ログインCassian et moi avons longuement discuté du choix du parrain. Nous aurions pu choisir un noble influent, un allié politique, un roi étranger. Mais nous avons choisi Kael. Parce qu'il est de la famille. Parce qu'il a changé. Parce que nous voulons que Caelan grandisse entouré d'amour, pas de politique.Le prêtre prend de l'eau bénite, et il la verse doucement sur le front de Caelan. L'enfant s'agite un peu, mais il ne pleure pas. Il ouvre les yeux, et son regard croise celui du prêtre.— Caelan, je te baptise au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Que cette eau lave tes péchés, et que tu entres dans la communauté des croyants comme un être pur et innocent.Il trace un signe sur le front du bébé avec de l'huile sainte, puis il se tourne vers l'assemblée.— Que tous ceux qui sont ici présents s'engagent à protéger cet enfant, à le guider sur le chemin de la vertu, à lui enseigner l'amour et la justice.— Nous nous y engageons,
Je regarde mon fils, et je pleure. Je ne retiens pas mes larmes, je ne cherche pas à les cacher. Je pleure de joie, de soulagement, de gratitude. Moi, le roi, le guerrier, le tyran repenti, je pleure comme un enfant devant le miracle de la vie.Kael entre dans la chambre, et il s'approche du lit.— Alors ? dit-il. C'est un garçon ?— Un garçon, je confirme. Caelan.— Caelan, répète-t-il. Un beau nom.Il regarde l'enfant, et je vois une émotion profonde dans ses yeux. Une émotion qui ressemble à de la tendresse, à de la fierté, à de l'amour.— Je suis fier de toi, petit frère, dit-il.— Je suis fier de nous, je réponds.Cette nuit-là, je reste au chevet d'Aelys, mon fils dans les bras. Elle dort, épuisée, et je veille sur eux, sur ma femme et mon enfant, sur ma famille. La lune éclaire la chambre d'une lumière argentée, et je regarde mon fils respirer, ses petits poumons se gonflant et se dégonflant dan
Mais c'est vrai. Chaque nuit de travail se termine ainsi, dans ses bras, dans son lit, dans son amour. Les réformes avancent, le royaume change, et notre amour grandit, s'approfondit, se renforce.Nous abolissons les châtiments corporels pour les dettes. Nous créons des tribunaux indépendants. Nous instaurons des lois pour protéger les femmes et les enfants. Chaque réforme est une bataille, mais chaque bataille est une victoire, parce que nous les menons ensemble.Et chaque nuit, après les discussions, les négociations, les compromis, nous nous retrouvons dans notre chambre, et nous faisons l'amour comme si c'était la première fois, comme si c'était la dernière fois, comme si chaque étreinte était un serment renouvelé.CassianLe palais est silencieux. Trop silencieux.Cela fait des heures qu'Aelys est en travail, et je suis dans le couloir, devant la porte de la chambre, incapable de rester en place. Je marche de long en l
Kael s'approche, et il pose une main sur nos épaules jointes.— Je suis témoin, dit-il. Témoin de ce serment d'amour, qui vaut bien plus que tous les serments de sang du monde.Nous restons ainsi un long moment, tous les trois, unis dans cette salle du trône qui a vu tant de serments prononcés, tant de chaînes forgées, tant de vies brisées. Pour la première fois, cette salle est témoin d'une libération. Une libération qui n'est pas une défaite, mais une victoire. La plus grande victoire qui soit.Ce soir-là, dans notre chambre, Cassian est différent. Il est plus tendre, plus doux, plus vulnérable. Il me déshabille lentement, ses doigts caressant ma peau comme s'il me découvrait pour la première fois.— Tu es libre, murmure-t-il contre mon cou. Libre de faire tout ce que tu veux.— Et ce que je veux, dis-je, c'est toi.— Alors prends-moi. Je suis à toi.Je le renverse sur le lit, et c'est moi qui prends l'initia
Et dans le tintement des coupes qui s'entrechoquent, j'entends le son de la paix. La paix entre les frères, la paix dans le royaume, la paix dans nos cœurs.Plus tard, quand nous regagnons notre chambre, Aelys se blottit contre moi.— Tu es heureux ? me demande-t-elle.— Oui. Plus que je ne l'ai jamais été.— Moi aussi. Voir Kael comme ça, apaisé, réconcilié... c'est un miracle.— C'est toi qui as rendu ce miracle possible. Sans toi, il serait encore en train d'errer, et je serais encore en train de le haïr.Elle lève la tête vers moi, et ses yeux brillent dans la pénombre.— Je ne suis qu'un catalyseur, dit-elle. La volonté de changer, elle était en vous depuis le début. Vous aviez juste besoin de quelqu'un pour vous le montrer.— Et cette personne, c'est toi.Je l'embrasse, et son baiser est doux, tendre, plein d'amour. Cette nuit-là, nous nous aimons lentement, langoureusement, comme si nou
CassianLe dîner que nous partageons avec Kael est le premier de beaucoup d'autres. Les jours suivants, nous prenons l'habitude de nous retrouver tous les trois, le soir, dans la petite salle à manger privée qui donne sur les jardins. C'est devenu un rituel, un moment sacré que rien ne vient troubler. Pas de conseillers, pas de serviteurs, pas de courtisans. Juste nous trois.Ce soir-là, Kael a apporté une bouteille de vin du Nord, un vin blanc léger qu'il a découvert pendant son voyage. Il nous en verse à chacun une coupe, et nous trinquons.— À la famille, dit-il.— À la famille, répétons-nous en chœur, Aelys et moi.Le vin est frais, fruité, délicieux. Je m'adosse à ma chaise, et je regarde mon frère. Il a repris des couleurs depuis son retour. Ses joues sont moins creuses, ses yeux moins cernés, son sourire plus franc. Il ressemble de plus en plus au garçon que j'ai connu dans notre enfance, avant que notre père ne nous dres







