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CHAPITRE 310 – Le dîner des familles

Author: L'encre
last update publish date: 2026-09-28 12:08:36

Le manoir Fortier n’avait jamais été aussi lumineux. Catherine avait tenu à ouvrir toutes les fenêtres du rez-de-chaussée, à changer les rideaux de velours grenat pour des voilages plus légers, à garnir les vases de roses du jardin. La grande table de la salle à manger avait été dressée avec soin, la porcelaine de Limoges étincelait sous le lustre de cristal, et des bougies parfumées à la vanille flottaient dans des photophores en verre.

Ce dîner n’était pas un dîner ordinaire. Il célébrait sim
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    — Et tu es passé à travers, compléta Hélène en regardant son mari. Ne dis pas le contraire, Étienne, je le sais, tu me l’as raconté un soir où tu avais bu un verre de trop.— J’étais passé à travers le toit, avoua Étienne. J’avais atterri sur l’établi. J’avais un bleu gros comme un melon sur la cuisse.— Et moi, j’étais resté coincé sur le toit, ajouta Armand. Je ne pouvais plus descendre. Il a fallu appeler les pompiers.— Les pompiers ! s’exclama Élise. Vous avez appelé les pompiers ?— On n’avait pas le choix. J’étais bloqué à six mètres de haut, et lui, il gémissait sur son établi en se tenant la cuisse. Les pompiers ont mis une heure à nous sortir de là.— Et le lendemain, vous avez recommencé ? demanda Gabriel.— Bien sûr. On a réparé le toit. Enfin, on l’a fait réparer par un vrai couvreur. On avait compris la leçon.Toute la tablée riait maintenant. Des rires qui n’en finissaient plus, qui repartaient de plus belle chaque fois que quelqu’un ajoutait un détail, une précision, u

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    Le manoir Fortier n’avait jamais été aussi lumineux. Catherine avait tenu à ouvrir toutes les fenêtres du rez-de-chaussée, à changer les rideaux de velours grenat pour des voilages plus légers, à garnir les vases de roses du jardin. La grande table de la salle à manger avait été dressée avec soin, la porcelaine de Limoges étincelait sous le lustre de cristal, et des bougies parfumées à la vanille flottaient dans des photophores en verre.Ce dîner n’était pas un dîner ordinaire. Il célébrait simplement le fait d’être ensemble. Le fait que c’était désormais possible. Le fait que les Fortier et les Moreau pouvaient s’asseoir à la même table, partager le même pain, rire des mêmes histoires, sans que personne ne se crispe, sans que personne ne fuie.Élise et Gabriel étaient arrivés les premiers, main dans la main, comme toujours. Puis Étienne et Hélène, vêtus de leurs habits du dimanche, un bouquet de roses trémières à la main – les premières de la saison. Puis Rebecca, qui avait fait le t

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    Les applaudissements éclatèrent, chaleureux, nourris. Les deux hommes se serrèrent la main, et les flashes crépitèrent.Puis ce fut au tour des jeunes de prendre la parole. Gabriel s’avança, un peu intimidé, mais le regard déterminé.— Je suis le fils d’Étienne Moreau, dit-il. J’ai grandi dans l’ombre de cette histoire, sans vraiment la comprendre. Je savais que mon père avait souffert, mais je ne savais pas pourquoi. Aujourd’hui, je sais. Et aujourd’hui, je suis fier. Fier de mon père, fier de ma famille, fier de ce que nous sommes en train de construire.— Et moi, ajouta Élise en prenant la parole à son tour, je suis la fille d’Armand Fortier. J’ai grandi dans un manoir, à l’abri du besoin, mais pas à l’abri des secrets. Aujourd’hui, il n’y a plus de secrets. Il n’y a plus de honte. Il y a deux familles qui n’en font plus qu’une. Et cette fondation, c’est le symbole de cette union.Elle se tourna vers Gabriel, et ils échangèrent un sourire complice.— Nous avons un autre projet, dit

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    L’idée était née un soir, autour de la grande table du manoir, alors que les deux familles dînaient ensemble pour la troisième fois depuis la réconciliation. On parlait de l’avenir, des projets de chacun, de ce qui pouvait être construit maintenant que les murs étaient tombés. Et soudain, au milieu d’une conversation sur le garage de Gabriel, Armand avait posé sa fourchette, s’était tourné vers Étienne, et avait dit :— On devrait faire quelque chose. Ensemble. Toi et moi.— Quoi ? avait demandé Étienne, méfiant.— Quelque chose qui serve à d’autres. Qui répare, qui construise, qui donne une chance à ceux qui n’en ont pas.— Comme une fondation ?— Oui. Une fondation. Pour les jeunes qui veulent se lancer, qui ont du talent mais pas d’argent. Des bourses, des prêts, des formations. Quelque chose qui porte nos deux noms.Étienne était resté silencieux un long moment, les yeux fixés sur son assiette. Puis il avait relevé la tête, et il avait souri.— Fortier et Moreau. Associés.— Comme

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