssa dégages !» Lâchait-il d'un air grognon en tentant de me faire basculer du lit.

«Hors de question mon petit frère chéri. Et je te conseille de me parler plus gentiment. Je suis venue te réveiller pour épargner maman. Allez debout mon chou tu as rendez-vous ce matin.»

«Dé-ga-ges! Putain mais c'est pas possible de m'avoir donné une sœur aussi chiante !» Il geint un peu en se débattant d'avantage.

«Oh oh du calme là. Dois-je te rappeler qui c'est qui t'a couvert lorsque tu as accidentellement casser l'un des vases favoris de maman? Tu me dois une dette petit. Alors maintenant tu te lèves sans discuter. Allez hop où je vais te botter le derrière jusqu'à ce que tes fesses ressembles à celle d'un babouin.»

Je me redressais tranquillement tandis que Steve se levait, vaincu par mes propos. Alyssa un, Steve zéro. Une nouvelle victoire sur mon palmarès. Amusée par sa mine boudeuse, je plaçais un rapide baiser sur sa joue tout en ébouriffant ses cheveux avant de me lever et partir vers la salle de bain. Je l'entendais encore râler au loin.Je me brossais donc rapidement les dents puis arrangeais mes cheveux en une natte sur le côté. Je n'avais pas tellement envie de me casser la tête aujourd'hui. J'enfilais ensuite mon veston pour me tenir chaud ainsi que de petites bottines. Puis terminant par prendre mon sac, je lançais un bref «A tout à l'heure !» pour que ma mère puisse m'entendre.

Une vingtaine de minute plus tard, j'arrivai enfin sur les lieux du rendez-vous. Vanessa était déjà là, fraîche comme un pinson. Il fallait vraiment qu'elle me donne sa recette pour être toujours prête et resplendissante en toute circonstance. Elle était habillée tout aussi simplement que moi, une grosse écharpe autour du coup. Ses longs cheveux blonds étaient détachés et quelques mèches sortaient par-ci par-là de son écharpe. Et niveau maquillage, elle avait simplement opté pour du mascara afin de mettre en valeur ses beaux yeux bleus. J'avançais donc, la saluant brièvement.

«Moh ne me dis pas que tu boudes ? Avoues, mon réveil de ce matin était des plus agréables. Et puis tu avais une voix terriblement sexy au téléphone ah ah. Le meilleur travelo que j'ai entendu.» Riait-elle.

«Ouais ouais c'est ça moques-toi, il y aura des représailles c'est moi qui te le dis. Allez, au boulot. Plus vite on aura fini, mieux ce sera.»

On entrait donc dans la bibliothèque. Il n'y avait pas grand monde.Typique d'un samedi matin. Qui irait s'embêter à venir après tout ? Juste deux idiotes comme nous. Vanessa me dirait donc jusqu'à une table au fond. Je me décidais donc à sortir dans un premier temps toutes mes recherches. Bon, certes je n'avais eu aucuns souvenirs à propos de cet exposé ce matin mais cela ne voulait pas dire pour autant que je n'avais rien fait. Je laissais donc ma camarade prendre connaissance de tout les documents que j'avais à ma disposition tandis que j'en faisais de même avec les siens.

            

              

                    

«Dis Vanessa, t'as fais des recherches pour toute ta vie ou ça se passe comment ? J'ai l'impression d'avoir une encyclopédie devant moi.» Fis-je, interpellée par la pile impressionnante de feuilles devant moi.

«Ça te surprend à ce point ? Tu devrais savoir depuis tout ce temps que j'adore tout ce qui touche au mystique et aux légendes urbaines.»

«Je sais bien. Et très honnêtement, tu sais que j'ai toujours trouvé ça flippant. Je t'aime bien tu le sais mais parfois ton obsession te donne des airs flippants.»

Il faut dire que la première fois que j'étais venue chez elle, j'avais bien cru faire un arrêt cardiaque. Sa chambre regorgeait d'images et de bouquins à ce sujet. Une vraie fanatique je vous dire. Et apparemment, je n'étais pas la seule à réagir de la sorte. L'un de ses ex avait même tenté l'expérience une fois mais pas deux. Dommage qu'ils ne soient plus ensemble. J'aurais bien imaginé Vanessa le déguiser en vampire ou encore en toutou garou. Juste histoire de rire un peu, surtout à Halloween.

