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Chapitre 3

Je le regarde interloquée, il me veut moi je ne sais quoi dire. 

-   Je ne sais pas ce que tu m’as fais mais je n’ai de cesse de penser à toi…

La montre suspendue au mur attire soudain mon attention, 20h. Bordel, j’ai pas vu le temps passer.

-   Faut que je rentre lui dis-je 

Il me regarde perdu et me demande si j’ai entendu ce qu'il vient de me dire.

-   Oui je t’ai entendu mais là faut vraiment que je rentre, il se fait tard et ma mère va s’énerver

-   D’accord, je te raccompagne

-   Non je prendrai un taxi

-   Hors de question je t’ai demandé de venir jusqu’ici alors je te raccompagne. Il se lève donc va régler l’addition et nous sortons. 

Je m’étais attendu à ce qu’il nous stoppe un taxi, mais au lieu de ça il me conduit vers une voiture et me tient la portière et monte ensuite. Une fois dans l’habitacle étroit je frissonne à cause de cette nouvelle proximité.

-   Tu as froid ? Me demande t’il .

Je dis oui de la tête comment lui dire que c’est le fait de me retrouver dans ce minuscule espace avec lui qui me fait frissonner. Il allume le chauffage et démarre en silence. Alors je perds mon regard au loin je me mets à regarder Yaoundé qui est magnifique dans la nuit je ne peux m’empêcher de sourire et graver chaque détail dans ma tête. Quand aurais-je encore l’occasion de voir ça ? 

Il prend ma main je me tourne vers lui le regarde 

-  À quoi penses-tu ? Me demande-t-il

-   À rien je me dis juste que cet endroit est magnifique

-   Tu as raison me dit-il sauf que c’est pas ce qui nous entoure qu’il regarde c’est moi… Vraiment magnifique répète t’il. Je baisse la tête gênée et je l’entends sourire. Nous continuons à rouler une fois prêts du lycée je lui demande de se garer je vais continuer à pied je veux surtout pas que maman le voit du moins pas encore.

-   J’ai passé un agréable moment avec toi me dit-il. Je décide donc de lui dire la vérité parce que moi aussi j’ai adoré ce moment passé ensemble

-   Moi aussi. Il pose sa main sur ma joue et commence à me la caresser, j’en frissonne.

-    Je n’ai vraiment pas envie que tu t’en ailles. Je veux lui répondre mais il pose un doigt sur mes lèvres. Mais… je n’ai pas non plus envie que tu aies des problèmes par ma faute. Il s’approche de moi jusqu’à frôler mon visage je me tasse dans mon fauteuil, les battements de mon cœur s’accélèrent, je retiens mon souffle .

-  Tu as peur de moi ? Il me sourit, se mord la lèvre. 

C’est moi, où j’étouffe vraiment dans cette voiture ? Et j’ai soudain très très chaud. Il s’avance encore jusqu’à ce que nos nez se collent soudain j’entends la portière s’ouvrir, il me fait un bisou sur le front et murmure tout près de mon oreille. 

- Vas t’en avant que je ne fasse une bêtise. 

Je descends donc de la voiture, toute retournée, je m’avance il est toujours là à me regarder partir, je me retourne et lui dis au revoir de la main, il me répond en faisant jouer ses phares je me retourne et m’en vais définitivement chez moi. Arrivée chez moi, je trouve ma mère assise sur la véranda, dernièrement je la trouve changée elle semble soucieuse ma mère et moi avons toujours été très proches étant les deux femmes de la maison cela nous a toujours rapprochées. Je m’approche et m'assois près d’elle 

-  Bonsoir mamoune luis dis-je en me couchant sur ses genoux.

Elle me prend dans ses bras et me fait une bise sur le front.

-  Tu as tardé, j'étais inquiète. Elle me caresse les cheveux. Tu as passé une bonne soirée ? 

Je baisse la tête pour ne pas qu’elle voit mes yeux je secoue timidement la tête pour lui dire oui. Elle me redresse et me regarde en souriant.

-   Tu as tellement grandi, regardes toi tu es tellement belle je suis tellement fière de toi. Alors dis moi qui est ce jeune homme ?

-   De quoi tu parles mamoune ? Elle me pousse gentiment la tête .

-   Tu crois que parce que je suis vieille je ne comprends plus rien ? J’ai eu ton âge… je suis passée par là alors je sais je te vois changer, ton regard qui s’illumine depuis quelque temps. Il y’a un garçon derrière tout ça.

-   Tu n’es pas fâchée ?

-   Mais non ça devait bien arriver un jour ou l’autre. Alors tout ce que je peux faire maintenant c’est te conseiller. Alors comment s’appelle t’il ?

-   Raphaël maman.

-   Humm Raphaël donc… il doit être spécial pour te faire autant d’effet ce jeune homme dis moi. Je sais que tu n’as jamais laissé personne t’approcher alors… Elle lève les deux mains au ciel et nous nous mettons à rire. Elle me reprend dans ses bras et me dit

-   Si ce jeune homme te fait te sentir bien je suis contente pour toi ma chérie. Promets juste de faire attention à toi. Ne laisses jamais aucun homme te changer. 

