Home / Romance / Aimer Sans Nom / CHAPITRE 346 – La cabane, cinquante ans plus tard

Share

CHAPITRE 346 – La cabane, cinquante ans plus tard

Author: L'encre
last update publish date: 2026-10-13 19:39:30

Le soir même, Armand appela Étienne pour lui annoncer la nouvelle. Les deux hommes parlèrent longuement, et quand ils raccrochèrent, ils ne dirent pas à leurs femmes ce qu’ils s’étaient dit. Mais le lendemain, ils allèrent ensemble au cimetière du village, sur la tombe du père d’Étienne, puis sur celle du père d’Armand, à Lyon. Et ils restèrent là, debout, silencieux, à regarder les noms gravés dans la pierre.

— C’est fini, dit enfin Armand.

— Oui. C’est fini.

— Il ne pourra plus jamais nous fa
Continue to read this book for free
Scan code to download App
Locked Chapter

Latest chapter

  • Aimer Sans Nom   CHAPITRE 347 – La cabane, cinquante ans plus tard

    Gabriel poussa la porte, s’effaça pour laisser entrer Élise. L’intérieur était propre, rangé. La vieille caisse en bois était toujours là, les bougies sur l’étagère, la couverture pliée dans un coin. Et sur le mur du fond, les initiales. E + G. Profondément gravées dans le bois. Patinées par le temps, noircies par la fumée des feux, mais toujours visibles, toujours vivantes.En dessous, d’autres inscriptions s’étaient ajoutées au fil des décennies. La date du mariage. Les prénoms des enfants. Des petits messages, des dates anniversaires, des cœurs maladroits. Toute une histoire gravée dans le bois, comme un livre ouvert.Élise s’approcha du mur, passa ses doigts noueux sur les lettres. Ses mains tremblaient un peu, mais son geste était sûr, presque tendre, comme une caresse.— Tu te souviens du jour où on les a gravées ? demanda-t-elle.— Si je m’en souviens ? J’avais mon vieil Opinel, celui qui ne coupait plus rien. Tu avais peur d’abîmer la lame.— Toi, tu avais les mains qui trembl

  • Aimer Sans Nom   CHAPITRE 346 – La cabane, cinquante ans plus tard

    Le soir même, Armand appela Étienne pour lui annoncer la nouvelle. Les deux hommes parlèrent longuement, et quand ils raccrochèrent, ils ne dirent pas à leurs femmes ce qu’ils s’étaient dit. Mais le lendemain, ils allèrent ensemble au cimetière du village, sur la tombe du père d’Étienne, puis sur celle du père d’Armand, à Lyon. Et ils restèrent là, debout, silencieux, à regarder les noms gravés dans la pierre.— C’est fini, dit enfin Armand.— Oui. C’est fini.— Il ne pourra plus jamais nous faire de mal.— Il ne pouvait déjà plus. Depuis longtemps.— Mais maintenant, c’est définitif.— Oui. Définitif.Ils ne dirent rien de plus. Ils n’avaient pas besoin d’en dire davantage. Ils se serrèrent la main, remontèrent dans la voiture, et reprirent la route du village.Le temps continua de passer, et l’ombre de Vincent Delorme s’estompa peu à peu, comme un mauvais souvenir qu’on finit par oublier. Élise et Gabriel vieillirent ensemble, main dans la main, comme ils l’avaient promis. Ils connu

  • Aimer Sans Nom   CHAPITRE 345 – La vie qui continue

    Les années passèrent, douces et tranquilles, comme une rivière qui a traversé des rapides et qui s’étale enfin dans la plaine. La maison en pierre, celle qu’Élise et Gabriel avaient retapée de leurs mains, s’était agrandie pour accueillir un deuxième enfant – une petite fille, cette fois, prénommée Catherine Hélène, en hommage à ses deux grands-mères. Elle avait les yeux gris de son père et le sourire lumineux de sa mère, et elle courait dans le jardin avec son frère aîné, Armand Étienne, qui lui apprenait à grimper aux arbres et à démonter les moteurs.Le garage de Gabriel était devenu l’un des plus réputés de la région. Il employait désormais une dizaine de mécaniciens, formait des apprentis venus de toute la France, et continuait d’accueillir Armand, qui passait chaque semaine, les manches retroussées, pour mettre les mains dans le cambouis. « Ça me garde jeune », disait-il. Et c’était vrai. À soixante-dix ans passés, il n’avait jamais paru aussi heureux.La galerie d’Élise, elle a