«Ah ah détends-toi va on va y aller soft pour l'exposé. Et puis ce sera un bon moyen pour moi de rattraper mes notes. Tu te souviens ? C'est bien pour ça que tu as accepté ce sujet. Donc, laisses-moi gérer. Je te donnerais ce que tu as à connaître et je me chargerais du reste lors de l'oral. Tu vas voir, on va gérer !»

Et le revoilà. Son grand sourire béat qui me faisait perdre mon sérieux à chaque fois. Je lui répondais donc, malgré moi, d'un sourire. C'est sûr que pour le coup, je pouvais lui faire confiance les yeux fermés à ce sujet. On se mettait donc rapidement au travail afin d'établir efficacement les grands axes à traiter pour notre sujet. Il fallait trouver suffisamment de livres ou encore d'historiens qui avaient traité ce sujet. Au final, une heure et demie passait sans que je ne m'en rende compte. Le travail avançait progressivement et d'une bonne façon. Fière de moi, je prenais quelques minutes pour faire une pause. Je m'adossais contre le dossier de la chaise en m'étirant longuement. Mes yeux se dirigèrent ensuite sur Vanessa. Et visiblement, elle semblait complètement ailleurs. Bizarre. Je l'aurais plutôt imaginer à bosser encore comme une malade sur l'exposé.

«Euh Vanes' ? Allô ici la Terre, capitaine Mason, vous me recevez ?» Dis-je en secouant ma main devant son visage.

«Oh bon dieu... !» Se contentait-elle de dire en ouvrant largement la bouche.

Intriguée par sa réaction, je dirigeais mon regard sur là où ses yeux ne semblaient pas bouger. J'apercevais alors deux silhouettes. Ils venaient tout juste de pénétrer dans le bâtiment. Un homme et une femme. Pas plus âgés que nous ou d'un an peut-être. Et visiblement, ils avaient attirés l'œil admiratif de mon amie. Enfin, d'un côté ça pouvait se comprendre. On avait presque l'impression d'avoir deux créatures sublimes sortis d'ailleurs. Le garçon était un mannequin à l'état pur. On en voyait rarement des canons comme ça par ici. Il était grand, mince et musclé ainsi que doter d'une crinière châtains clairs et des yeux verts. La fille devait mesurer à peu près la même taille que moi. Une peau blanche comme du lait accompagné d'une chevelure bleutée et des yeux euh...argents. Oui je ne divague pas. Cette fille a réellement des cheveux bleus et des yeux argents ! C'est un déguisement ? Bien que ça paraisse tout à fait impossible, elle était tout de même magnifique. On aurait dit deux mannequins sortis d'ailleurs. Ils avancèrent simplement parmi les quelques autres personnes présentes pour ensuite prendre place à une table non loin de la nôtre. Ma meilleure amie n'avait pas encore décroché son attention d'eux.

«Euh fais gaffe là on dirait le méchant dans Scream à force d'avoir la bouche aussi ouverte... Et puis, c'est pas comme ça que t'arrivera à draguer.» Je la regardais en riant, attendant de voir si elle m'accorderait à nouveau ou non son attention.

            

              

                    

«Ah hum oui oui pardon. Je ne savais pas qu'il y avait des personnes comme ça qui traînaient en ville. Je ne les ai jamais vu. Autrement, je pense que je serais venue les voir depuis un bon moment...! Enfin, remettons nous au boulot.» Fit-elle encore un peu étourdie avant de me regarder.