Elle me dit ça avec une sorte de regret dans la voix. Je la regarde qui essuie furtivement une larme. 

-   Mamoune tu me promets que si il y’avait un problème tu m’en parlerais n’est-ce pas ?

-   Bien sûr ma chérie ne t’en fais pas ça va. Tu as mangé ?

-   Oui oui ne t’en fais pas mamoune

-   D’accord. Vas te coucher j’arrive.

Je me lève donc et me dirige vers la chambre. Je trouve les gars couchés les uns sur les autres je secoue la tête en souriant je les repositionne ensuite j’étale mais natte au sol et me couche. Je m’endors en pensant à lui. 

Le lendemain matin, nous sommes tous assis sur la terrasse en train de cuisiner la sauce d’arachide avec du riz, on discute de tout et de rien. Et puis on parle du coronavirus qui commence à prendre de l’ampleur et des choses insolites que font les gens pour ne pas le contracter puis Aurélien mon cadet me lance

-  Kim tu vas attraper le corona et quand tu vas mourir une minute plus tard on trouvera le vaccin. Nous éclatons tous de rire même mamoune est morte de rire. Je ramasse un caillou par terre et le jette sur la tête de Aurélien en rigolant

-   Maman, tu entends les choses qu’il me dit ?

-  Aurélien ne dérange plus ta sœur ein. Elle le dit mais je vois bien qu’elle ne pense pas un mot de ce qu’elle dit elle est morte de rire. 

Nous continuons à blaguer quand tout à coup grand -mère arrive. Mes petits frères cours vers elle l'embrasser et moi je me lève pour lui faire un câlin. Ma mère aussi se lève pour la saluer

-   Gertrude, tu vois comment ta fille devient de plus en plus belle ? Ma mère se tourne vers moi en souriant, puis elle lui répond. Elle prend un paquet et me le remet je l’ouvre et y trouve une très belle paire de babouches je lui souris et murmure un merci elle me sourit en retour.

-   Oui ma’a le premier fruit est toujours le plus beaux. Elles se mettent à rire et moi je retourne m’asseoir gênée.

-   Kim il y’a la viande que je vous ai gardé dans le plastique ci prends ça tu prépares et comme je vois que vous faites la sauce d’arachide là tu vas mettre ça dedans.

-   Merci ma’a lui dis ma mère on avait même rien à mettre dedans.

-    C’est la viande qui est restée quand je cuisinais donc j’ai gardé ça pour vous.

-    Merci mami lui disons nous en cœur mes frères et moi. 

Je retourne donc à l’intérieur mettre la viande sur le réchaud. Ensuite je ressors pour rejoindre les autres.

-   Kim, m’appelle ma grand-mère. Tes examens sont pour quand ?

-   Dans quatre mois grand-mère.

-   Tu étudies bien j’espère ?

-   Oui oui ne t’en fais pas pour ça, lui répond ma mère, elle ne ramène que de bonnes notes, première de la classe si elle ne réussit pas le baccalauréat c’est seulement qu’on l’a gâté au village.

Nous éclatons de rire et parlons d’autre chose. Une fois le repas prêt, nous nous servons et mangeons tous sur la véranda. Une fois le repas achevé, nous discutons encore un peu et ensuite nous allons raccompagner grand-mère. Dimanche nous faisons nos devoirs et apprêtons nos effets pour lundi. Le week-end s’écoule. Une semaine entière passe et pas un seul sms de sa part, j’ai envie de lui écrire mais je me retiens, il va croire que je lui cours après. Mais pourquoi il ne m’écrit pas ? Il avait l’air sérieux, il me disait de si belles choses au fond de moi je savais que je n’aurais pas dû y croire mais je l’ai fait j’ai même commencé à imaginer des choses mais bon la réalité est bien dure.

Lundi matin début d’une nouvelle semaine toujours pas de nouvelles de lui. Je retrouve Lorie pour aller à l'école, nous ne nous sommes pas vues depuis elle a pris une permission pour aller à Douala du coup on a beaucoup à se dire. Elle me raconte qu’elle est allée à Douala voir son frère Georges c’était trop bien dit elle. Je souris contente pour elle.

-   Je t’ai ramené quelque chose me dit-elle

-   Merci mais tu n’aurais pas dû

-   Bof une robe... Alors comment a été ton week-end ? Je ne me suis toujours pas décidé à lui parler de Raphaël en plus maintenant que celui-ci ne fait plus signe ça ne sert à rien.

-   Rien que la routine tu connais déjà. 

Elle lève les épaules et nous continuons à avancer. 16:30 sonne la fin des cours nous rentrons toutes les deux en parlant de ce qui s’est passé à l’école et de l’examen qui approche. Nous repassons à l’endroit où il se trouve toujours depuis une semaine je croise les doigts pour qu’il y soit. Cette fois on dirait que Dieu ne m’entends pas parce qu’il n’est pas là. Je suis énormément déçue, mais avec Lorie à côté je continue de sourire comme si de rien était. J’arrive à la maison me change et je vais chercher mon téléphone j’y remarque un message mon cœur s’arrête quand je vois le nom affiché à l’écran. 

Raphaël. 

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