LOGINLiliane Aljaz découvre violement l’infidélité de son mari Marlon et leur faux mariage qu’il a orchestré après trois années ensemble. Trois années pendant lesquelles elle est allée contre la volonté de son défunt père et l’a aidé à bâtir son empire ; un homme qu’elle aimait de tout son cœur et à qui elle a donné une bonne partie de sa fortune héritée. Face à cette trahison, une seule option s’offre à elle : s’allier à son rival Robert Dunkan et le faire payer
View MoreLiliane :
La soirée vient de débuter et je sens la brise du vent frais s’emparer de mon corps tout entier. Les fenêtres sont grandement ouvertes et le plafond est aussi haut que celui d’un gratte-ciel ; je me sens un peu seule sous cette vaste pièce. Encore aurait-il fallu que je sois au chaud dans les bras de mon époux. L’horloge tourne. Je la consulte beaucoup trop. Une minute, puis cinq minutes, et maintenant une heure. Et vint ensuite la deuxième heure. Je suis assise à table ; une table décorée spécialement pour ce soir. J’ai tout fait enlever : canapé, tables, et j’ai demandé à avoir la plus belle des tables pour un dîner digne de notre couple et de ces trois années que nous avons passées ensemble. Sous cette lumière chaleureuse, agrémentée des lueurs émises par les chandeliers ornés de designs lumineux aussi éclatants que de véritables pierres précieuses qui scintillent et se reflètent sur les murs. Je l’attends patiemment depuis maintenant trois heures. — Madame, pouvons-nous vous servir le dîner ? demande le majordome. — Non, nous attendons monsieur, merci bien. — Il ne va plus tarder, je murmure, très peu convaincue désormais. Je me lève et j’avance jusqu’à la fenêtre. J’aperçois le grand portail qui n’émet aucune lumière de phare. Tout semble si silencieux, si froid. — Marlon, décroche ! je tente à nouveau de l’appeler. « Désolée, mais le numéro que vous tentez de joindre est indisponible pour le moment… » Et ce, pour la cinquième fois d’affilée. Il le sait très bien : ces trois années ne sont pas simplement une concrétisation ou un simple renouvellement de notre mariage, mais c’est un peu un triomphe. Il y a trois ans, on défiait mon père qui s’était opposé à notre mariage parce que Marlon n’était pas assez bien pour moi et, en ce laps de temps, Marlon l’avait prouvé et était devenu le PDG à succès qu’il est à présent grâce à son entreprise de technologie. Je suis fière de lui, et ces trois années depuis lors méritent une attention particulière ; c’est la première fois, depuis cet affront face à mon père et la promesse qu’il s’était tenue de réaliser, que nous pouvons enfin souffler et vivre intensément notre amour. — Pierre ! — Oui, madame ! — Couvrez tout, s’il vous plaît ! Veillez à bien conserver la nourriture, monsieur est sûrement très pris, et ensuite allez vous reposer, je pourrai me charger du reste. — Très bien, madame. Bonne fin de soirée. Je soupire, toujours aucun message de sa part. « Chérie, j’ai un dîner d’affaires cet après-midi. Promis, je serai de retour avant le dîner. » Et puis il m’avait embrassée et s’en était allé l’après-midi de ce samedi, aux environs de 15 h à 16 h. Désormais, il était 23 h. Le déjeuner s’est éternisé, je pense. Gérer une boîte, ce sont des sacrifices, et je les ai acceptés. Je prends la route vers les marches. Je me résigne à l’attendre là-haut, dans notre lit, avec simplement l’envie de le voir entrer pour me rassurer qu’il fût tout de même bien portant ; le dîner, on pourrait le rattraper plus tard. J’actionne la poignée de la chambre et... Au même moment, je reçois un message. Je sens mes jambes perdre leur appui. Je m’agrippe fermement contre la porte. C’est un message provenant d’un numéro inconnu. « Écoute très bien ce que je te dis, cesse de jouer à la cruche et rends-toi immédiatement à l’hôtel Le Prestige. Ce que tu y découvriras te glacera le sang. Fais-le maintenant ou continue de te mentir à toi-même. » Que faire ? Qu’y a-t-il donc au Prestige à cette heure-ci ? Cela me concerne ? Ou est-ce que cela concerne Marlon ? — Marlon ! Je lance encore une fois l’appel. Rien du tout. — Pierre ! Pierre ! — Oui, madame ! — Ouvre le portail ! J’accours dans la voiture sans perdre une minute de plus. — Si monsieur rentre avant moi, dites-lui que je ne vais pas tarder. J’ai une amie en détresse à aller voir. — C’est entendu, madame. Je lance encore son téléphone, mais toujours rien. Toujours ce foutu répondeur. La brise de vent légère s’était transformée en de petits glaçons qui me faisaient grelotter rien qu’au toucher. D’un geste rapide et brusque, j’appelle ce numéro inconnu, mais rien, il sonne dans le vide. — Qui s’amuserait à faire des blagues aussi sordides ? Et Marlon qui ne répond toujours pas, qu’est-ce que cela signifie ? Bon sang ! Une demi-heure plus tard, je me gare devant l’hôtel et je sors immédiatement. Je lance encore une fois cet inconnu. Mais rien, ça sonne toujours dans le vide. J’entre dans le hall quand, soudain, mon téléphone vibre encore une fois. Nouvelle notification. Nouveau message. « Ne passe pas par la réception, il risquerait de s’en méfier. Monte directement comme une cliente, chambre 30, deuxième étage. » J’avais froid et chaud en même temps. J’ai pris l’ascenseur et j’ai emprunté le couloir d’un pas rapide et ce, en un coup d’œil, insistant sur les numéros de porte. — 26, 27... — 28, 29... 