Après cette petite rencontre, je décidais de me remettre au plus vite au boulot. Je n'avais qu'une envie : en terminer au plus vite pour pouvoir faire autre chose. Je redonnais au passage motivation à ma partenaire. Histoire que je ne sois pas la seule à bosser.Toutefois, une impression étrange me parcourait le corps. Je regardais alors de droite à gauche avant d'apercevoir les deux canons de tout à l'heure me fixer avec insistance. Euh...est-ce que j'avais quelque chose de coller au visage ? Impossible. Vanessa se serait déjà empressée de me le faire remarquer qu'une quelconque manière. Peut-être regardaient-ils ailleurs dans ce cas ? Je tentais alors de me replonger dans mon boulot malgré ces regards insistants sur ma personne.

Une heure passait encore. Il était onze heure et demi et mon ventre commençait à crier famine. Je faisais alors signe à Vanessa de s'arrêter là pour aujourd'hui. On avait bien avancé alors on pouvait très bien stopper. Je rangeais donc une partie dans mon sac en laissant le reste à ma camarade. Une fois debout, j'enclenchais rapidement le pas vers la sortie. Et je ne sais pour quelle raison idiote mais mes yeux se tournèrent à nouveau vers eux. Ils me fixaient avec toujours autant d'insistance. Est-ce que ça durait depuis une heure ? Pourquoi moi ? Je raclais le peu de salive qui me restait afin de sortir rapidement de la bibliothèque. Bon sang, j'avais l'impression de respirer à nouveau. Soit je devenais complètement parano, soit ces deux étrangers ne pouvaient pas me voir. Je n'avais rien fait pourtant.

«Dis, si on allait manger quelque part toi et moi ? Je n'ai pas vraiment envie de rentrer à la maison pour le moment.» Me lançait Vanessa en affichant une petite moue aux airs suppliants.

«D'accord mais tu me laisses choisir.» Répondis-je en hochant mon visage.

Ma meilleure amie acquiesçait d'un grand hochement de tête. Souriant simplement, je décidais de me rendre dans un petit japonais du coin. J'adorais la nourriture asiatique. Ce n'était pas toujours au goût de tous mais personnellement voir un poisson cru ne m'écœurait pas plus qu'autre chose.

«Franchement, Alys', tu ne le trouvais pas trop canon ce mec à la bibliothèque ?J'en ai déjà vu des beaux mais alors un comme lui mon dieu !»

«Hum mouais chacun ses goûts. Personnellement je les ai trouvé plus flippants qu'autre chose. Et puis tu as vu la fille ? Elle avait des yeux argentés et les cheveux bleus ! Ne va pas me dire que ça court les rues comme style.» Bien évidement, j'avais menti au sujet du garçon.

«J'ai trouvé ça jolie. C'était pas moche sur elle. Au contraire, tu sais, ça lui donnait presque comme un côté mystique. Mais bon, je suis sûre qu'ils sont en couples tout les deux. Deux personnes aussi belles ça ne peuvent que s'assembler.» Soufflait-elle d'un air presque déçue en mordillant sa paille dans sa bouche.

J'ouvrais mes lèvres mais les refermaient immédiatement. Pendant un court instant, j'avais voulu parler de cette impression que j'avais eu dans la bibliothèque à leur égard. Mais je m'y résignais. Elle m'aurait sûrement pris pour une idiote entrain de rêver complètement face à deux belles créatures sorties dont on ne sait où. Je décidais donc de laisser cette histoire de côté.

«Allez ma gerbille ça va aller. T'en trouveras un autre.» Riais-je en terminant enfin mon assiette pour ensuite demander l'addition.

«J'attends depuis longtemps maintenant tu sais. Oh j'ai une idée ! Toi et moi on va sortir en boîte ce soir !»

«Alors en plus de monopoliser ma matinée et mon midi tu veux aussi t'approprier ma soirée. T'es irremplaçable toi.»

«Allez ça fait depuis longtemps qu'on est pas sortie toutes les deux. Et puis je te rappelle que fréquenter un peu de garçon ne te ferait pas de mal. Depuis le temps que tu n'as pas eu de copain hein. Et puis j'ai besoin de quelqu'un pour me raccompagner chez moi au cas où.»

«Je vois. En gros, tu veux que je joue le taxi pour te ramener ou encore Superman si jamais ça tourne mal. Je me trompe ? Tu as vraiment de la chance que je t'aime toi.» Soufflais-je en sortant du restaurant, ébouriffant ses cheveux.

