เข้าสู่ระบบLysandraUn mois s'est écoulé.Un mois depuis ma capture, un mois depuis la nuit où j'ai été traînée aux pieds du roi, un mois depuis que ce collier de fer enserre ma gorge comme une main invisible, un mois depuis que je suis devenue une ombre dans les couloirs de ce palais qui n'a rien à envier aux cachots pour la froideur de ses pierres et la dureté de ses lois. Un mois, trente jours, sept cent vingt heures, et chaque heure a été une leçon, chaque minute une épreuve, chaque seconde une petite mort.Un mois, et je commence à comprendre les codes de cette cour qui m'entoure, ces codes invisibles qui régissent chaque geste, chaque parole, chaque regard, ces codes que les courtisans respectent avec une dévotion religieuse et dont la transgression peut signifier la mort sociale, voire la mort tout court. J'apprends à reconnaître les rangs, les alliances, les rivalités. J'apprends à décoder les sourires, les silences, les sous-entendus. J'apprends à me mo
Je frappe, pas fort, juste assez pour marquer, juste assez pour faire mal, juste assez pour qu'il se souvienne, et il gémit, il ne crie pas, il ne supplie pas.— Compte, dis-je.— Un... deux... trois...Je continue, sur son torse, sur ses cuisses, sur son ventre, chaque coup est une délivrance, chaque gémissement, une victoire, et quand j'ai fini, il est couvert de marques, il tremble, il est en sueur, il bande encore.— Tu as été obéissant, dis-je. Bien.Je le détache, mes doigts dénouant les liens un à un, savourant chaque seconde de cette libération, savourant le pouvoir que j'ai sur lui, sur son corps, sur son désir. Les cordes glissent sur sa peau, laissent des marques rouges, des traces de mon passage, des souvenirs de ma domination. Il ne bouge pas. Il attend. Il me regarde, les yeux brillants, les lèvres entrouvertes, le souffle court. Il est à moi. Il est entièrement à moi.Je monte sur lui.Lentement. Mes
Il rit, un son bas, profond, presque triste, et je me demande s'il rit de moi, de lui, de nous, de cette situation absurde qui nous lie l'un à l'autre comme deux bêtes enchaînées.Je me lève, je le repousse, je le fixe, et je sens la colère monter en moi, cette colère qui est devenue mon souffle, mon sang, mon âme.— Tu ne me possèdes pas, dis-je. Ton corps peut me prendre, mais mon âme t'échappe.Il me regarde, sans rien dire, et dans ses yeux je vois quelque chose que je n'avais jamais vu, quelque chose qui ressemble à de la tristesse, à de la solitude, à de la peur.Je me détourne, je marche vers la porte, et je l'entends m'appeler, et je m'arrête, sans me retourner.— Lysandra.— Oui ?— Reviens demain.Je ne réponds pas, je sors, mais le lendemain, je reviens.LysandraJe refuse.Une fois. Deux fois. Trois fois.Il vient me chercher dans ma chambre, je le repous
Lysandra C'est moi qui viens le chercher. Trois jours plus tard, trois jours sans le voir, trois jours à tourner dans ma chambre, à penser à lui, à le haïr, à le désirer, à le maudire, trois jours à me demander pourquoi je n'arrive pas à l'oublier, pourquoi son visage hante mes nuits, pourquoi son odeur reste sur ma peau, pourquoi son goût reste dans ma bouche. Alors je viens. Je traverse les couloirs, et les gardes me regardent passer, et ils savent qui je suis, et ils savent ce que je suis, et ils ne m'arrêtent pas, et je me demande s'ils ont peur de moi, s'ils me respectent, s'ils me méprisent. Je m'arrête devant sa porte, et je frappe, et j'attends, et mon cœur bat si fort que je l'entends dans mes oreilles, et je me demande ce que je fais, ce que je veux, ce que je cherche. — Entre. J'entre, et il est assis à son bureau, des papiers étalés devant lui, et il lève l
Je pose ma main sur le collier, et le métal est froid, et l'anneau est lourd, et je pourrais l'enlever, je pourrais le briser, je pourrais fuir, mais je ne le fais pas.Pourquoi ?Je ne sais pas.Ou plutôt, je sais, mais je refuse de l'admettre, je refuse de nommer ce qui grandit en moi, ce qui remplace la haine, ce qui remplace la rage, ce qui remplace la vengeance.Ce n'est pas de l'amour. Non, ce n'est pas de l'amour. C'est autre chose, quelque chose de plus sombre, de plus trouble, de plus dangereux.C'est de la faim.Une faim qui me ronge, une faim qui me brûle, une faim qui me dévore.Je veux le tuer. Je veux le dévorer. Je veux le posséder comme il me possède. Je veux le briser comme il m'a brisée. Je veux le faire souffrir comme il m'a fait souffrir.Et en même temps, je veux qu'il me prenne, encore, plus fort, plus profond, plus sauvagement.Je suis devenue une louve. Pas une captive. Pas
LysandraLa table de guerre est renversée.Les cartes sont éparpillées sur le sol comme des feuilles mortes, les pions sont brisés comme des os, les chandelles sont tombées, éteintes, et les flammes dansent sur le tapis, menaçant de tout embraser, et je regarde ce désastre, ce chaos, ce champ de bataille, et je me dis que c'est à mon image, que je suis ce désastre, ce chaos, ce champ de bataille, que je suis une guerre qui marche, une guerre qui respire, une guerre qui saigne.Il m'a prise là, sur cette table, sans prévenir, sans douceur, sans tendresse, et je me souviendrai de ce moment jusqu'à la fin de mes jours, de cette table froide contre mon dos, de ces cartes qui craquent sous mes omoplates, de ces pions qui roulent sous mes reins, de cette odeur de cire et de papier et de peur.Il m'a plaquée sur le bois froid, ses mains sur mes hanches, son corps sur le mien, et il est entré en moi d'un seul coup, brutal, animal, sans préparation, e







