LOGINIl rit, un son bas, profond, presque triste, et je me demande s'il rit de moi, de lui, de nous, de cette situation absurde qui nous lie l'un à l'autre comme deux bêtes enchaînées.Je me lève, je le repousse, je le fixe, et je sens la colère monter en moi, cette colère qui est devenue mon souffle, mon sang, mon âme.— Tu ne me possèdes pas, dis-je. Ton corps peut me prendre, mais mon âme t'échappe.Il me regarde, sans rien dire, et dans ses yeux je vois quelque chose que je n'avais jamais vu, quelque chose qui ressemble à de la tristesse, à de la solitude, à de la peur.Je me détourne, je marche vers la porte, et je l'entends m'appeler, et je m'arrête, sans me retourner.— Lysandra.— Oui ?— Reviens demain.Je ne réponds pas, je sors, mais le lendemain, je reviens.LysandraJe refuse.Une fois. Deux fois. Trois fois.Il vient me chercher dans ma chambre, je le repous
Lysandra C'est moi qui viens le chercher. Trois jours plus tard, trois jours sans le voir, trois jours à tourner dans ma chambre, à penser à lui, à le haïr, à le désirer, à le maudire, trois jours à me demander pourquoi je n'arrive pas à l'oublier, pourquoi son visage hante mes nuits, pourquoi son odeur reste sur ma peau, pourquoi son goût reste dans ma bouche. Alors je viens. Je traverse les couloirs, et les gardes me regardent passer, et ils savent qui je suis, et ils savent ce que je suis, et ils ne m'arrêtent pas, et je me demande s'ils ont peur de moi, s'ils me respectent, s'ils me méprisent. Je m'arrête devant sa porte, et je frappe, et j'attends, et mon cœur bat si fort que je l'entends dans mes oreilles, et je me demande ce que je fais, ce que je veux, ce que je cherche. — Entre. J'entre, et il est assis à son bureau, des papiers étalés devant lui, et il lève l
Je pose ma main sur le collier, et le métal est froid, et l'anneau est lourd, et je pourrais l'enlever, je pourrais le briser, je pourrais fuir, mais je ne le fais pas.Pourquoi ?Je ne sais pas.Ou plutôt, je sais, mais je refuse de l'admettre, je refuse de nommer ce qui grandit en moi, ce qui remplace la haine, ce qui remplace la rage, ce qui remplace la vengeance.Ce n'est pas de l'amour. Non, ce n'est pas de l'amour. C'est autre chose, quelque chose de plus sombre, de plus trouble, de plus dangereux.C'est de la faim.Une faim qui me ronge, une faim qui me brûle, une faim qui me dévore.Je veux le tuer. Je veux le dévorer. Je veux le posséder comme il me possède. Je veux le briser comme il m'a brisée. Je veux le faire souffrir comme il m'a fait souffrir.Et en même temps, je veux qu'il me prenne, encore, plus fort, plus profond, plus sauvagement.Je suis devenue une louve. Pas une captive. Pas
LysandraLa table de guerre est renversée.Les cartes sont éparpillées sur le sol comme des feuilles mortes, les pions sont brisés comme des os, les chandelles sont tombées, éteintes, et les flammes dansent sur le tapis, menaçant de tout embraser, et je regarde ce désastre, ce chaos, ce champ de bataille, et je me dis que c'est à mon image, que je suis ce désastre, ce chaos, ce champ de bataille, que je suis une guerre qui marche, une guerre qui respire, une guerre qui saigne.Il m'a prise là, sur cette table, sans prévenir, sans douceur, sans tendresse, et je me souviendrai de ce moment jusqu'à la fin de mes jours, de cette table froide contre mon dos, de ces cartes qui craquent sous mes omoplates, de ces pions qui roulent sous mes reins, de cette odeur de cire et de papier et de peur.Il m'a plaquée sur le bois froid, ses mains sur mes hanches, son corps sur le mien, et il est entré en moi d'un seul coup, brutal, animal, sans préparation, e
Je m'enfonce plus profond, et elle crie, un cri qui déchire le silence de la chambre, un cri qui résonne contre les murs, un cri qui est une défaite. Je sens ses parois qui se contractent autour de moi, qui me serrent, qui me pressent, et je sens une vague de plaisir qui monte en moi, qui menace de me submerger, et je la retiens, je la repousse, je la garde pour plus tard, parce que je veux que ça dure, parce que je veux la sentir se briser sous moi, parce que je veux la voir céder.Je ralentis, je reprends mon souffle, et je la regarde, étendue sous moi, ses cheveux éparpillés sur l'oreiller, ses joues rougies, ses lèvres entrouvertes, son souffle court. Elle est belle. Elle est magnifique. Elle est à moi. Et cette pensée me grise, me transporte, me consume.Je me retire presque entièrement, et je m'enfonce à nouveau, lentement cette fois, savourant chaque centimètre, chaque frisson, chaque gémissement qu'elle essaie d'étouffer. Je sens ses jambes qui tremble
Elle s'ouvre.Ses jambes s'écartent, lentement, comme si chaque centimètre était une concession arrachée à sa fierté, ses cuisses se déploient sous moi, chaudes, fermes, puissantes, et je vois sa chair, cette chair rose et humide qui pulse au rythme de son cœur, cette chair qui m'attend, qui me défie, qui me nargue. Je pose ma main sur son genou, et je sens ses muscles qui se contractent sous mes doigts, cette tension qui ne la quitte pas, cette résistance qui persiste même quand elle s'offre.Je remonte lentement le long de sa cuisse, mes doigts tracent des cercles paresseux sur sa peau, et je sens ses frissons, ces tremblements qui la parcourent, ces ondes de plaisir qui montent en elle malgré elle. Elle veut me haïr. Elle veut me résister. Mais son corps est un traître, et son corps me répond, et cette trahison est la plus douce des victoires.Ses bras se relâchent, ses poings se desserrent, ses mains s'aplatissent sur les draps, et son corps se re