«Oh allez s'il te plaît Alyssa ! Je te promets qu'on va bien s'amuser et que je resterais raisonnable. Et puis ça te fera du bien de relâcher un peu toute la pression avec ce qui t'arrive en ce moment. Et puis, je te rappelle que je suis fraîchement majeure maintenant !»

Et la voilà qui me sortait son arme fatale. Comment c'était possible de pouvoir faire des yeux de chien battu à volonté ?! J'essayais tant bien que mal de résister en déviant mon visage mais elle revenait à l'attaque en plaquant mon visage entre ses deux mains. Je me mordais alors la lèvre en craquant finalement.

«Bon c'est d'accord...» Soufflais-je, déçue de moi-même d'avoir craquée une fois de plus.

«Super ! On se voit ce soir dans ce cas ! Et tu n'as pas intérêt à me poser un lapin sinon je viens te kidnapper chez toi c'est compris ?!»

«Oui oui capitaine...»

                                    

                                          

     Alyssa

                      

Je n'avais pas tardé à rentrer chez moi après avoir quitté Vanessa. Ma mère était là et mon frère était encore à sa place habituelle à jouer aux jeux vidéos. J'avais encore un peu de temps devant moi avant ce soir. Et pour le coup, je me décidais à aller me poser sur mon canapé. Rien de mieux que de glander pendant quelques minutes parfois. D'ailleurs, ma mère avait prit la fâcheuse habitude de m'appeler «son petite phoque» dans ce genre de moment. Sexy, non ? La tête calée dans un oreiller, je regardais en même temps une bonne vieille série télévisée.

                      

«Alors cet exposé il avance mon petit phoque ?» Déclarait ma mère en pénétrant dans la pièce, le sourire aux lèvres.

                      

«Hum ouais ça avance tranquillement. On a de bonnes bases donc je pense que ça devrait aller vite. D'ailleurs, Vanessa m'invite à sortir ce soir donc je serais de retour assez tard.»

                      

«Oh je vois. Faites attention surtout hein. Je ne suis pas vraiment contre le fait que tu puisses sortir mais n'en abuses pas trop. On ne sait jamais trop ce qui traîne dehors.» Lâchait-elle d'un air plus sérieux.

                      

«Oui maman. Promis je ferais attention.» Lui assurais-je d'un sourire pour la rassurer.

                      

Les heures défilaient finalement jusqu'au moment du repas. Pour l'occasion, ma mère avait jugé bon de ne pas faire quelque chose de trop bourratif. Juste histoire que je ne mette pas à vomir sur la piste de danse. Oui, ma mère était bourrée de bonnes intentions à toujours penser à nous et je l'en remerciais sincèrement. Il était un peu plus de huit heures. Je devais me préparer. Je passais donc par la case salle de bain afin de me donner un petit coup de frais. Ceci fait, j'allais dans ma chambre.

                      

«Bon qu'est-ce que je vais bien pouvoir me mettre...?» Lançais-je à moi-même en restant plantée devant mon armoire.

                      

La question existentielle de certaines filles me direz-vous. Au final, j'optais pour une robe bustier un peu moulante mais sans plus de couleur noire. Le tout accompagné d'une classique paire d'escarpins accordée à la tenue. Ce soir-là, je n'avais nullement envie de draguer. Comme toujours en faite. Après tout, faire de l'œil aux garçons ça n'avait jamais été ma tasse de thé. Les relations amoureuses et moi, ça ne s'accordaient absolument pas. Très franchement, lorsque quelqu'un jetait son dévolu sur moi, il pouvait être sûr d'avance que rien ne se passerait. Je n'aimais pas l'amour. Enfin disons que je n'y croyais plus tellement depuis le divorce de mes parents. Enfin qu'importe. Je laissais pour l'occasion mes cheveux bruns descendre en une fine cascade dans mon dos. Résultat cent pour-cent naturel ! Et niveau maquillage, j'optais pour quelque chose de tout aussi simple avec du mascara, de l'eye liner et un rouge à lèvre légèrement foncé.

