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CHAPITRE 130 – La cabane témoin

Auteur: L'encre
last update Date de publication: 2026-07-19 01:21:31

— Peut-être qu’elle voulait te protéger.

— Me protéger de quoi ? De la vérité ? De ce qu’était vraiment mon père ?

— De la souffrance. Elle savait que si tu apprenais tout ça, tu souffrirais.

— Et toi ? demanda Élise en relevant la tête vers lui. Ta mère, elle savait ?

— Oui. Mais elle ne m’en a jamais parlé non plus. Elle a respecté le silence de mon père. Elle l’a porté avec lui, pendant trente ans.

— Comme ma mère.

— Oui. Comme ta mère.

— Elles sont pareilles, en fait. Toutes les deux. Elles
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    Hélène se leva brusquement, fit quelques pas vers la fenêtre, le dos tourné à Rebecca. Ses mains tremblaient, et elle les serrait l’une contre l’autre pour les empêcher de s’agiter.— Étienne n’a jamais été le même après Vincent, dit-elle d’une voix sourde. Avant lui, c’était un homme joyeux, confiant, plein de rêves. Il riait, il chantait, il parlait de l’avenir comme d’un jardin qu’il allait cultiver. Et puis Vincent est arrivé, avec ses costumes et ses belles paroles. Et tout a changé.— Changé comment ?— Étienne est devenu méfiant, renfermé. Il ne riait plus. Il ne chantait plus. Il passait ses nuits à éplucher des comptes, à vérifier des factures, comme s’il sentait que quelque chose n’allait pas. Mais il ne pouvait rien prouver. Vincent était trop fort. Trop malin.— Vincent, répéta Rebecca. Vous l’avez connu ?Hélène se retourna lentement, le visage pâle, les yeux brillants de larmes contenues.— Oui, dit-elle. Je l’ai connu. C’était un homme charmant, séduisant, qui parlait c

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    Rebecca s’assit sur le canapé de velours marron, posa son sac à côté d’elle, et promena son regard sur le salon. Tout était propre, modeste, usé par les années mais entretenu avec amour. Les rideaux de dentelle, la table basse couverte de vieux magazines, le poste de télévision qui datait d’avant le millénaire. Et sur le buffet, la photo. La photo qui disait tout sans avoir besoin de mots.Hélène revint avec un plateau, deux tasses fumantes, une théière en faïence ébréchée. Elle s’assit en face de Rebecca, les mains croisées sur les genoux, le dos droit, le sourire aux lèvres. Mais ce sourire était tendu, un peu forcé, comme si elle savait que cette visite n’était pas tout à fait fortuite.— Comment va Gabriel ? demanda Rebecca.— Il travaille. Il travaille trop. Il ne dort plus, il ne mange presque rien, et il passe ses soirées dans cette vieille cabane, dans la forêt. Vous savez, celle où il allait quand il était enfant.— Je connais. J’y suis allée plusieurs fois.— Ah oui ?— Oui.

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