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Chapitre 03 : Comme si de rien n’était !

Author: Lucentia
last update publish date: 2026-07-16 20:08:49

La pièce est sombre, j’entends le bruit de ses pas jusqu’à la chambre. Je regarde mon téléphone. Il est 2 h du matin.

Le grincement de la porte fait foi de son entrée. Et dans ma tête, je m’efforce de ne pas l’étrangler vivant.

— Il fait froid ici. Comment peut-elle dormir avec les fenêtres ouvertes ?! Elle n’est pas possible.

« De qui parle-t-il ? De moi, bien sûr. »

Je le vois rentrer dans la salle de bain, je l’entends se doucher. Des minutes plus tard, il se rapprocha du lit, se coucha sur son côté comme si de rien n’était. Tout était si facile pour lui.

Je me lève et j’entreprends la première étape de mon plan.

J’ouvre légèrement la porte, tout doucement, et je me penche pour allumer.

— Chéri, tu es déjà de retour ?

Il sursaute, le regard agrandi comme s’il venait de voir un fantôme.

— Mais qu’est-ce qu’il y a, mon cœur ? J’étais à la cuisine, je terminais de la ranger et il me fallait conserver toute la nourriture de notre dîner, j’ajoute en esquissant mon plus beau sourire, légèrement présent ; la femme contente de voir son mari de retour.

Je le rejoins sur notre lit et je fronce tout de même mes sourcils.

— Marlon, je ne suis pas très contente. Ton déjeuner s’est éternisé beaucoup trop longtemps et le dîner a été gâché, je fronce encore plus les sourcils pour lui montrer ma colère.

Il tousse, et son regard redevient moins surpris.

— Euuhh... Liliane, excuse-moi, tu sais, ce n’est pas du tout facile, surtout que la boîte progresse. Je dois toujours maintenir cet élan, tu sais en plus que la concurrence est rude...

Il parle, il parle encore et encore sans pouvoir s’arrêter.

Je ne fais que le regarder, jouer la femme en colère sans vouloir trop en faire, paraître normale.

— Mais Marlon, et notre dîner ? Tout ce que j’avais préparé ? Tu n’as eu rien à faire ? Et ton téléphone, où l’as-tu mis ? J’ai essayé de te joindre à plusieurs reprises sans succès. Je m’inquiétais et, en même temps, tu aurais au moins pu m’appeler, tu ne penses pas ?

Il me prend la main et me fait ce regard de chien battu, le même regard qu’il avait toujours à chaque fois qu’il voulait s’excuser de ses retards, de ses oublis, et désormais je me rends compte que tout ça n’était que du bluff, du pipeau.

Je me rends à présent compte du menteur qu’il est.

Il ne détourne pas les yeux, il me fixe droit dans les yeux pour me faire avaler tous ses mensonges.

— Écoute, mon amour, on va faire une chose, juste après la cérémonie de demain, je t’amène dîner rien que nous deux, cette fin de soirée ne sera rien que pour nous. Mon téléphone restera éteint, rien, je te promets. Ce sera digne de la magnifique femme que tu es.

— Promis ? je joue le jeu, le regard luisant de la femme qui espère plus que tout que cette promesse se réalise.

— Promis, mon cœur.

Il me prend dans ses bras d’un coup.

Même avec sa douche, je sens ce parfum... le même à la fleur d’oranger que celui d’Elisa.

Elle aussi, elle me doit une explication. Mais je vais trouver un moyen de régler son cas.

— Maintenant, on dort, je dois être présentable pour demain, mon chéri. Je suis la femme de l’homme d’affaires prestigieux. Les caméras n’auront d’yeux que pour toi et pour eux... il y a sa femme aussi. Il y a moi.

Je me retourne et je sens ses doigts m’effleurer le long de mon bras, puis il me caresse la nuque et y dépose un léger baiser.

Je sens un frisson m’envahir, mais pas de désir...

— Non, pas ce soir, Marlon, je pense que toi aussi t’es fatigué après cette journée si épuisante. Endormons-nous, nous le méritons, je déclare en lui agrippant cette main beaucoup trop baladeuse.

— T’as raison, dormons.

Il m’agrippe dans ses bras, me serrant comme un homme amoureux, et c’est ainsi qu’il se coucha avec moi, le visage léger, sa journée se termine sous une bonne note.

Il éteint la lumière de son côté, et l’obscurité de la pièce nous envahit, mais ce qu’il ignore est que cette obscurité n’était pas seulement autour de nous, mais à présent à l’intérieur de moi.

Habituée à ces grands événements qui le récompensent déjà depuis ses débuts, entrons dans le grand hall où sont rassemblés les hommes d’affaires prestigieux.

Comme prévu, la salle est bondée de monde, mais aussi de journalistes toujours prêts à capturer le moindre détail. Et bien devant eux, je joue la parfaite épouse qui accompagne son mari et le soutient de tout son cœur.

Je le regarde sourire, saluer, embrasser les plus impressionnés, mon bras autour du sien, mon sourire qui m’accompagne toujours. Je joue la parfaite épouse, celle à la hauteur de l’homme prestigieux qu’il était devenu.

— Mon amour, t’as eu raison. Au moins, nous sommes en forme. Je suis beau, charismatique et tout ce que j’ai à faire est de leur sourire, d’apprécier leurs compliments et le tour est joué.

Auparavant, cette remarque me faisait plus rire qu’autre chose.

Aujourd’hui, je suis désormais convaincue que l’amour me rendait aveugle face à son narcissisme.

Je pousse tout de même un léger rire comme à l’accoutumée, mais amer dans ma gorge, et je le pique tout de même :

— N’oublie pas, mon cher, que tu n’es pas non plus le seul qui attire tous les regards.

Et je le vois se crisper, il s’arrête.

Et me regarde.

— Eh bien, ma chère, je suis le seul à tes yeux... c’est le plus important.

Un sourire se dessine sur ses lèvres.

Dans mon cœur : « Bien, d’accord. C’est bien joué. »

Mais aussitôt, il reprenait la trajectoire droite, quand juste devant nous, à quelques mètres, son expression se raidit à nouveau.

Les deux se croisent du regard. Robert Dunkan, comme à son habitude, son aura calme et mystérieuse le précède toujours, inébranlable malgré le visage grimaçant de Marlon qui ne cache pas son excès de rivalité.

Il s’avance jusqu’à nous.

Et juste à quelques mètres, à un pas, il prit le temps de saluer les paparazzis, puis il se tourne vers nous. Marlon, lui, se retourne comme s’il cherche quelque chose malgré mon bras qui est toujours entrelacé au sien.

— Mais Marlon, tu me fais mal !Je déclare, sentant déjà un peu trop de pression sur mon poignet.

Il ne se redresse pas.

— Marlon, qu’est-ce qui t’arrive ? Que regardes-tu ?

— Euh !!? Quoi ? sursaute-t-il.

— Madame, j’espère que tout va bien, déclare une voix grave qui pourrait faire peur mais qui suffit à marquer son territoire. Je sens la présence de Robert et sa chaleur corporelle qui se poste à un demi-pas de moi, sa main posée sur mon bras.

— Tu n’as pas intérêt à garder ta main une seconde de plus.

Marlon ne tarde pas à répondre et, dans ses yeux, Robert ne semble pas si intimidé. Au contraire, un léger sourire en coin se dessine et, dans son expression, je sens presque qu’il se fout de sa gueule.

Et pour moi, c’est tout ce qu’il me fallait pour égayer un peu ma soirée.

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