                      

«Alyssa ! Vanessa est arrivée !» Criait ma mère par delà le salon pour que je puisse l'entendre.

                      

Je me dépêchais donc en jetant un rapide coup d'œil à mon miroir avant de rejoindre les deux jeunes femmes en bas. Vanessa était tout aussi jolie. On voyait déjà qu'elle avait sorti le grand jeu pour l'opération «Repérage de canons» de ce soir. Elle avait en effet revêtu une robe bordeaux mettant joliment son corps en valeur accompagnée d'une jolie paire de talons noire. Elle avait également prit soin de prendre une petite veste au cas où. Chose que je ferais également. Ses cheveux étaient relâchés à l'exception de deux petites mèches nouées à l'arrière de sa tête.

                      

Elle semblait réellement ravie de voir que moi aussi j'avais fait des efforts malgré mon enthousiasme peu présent à la base. Mes yeux se posèrent ensuite sur ma mère. Elle avait beau m'avoir donné l'autorisation, je sentais bien qu'elle n'était pas bien rassurée de voir deux jeunes filles, dont une encore mineure et l'autre fraîchement majeure, sortir en boîte.

                                  

              

                    

«Bon les filles, je vous fais confiance. Pas de drogue ou encore de plan douteux surtout hein ! Et on abuse pas de l'alcool. Vous y allez seulement pour vous amusez mais sainement. Et ne rentrez pas trop tard. Je me suis bien faite comprendre ?» Déclarait ma mère sur un ton plus que sérieux. Elle était inquiète, je le savais.

«Ne vous en faites pas madame Taylor on fera attention !» Assurait ma blonde en souriant grandement. Histoire de rassurer ma mère.

Comme je n'avais rien à redire, je me contentais de hocher mon visage.J'enfilais ensuite rapidement ma veste. Nous étions quand même en Janvier et il faisait froid. Alors traîner en robe n'était pas une des meilleures options. Mais tant pis. On se réchaufferait bien assez vite. Je montais alors dans le véhicule de Vanessa qui se mettait à rouler vers la boîte de nuit. La voilà qui me racontait déjà qu'elle espérait trouver de quoi la satisfaire ce soir pour se remettre de sa déception de tout à l'heure. Je levais les yeux au ciel en riant un peu rien qu'à l'entendre me raconter ses fantasmes et je ne sais quoi.

Nous arrivions finalement à l'endroit prévu. La fête battait déjà de son plein et il y faisait terriblement chaud. C'était plutôt pratique en hiver pour se réchauffer. Gardant bien ma veste sur moi, je me frayais un chemin jusqu'au bar avec Vanessa. La jeune femme décidait de nous commander deux simples bières pour commencer. Bon sang, il y avait un de ces mondes. J'avais presque l'impression de paraître tâche parmi tout ces jeunes transis.

«Hey détends-toi un peu. On est ici pour profiter ce soir. Alors tu as le droit de te décoincer histoire de draguer un peu.» Me lançait mon amie en me donnant un coup de coude tandis qu'elle prenait une gorgée de sa boisson.

«Tu sais bien que la drague et moi ce n'est pas trop ça. Je vais plutôt rester ici à te regarder à l'œuvre.» Je riais un peu.

La soirée passait tout en douceur. Et bien qu'au début je n'avais pas vraiment eu envie d'y aller, j'étais sur la piste de danse à me déhancher au rythme de la musique en compagnie de mon amie. Elle m'abandonnait au bout d'un certain temps après avoir fait une intéressante rencontre. Contente pour elle, je me décidais à aller me poser sur un des petits canapés mis à disposition. Un verre à la main, je regardais un peu toute la foule en délire devant moi. Au final, tout se passait bien. Mieux que je l'espérais en tout cas.

«Salut.»

«Euh salut.» Répondis-je à l'inconnu en relevant mes yeux sur sa personne. C'était un garçon d'environ la vingtaine, plutôt grand,des cheveux blonds et des yeux verts. Charmant certes.

«Tu es seule ?» Me disait-il en venant place à côté de moi, un petit sourire aux lèvres.