30, j’arrive enfin. Une chose m’intrigue : elle est légèrement entrouverte, mais pas suffisamment grande pour me permettre de voir ce qui s’y passait encore, moins encore pour clairement voir de qui il s’agit. Et je saisis aussitôt de légers rires étouffés. — Mon amour, je t’aime... Je me fige sur place, c’est la voix de Marlon. — Plus que ta femme qui est ma grande sœur ? Je sens un déchirement dans ma poitrine ; celle-ci, c’est la voix d’Elisa, ma petite sœur. — Oui, crois-moi, notre mariage n’a plus aucune valeur à mes yeux, j’ai eu tout ce que je voulais et maintenant nous deux, on pourra vivre notre idylle sans contrainte. — T’es fou, Marlon ! Et si elle l’apprenait, que ferais-tu ? — T’inquiète, Liliane est bien trop amoureuse de moi pour soupçonner quoi que ce soit... D’ailleurs, elle n’a jamais su, la pauvre, que nos trois années de mariage, ce pourquoi elle tient tant à dîner ce soir, n’étaient en réalité qu’un foutu mariage vide de sens. Ma main agrippe ma bouche. Je me retiens d’hurler et de tout défoncer. Et ce bruit que j’entends, ce baiser. Son gémissement... — C’est toi que j’aime, Elisa ; avec Liliane, nous ne sommes pas véritablement mariés. — Notre mariage est faux et elle-même le sait. Que je le sais... — Que... que je... le... sais... C’est trop !Point de vue externe :Le visage pâle, Liliane regagne la porte munie de ce document qui marque le début d’une alliance.Au pas de la première marche, elle se retourne et son regard croise celui de Robert Dunkan, ce dernier aussi froid, distant qu’imprévisible. Un temps d’arrêt entre les deux se marque. Puis, tout document en main, Liliane se retourne et avance jusqu’à sa voiture.Elle rentre, dépose les documents sur l’autre siège avant et sa main se porte sur la clé qu’elle tourne, puis sur le levier de vitesse. Mais, juste avant de filer, elle pose de nouveau un œil intrigué sur cette fenêtre qui semble pourtant trop libre.Elle se sent observée, peut-être, ou cela est le fruit de son imagination. Néanmoins, elle soupire, reprend sa posture droite et actionne le levier.Effectivement, à quelques mètres de la fenêtre, Robert la voit quitter les lieux à bord de son véhicule ; sa corpulence aussi imposante que sa grande taille lui permet de voir sans trop s’approcher.Soudain, son tél
Liliane se redresse, son expression se ferme, et ses mains jointes au-dessus de ses genoux signalent déjà que c’est une demande un peu trop poussée.Elle soupire puis, sans en faire tout un drame, se relâche et détourne légèrement le regard vers une armoire où sont posés quelques cadres photos.— C’est vous et votre famille, pas vrai ? Et ici, c’est… votre ancienne maison, je suppose…, relève-t-elle avant de revenir vers lui en entrecroisant ses doigts sur ses genoux.— Pourquoi cette question… ? demande Robert sans trop d’intérêt.Liliane s’avance un peu plus vers l’avant et pose ses mains sur la table.— Tout simplement pour vous faire comprendre que je n’ai pas à me mêler de votre vie privée, lance-t-elle sur un ton assez sec.— Puisque nous sommes appelés à coopérer, il est important que je sache dans quoi est-ce que je m’embarque…, poursuit-il sur ce même ton plutôt neutre.Liliane grogne légèrement.— Que disent les résultats ? coupe-t-elle.— Qui êtes-vous, Liliane Aljaz ? Et p
Point de vue externe :Il est 15 h lorsque Liliane, toute en sueur, arrive dans leur grand logis.Sa marche s’écourte finalement à quelques mètres quand elle aperçoit Marlon, assis sur le siège passager avant, échangeant un moment de rire avec sa conductrice dont elle ne parvient pas à voir le visage ; juste une coloration de cheveux blonds, teintés de noir sur les bouts, noués sous forme de queue de cheval, qu’on peut voir se refléter.Quelques instants plus tard, Liliane, impassible, observant avec calme, le voit lui faire un câlin. Puis il finit par sortir, se stationnant immobile, sourire aux lèvres.Il esquisse un signe d’au revoir à son encontre et reste là, debout, à attendre que cette dernière, portant ses lunettes de soleil, s’en aille.Après son départ, Marlon rentre. C’est à cet instant que Liliane, comme si de rien n’était, rentre à son tour, expression neutre sur le visage, et prend le chemin jusqu’aux marches, ignorant la salle juste à côté où celui-ci est très certainem
Je regarde l’heure a la montre comme si c’était la dernière chose qu’il me reste,.. d’ailleurs c’est l’unique option qui me reste actuellement. La soirée est longue, je peine à trouver le sommeil a cote de cet homme qui sous son apparence d’homme amoureux avec sa main qu’il pose sur moi, n’en est clairement pas un.Tout est faux, a-t-il dit. Juste comme ça, toutes ces années envolées. Plus rien d’autre. Juste des mensonges et encore et encore des mensonges.Notre mariage s’est fait en flash certes parce qu’on voulait prouver à mon père que quoiqu’Il se passe il ne nous empêcherait pas de nous unir, argent ou pas, situation convenable ou pas ; mais lorsque je referme mes yeux et je remonte en arrière, je le vois arriver avec le maire, semblable à tous les autres, les documents prêts. Un oui qui paraissait sincère et ce baiser fougueux, plein de tendresse, ces alliances qui scellaient notre union. Tout était faux depuis le début, c’est ça qui est le plus dure. A quel moment s’es






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