  • Aimer Sans Nom   CHAPITRE 344 – Le baptême

    Cette fois, ce fut Rebecca qui sursauta. Elle était assise au deuxième rang, un peu en retrait, comme toujours, persuadée qu’on ne la remarquerait pas. Mais Élise l’avait repérée, évidemment.— Moi ? dit-elle en se levant. Vous êtes sûrs ?— Sûrs, répondit Gabriel. Qui d’autre que toi ? Tu as été notre gardienne, notre boussole, notre guerrière. Tu as failli y laisser la vie pour que ce petit puisse naître dans un monde en paix. Tu es la sœur que nous n’avons jamais eue. Tu seras la marraine de notre fils.Rebecca s’avança, les yeux brillants, et prit le bébé dans ses bras à son tour.— Bonjour, mon petit bonhomme, murmura-t-elle. Je ne sais pas trop ce qu’on attend d’une marraine, mais je ferai de mon mieux. Je te raconterai des histoires, je t’apprendrai des langues étrangères, je t’emmènerai à Paris voir des expositions. Et surtout, je te dirai toujours la vérité. Parce que la vérité, c’est ce qu’il y a de plus précieux au monde. Tes parents me l’ont appris.La cérémonie se poursui

  • Aimer Sans Nom   CHAPITRE 343 – Le baptême

    La chambre se remplit de rires, de larmes, de murmures tendres. Les heures passèrent, douces, paisibles, et quand le soir tomba, quand les grands-parents furent repartis, quand Rebecca fut allée se reposer à l’hôtel, Gabriel et Élise restèrent seuls avec leur fils.— Armand Étienne, murmura Élise en caressant la joue du bébé. Tu as de beaux noms à porter.— Des noms lourds, dit Gabriel. Mais des noms qui ont été lavés. Réhabilités. Réconciliés.— Il saura tout, plus tard.— Oui. Il saura tout. Et il en sera fier.— Comme nous sommes fiers de lui.— Et de nous.— Et de tout ce qu’on a construit.Le bébé s’endormit, paisible, contre le sein de sa mère. Dehors, la nuit était douce, et les premières étoiles brillaient au-dessus de la maternité. La vie continuait. Une vie nouvelle commençait. Une vie qui portait en elle les prénoms de deux hommes réconciliés, l’amour de deux familles unies, et l’espoir de générations à venir. Une vie qui était la preuve que rien n’est jamais perdu, que tou

  • Aimer Sans Nom   CHAPITRE 342 – L’enfant

    Et à l’aube, dans une chambre baignée de lumière dorée, un cri s’éleva, clair, puissant, magnifique. La sage-femme posa le bébé sur la poitrine d’Élise, et le monde s’arrêta.— C’est un garçon, dit-elle.— Un garçon, répéta Gabriel, incrédule, émerveillé. On a un fils.— Il est beau, murmura Élise. Il est si beau.— Comme sa mère.— Et comme son père.Ils le regardèrent, longtemps, silencieux, unis dans ce moment qui n’appartenait qu’à eux. Puis Gabriel sortit de la chambre, alla chercher les grands-parents qui attendaient dans le couloir, anxieux, impatients.— Venez, dit-il simplement. Venez le voir.Les grands-parents entrèrent un par un, sur la pointe des pieds, comme on entre dans un sanctuaire. Catherine pleurait sans retenue, Hélène souriait de ce sourire lumineux qu’elle avait toujours, Armand et Étienne se tenaient côte à côte, silencieux, émus, incapables de prononcer un mot. Rebecca, qui avait pris le premier train depuis Paris dès qu’elle avait appris la nouvelle, était ar

More Chapters
Explore and read good novels for free
Free access to a vast number of good novels on GoodNovel app. Download the books you like and read anywhere & anytime.
Read books for free on the app
SCAN CODE TO READ ON APP
DMCA.com Protection Status