«Hum oui plus ou moins. Enfin que je pense que ça se voit, non ?» Répondis-je sur un ton légèrement sarcastique bien que je ne le voulais pas vraiment.

«Ah ah c'est vrai. Je suppose que ça ne te dérange pas vraiment si je te tiens compagnie dans ce cas ?»

Aucune réponse. Je le voyais se rapprocher progressivement de moi à une allure tout à fait discrète. Non mais je rêve où il essaye de me draguer ? Je fronçais discrètement les sourcils en l'observant du coin de l'œil. Il ne m'inspirait pas vraiment confiance avec son sourire enjôleur.

«Tu t'appelles comment dis-moi ?»

«Alyssa.» Répondis-je simplement. Je n'avais pas vraiment envie de lui parler plus que ça. Mes yeux cherchaient surtout à trouver Vanessa dans les parages.

«C'est très joli. Moi c'est Maxime mais tu peux m'appeler Max ma beauté.» Son sourire s'élargit à ses mots.

Mon corps se crispait en une seconde lorsque je sentis sa main venir à la rencontre de la peau de ma cuisse. Il attendait de recevoir une baffe ou une visite gratuite chez le vétérinaire pour se faire castrer ou ça se passe comment ?

            

              

                    

«Euh je peux savoir ce que tu fais là ?» Lui lançais-je en essayant de le repousser d'un petit mouvement tout en fronçant les sourcils.

«Ça ne se voit pas ? Je te tiens compagnie à ma façon. Ce serait dommage de laisser une aussi jolie fille toute seule...» Sa main resserrait soudainement son étreinte sur ma cuisse. Berk. C'était écœurant.

Mes yeux s'arrondirent comme des soucoupes lorsque je le voyais approcher son visage du mien. Rapide celui-là. Je ne réfléchissais même pas une seconde. Le contenu de mon verre venait de se plaquer littéralement contre son visage. Hop, douche gratuite merci. Et au vue de son expression, il n'avait pas du tout aimé mon geste. Je me pinçais la lèvre et me redressais vivement. Trop tard, il avait attrapé mon bras.

«Putain mais t'es complètement conne ?!» Grogna-t-il en me fixant d'un air agacé, serrant mon poignet.

«Pardon? Mais tu t'es vu ? Je n'embrasse pas les faces de macaque pédo' pervers comme toi !» Lui lançais-je en me débattant. Je n'étais pas d'un tempérament agressif normalement mais il ne fallait pas trop me chercher non plus.

«T'as dis quoi là ?! Tu vas te calmer de suite ma jolie !» Il haussait un peu plus le ton en venant me flanquer une baffe monumentale en pleine mâchoire.

Bordel ça faisait un mal de chien ! Moi qui n'aimait pas attirer l'attention c'était foutu. Voilà que la plupart des gens s'étaient retournés vers nous. De vrais bêtes de foires. Je le fixais alors sérieusement crachant un peu le sang qui s'était installé dans ma gorge. Non mais pour qui il se prenait à la fin celui-là ?! Il frappe les femmes en plus de ça ?! N'en pouvant plus d'attendre, je balançais violemment mon genoux en direction de son bassin. Bam ! Adieux bijoux de famille. Il se tordait alors de douleur en me relâchant sur le coup. J'en profitais alors pour essayer de sortir de cet endroit comme une dérangée mentale. Tant pis pour Vanessa. Je lui enverrais un message demain matin.

Je me frayais donc un chemin parmi la foule tandis que j'entendais ce psychopathe jurer derrière moi. Au vue de son regard meurtrier, j'allais regretter bien plus vite que prévu mon geste. Tant pis pour lui. Il n'avait pas qu'à me taper de la sorte aussi. Ma respiration était saccadée et tout mes sens étaient en alerte. Il m'était rarement arrivé d'être aussi paniquée. Ma vision était trouble et j'avais terriblement chaud. Merde, je crois que j'ai trop abusé sur l'alcool ce soir. Ma mère allait m'en faire baver. Mais qu'importe. J'avais bien mieux à penser pour le moment.

