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CHAPITRE 256 – Le cri d’Armand

Author: L'encre
last update publish date: 2026-09-01 20:15:21

Un cri qui venait du ventre, de la poitrine, de l’âme. Un cri qui contenait trente ans de colère, de honte, de souffrance. Un cri qui fit trembler les vitres de la fenêtre et sursauter tous ceux qui se tenaient dans la pièce.

— Vincent !

Le nom résonna dans le bureau comme un coup de tonnerre, rebondissant sur les murs couverts de livres, sur le sous-main de cuir, sur les portraits d’ancêtres accrochés au-dessus de la cheminée. Vincent. Le nom du traître. Le nom du serpent. Le nom de l’homme qu
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    — Les experts, on les paie. Les témoins, on les achète. Vous êtes naïve, mademoiselle Delcourt.— Je ne suis pas naïve, monsieur Fortier. Je suis méthodique. Et je n’ai rien à gagner dans cette histoire, sinon le bonheur de mes amis.— Le bonheur de vos amis. Comme c’est touchant.— Armand, intervint Catherine.Elle s’avança lentement, sortit de l’ombre où elle s’était tenue jusqu’alors. Sa voix était calme, posée, mais chargée d’une intensité qui fit taire tout le monde.— Armand, j’étais là. Souviens-toi. J’étais là, il y a trente ans. Je voyais tout. J’entendais tout.— Qu’est-ce que tu racontes ?— Je raconte ce que j’aurais dû te dire depuis longtemps. Vincent. Il était toujours entre vous. Toujours. Quand vous étiez ensemble, tous les trois, il se plaçait toujours au milieu. Physiquement. Comme s’il voulait vous séparer, même dans l’espace.— C’est ridicule. C’est une coïncidence.— Non. Ce n’était pas une coïncidence. Il faisait exprès. Il s’asseyait entre vous à table. Il marc

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    Armand baissa la tête, fixa le tapis persan, les motifs entrelacés qui semblaient former un labyrinthe sans issue.— Vincent, murmura-t-il encore une fois. Où est-il maintenant ? Que fait-il ?— Il vit dans une villa sur la côte, répondit Rebecca. Sous un faux nom. Il est riche, respecté, intouchable.— Intouchable. Comme il l’a toujours été.— Plus pour longtemps.Armand releva la tête, regarda la jeune femme qui se tenait devant lui, cette Rebecca qu’il avait menacée, qu’il avait voulu bannir, et qui aujourd’hui lui apportait la vérité sur un plateau.— Qu’est-ce que vous voulez dire ?— On a assez de preuves pour le faire condamner. Les lettres, les témoignages, les documents. Si vous témoignez, tous les deux, il ira en prison.— En prison, répéta Armand. Vincent Delorme en prison.— Oui. C’est possible.Armand resta silencieux un long moment. Puis il se tourna vers Étienne.— Qu’est-ce que tu en penses ?— Je pense qu’on devrait le faire, répondit Étienne. Pas par vengeance. Par j

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    Un cri qui venait du ventre, de la poitrine, de l’âme. Un cri qui contenait trente ans de colère, de honte, de souffrance. Un cri qui fit trembler les vitres de la fenêtre et sursauter tous ceux qui se tenaient dans la pièce.— Vincent !Le nom résonna dans le bureau comme un coup de tonnerre, rebondissant sur les murs couverts de livres, sur le sous-main de cuir, sur les portraits d’ancêtres accrochés au-dessus de la cheminée. Vincent. Le nom du traître. Le nom du serpent. Le nom de l’homme qui avait détruit deux familles et qui continuait, trente ans plus tard, à hanter leurs vies.Armand se retourna, le visage ravagé, les yeux pleins de larmes et de rage.— Vincent ! répéta-t-il. C’est lui. C’est lui qui a tout fait. Tout. Depuis le début. Et je l’ai cru. Je l’ai cru plutôt que toi, Étienne. Plutôt que mon frère.— Armand... commença Étienne.— Non, laisse-moi parler. Laisse-moi cracher ce que j’ai sur le cœur. Pendant trente ans, je me suis tu. Pendant trente ans, j’ai porté ça to

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    Étienne ne répondit pas tout de suite. Il regarda Armand, cet homme qui avait été son frère, son ami, son ennemi. Il vit les larmes qui coulaient sur ses joues, les épaules qui tremblaient, les mains qui se tendaient vers lui.— Je ne sais pas si je peux te pardonner, dit-il enfin. Pas tout de suite. C’est encore trop frais. Trop douloureux.— Je comprends.— Mais je peux essayer. Je peux essayer de comprendre, à mon tour. De comprendre pourquoi tu as fait ce que tu as fait.— J’avais peur. Peur de perdre ce que j’avais construit. Peur d’admettre que je m’étais trompé.— Moi aussi, j’avais peur. Peur de ne jamais m’en sortir. Peur de ne pas être à la hauteur pour ma femme, pour mon fils.— Et aujourd’hui ?— Aujourd’hui, je n’ai plus peur. Parce que je sais la vérité. Et parce que mon fils est là. Ma femme est là. Et ta fille, que j’ai appris à connaître, et que j’apprendrai à aimer.Armand baissa la tête, les épaules secouées de sanglots silencieux. Catherine s’approcha de lui, posa

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    — Tu mens. Tu as toujours menti. Au tribunal, tu mentais déjà. Tu as falsifié les comptes, tu as volé l’argent, et maintenant tu reviens avec tes faux documents pour me faire croire que je suis le coupable.— Armand, je t’en prie. Regarde les preuves. Écoute ce que je te dis.— Je ne veux rien écouter ! s’écria Armand en frappant du poing sur le bureau. Tu as détruit ma vie une fois, tu ne la détruiras pas une deuxième fois !La porte du bureau s’ouvrit brusquement. Catherine, Hélène, Élise et Gabriel se tenaient sur le seuil, alertés par les éclats de voix. Ils avaient tout entendu. La colère d’Armand, le silence d’Étienne, le poing qui s’abattait sur le bureau.— Papa, dit Élise en s’avançant. Arrête. S’il te plaît.— Ne te mêle pas de ça.— Je suis déjà mêlée. Nous sommes tous mêlés. Ces documents sont vrais, papa. Je les ai vus. Je les ai lus. La lettre de Vincent, je l’ai trouvée dans ton coffre. C’est toi qui la gardais.Armand se tourna vers sa fille, le visage déformé par la r

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