«Poussez-vous bordel !» Lançais-je d'un air hargneux à de nombreuses reprises sur toute personne se trouvant sur mon chemin.

Et d'un coup, alors que je ne prêtais pas assez attention devant moi, je me heurtais en plein contre quelque chose de dur. Punaise, ça faisait vachement mal ! Ce déjanté allait me rattraper. J'étais foutue. Avais-je été assez idiote pour foncer dans un mur et m'écraser comme une mouche pour signer ma perte ? Non. Impossible. Je venais de me heurter à quelque chose qui sentait délicieusement bon. Et de ce que je savais, les murs n'avaient pas d'odeur. J'aurais voulu comprendre ce qui venait de se passer mais ma tête n'en était pas de cet avis. Je m'écroulais alors en perdant soudainement toute force. Et bien qu'à première vue j'aurais pensé toucher le sol, une sensation bien plus agréable m'entoura. Ce n'était pas quelque chose de dur et froid qui me tenait. Non. Cette odeur englobait toute ma personne tout comme sa chaleur.

«Ça suffit, laisses la tranquille ou ce sera à nous de se charger personnellement de ton cas. Et crois-moi, ce sera bien pire que ce que tu as pu ressentir jusqu'à maintenant.»

C'était une voix grave et sérieuse qui venait à l'instant de s'éveiller. Je ne la connaissais pas mais dans tout les cas cette personne venait de me venir en aide. J'aurais voulu le remercier mais rien. Le vide total. Je venais tout juste de perdre connaissance...

            

              

                    

...

Je ne savais pas quelle heure il était mais dans tout les cas une chose était sûre : j'étais chez moi. Enfin je crois. Un vilain mal de crâne me hissait hors de ma rêverie. Ça faisait un mal de chien ! Je jetais un rapide coup d'œil autour de moi avant de remarquer l'écran de mon téléphone allumé. Le prenant en main, j'apercevais une bonne dizaine de messages tous du même destinataire : Vanessa. Je remarquais par la même occasion qu'il était quatorze heures.

 Vanessa, à 00h50 : Alyssa ? T'es où là ? Désolé j'étais occupé avec quelqu'un mais je vais tout te raconter promis ! On se rejoint maintenant d'accord ?

 Vanessa, à 01h00 : T'es où bon sang je te cherche depuis dix minutes dans la boîte de nuit ?! Tu m'inquiètes !

 Vanessa, à 01h04 : C'est quoi ce bordel ?! J'ai entendu du barman que tu t'étais battue avec un garçon tout à l'heure ! Tout va bien ?! Rappelles-moi je t'en pris je m'inquiète !

Et tout les autres messages étaient plus ou moins les mêmes. J'avais presque oublié. C'était vrai. Je m'étais à moitié battue hier. Enfin se battre est un bien grand mot. Disons plutôt que je m'étais défendue contre un pervers sexuel et que j'avais fini par m'évanouir pour on ne sait quelle raison. Habituellement, je l'aurais directement rappelé pour la rassurer mais cette fois-ci je n'en avais pas envie. Ma tête me faisait bien trop mal pour que j'ai le courage d'entamer une conversation explicative avec elle. Je grognais alors un peu en me redressant de mon lit en douceur. Mon corps tanguait légèrement de droite à gauche, ne manquant pas de me donner le tournis. Je me décidais finalement à me diriger vers la salle de bain en longeant les murs. J'ouvrais le premier placard devant moi et me saisissait d'aspirine afin d'apaiser un peu ma douleur. Ceci fait, je jetais un rapide regard en direction du miroir.

«Oh putain...»

Ce fut la seule chose qui eut le temps de sortir d'entre mes lèvres. J'étais affreuse. Mes cheveux partaient dans tout les sens et mon maquillage avait coulé sous mes yeux et le reste de mon visage. Ne parlons pas de l'hématome située vers ma mâchoire. Je n'osais même pas y toucher rien qu'en repensant à la sensation que cela m'avait produite hier. Je grimaçais alors vivement. Si je pouvais le retrouver celui-là je lui ferais la peau. Mais en y repensant, lui aussi avait pas mal souffert. Je relâchais alors un petit rire rien qu'à revoir sa tête lorsque j'avais pulvérisé ses bijoux avec mon genoux. Oui, je paraissais sadique pour le coup mais il méritait.

Je me décidais finalement à prendre une douche bien chaude histoire de me changer les idées et de me donner une meilleure tête. Ceci fait, je me décidais simplement à enfiler un leggings avec un bon pull bien ample et chaud. Je n'avais pas envie de faire d'effort après ma dure soirée. Je rejoignais ensuite mes cheveux en un gros chignon fouillis puis descendais les marches. Et alors que j'allais me diriger vers le salon, je me stoppais immédiatement. Ma mère était en pleine conversation. Mais avec qui ? Mon frère était sûrement de sorti avec des amis aujourd'hui. Et elle n'était certainement pas folle pour pouvoir parler toute seule. Curieuse, je me cachais derrière un mur en écoutant discrètement.

«Je suppose que je dois vous remerciez pour hier... Bien que je pense qu'à la base vous n'étiez pas venue pour la sauver et la laisser tranquille ensuite. Qu'est-ce que vous voulez faire de ma fille ?» Disait ma mère d'un petit air suspicieux.

Elle parlait de quoi là ? Et à qui surtout ? Je mourrais d'envie de sortir de ma cachette mais je me forçais à ne pas le faire. Si je sortais maintenant, on ferait tout pour me cacher la vérité. J'en étais sûre.

«On ne lui veut rien de mal et vous devriez le savoir Émilie. C'est lui qui demande à la recevoir dans son établissement.» Déclarait calmement une voix féminine.

«Ce sera bien plus sûre pour elle. Il ne se passe peut-être rien pour le moment mais tôt ou tard, des gens en auront après elle. Il faut qu'elle apprenne la vérité pour se défendre.»

Cette voix. Je la connaissais ou du moins je l'avais déjà entendu. Je me creusais alors le crâne du mieux que je le pouvais. Où est-ce que je l'avais déjà entendu ?

«Je suis contre. Elle ne pourra pas le supporter. C'est bien trop pour elle. Je veux qu'elle vive une vie normale. Elle a déjà tracé son avenir. Je sais que ce sont ces ordres mais je ne peux pas...» Lâchait une fois de plus ma génitrice sur un ton relativement triste.

«Émilie, nous savons que c'est difficile pour vous mais il aimerait réellement qu'Alyssa intègre l'Académie. Elle est ce qu'elle est et malheureusement vous ne pourrez pas la cacher éternellement. Il vous a laissé suffisamment de temps pour que vous puissiez vivre toutes les deux un maximum de temps. Malheureusement il est ce qu'il en est. Les choses se compliquent chaque jour et vous le savez.» Répondit la voix féminine d'une voix tout aussi posée mais qui avait pour but de se faire convaincante.

«Notre père a pardonné l'erreur que vous aviez faite par le passé mais il compte également sur vous pour vous racheter. Vous avez en partie perdu votre grâce mais votre fille non étant donné que tout a été enfouie au plus profond d'elle.» Renchérit cette voix familière.

Académie? Grâce perdue ? Mais de quoi est-ce qu'ils pouvaient bien parler ? Et puis cette voix, je n'arrivais toujours pas à me souvenir où je l'avais entendu ! Je n'y comprenais strictement rien. Et pour tout dire, cela commençait sérieusement à m'agacer. Mon mal de crâne reprenait de plus belle face à tout cela. J'en avais marre.Qu'est-ce qu'on me cachait cette fois-ci ?

«Je suis contre. S'il veut quelqu'un, ce sera moi. Je ne peux pas la laisser aller là-bas !» Dis ma mère en haussant un peu le ton.

«Est-ce quelqu'un peut m'expliquer ce qui se passe ici ?»

J'avais lâché ça comme une bombe au vue du visage blanchi de ma mère. Je me tenais devant l'encadrement du salon à regarder les trois personnes présentes dans mon salon. Et c'est alors que je les voyais. Mais qu'est-ce qu'ils faisaient là eux ?!

            

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