登入Et puis, je vois l'ouverture.Un instant de déséquilibre, une garde qui s'abaisse, une faiblesse dans sa défense. Je plonge mon épée dans sa poitrine, et je sens la lame s'enfoncer dans sa chair, traverser ses côtes, atteindre son cœur. Il me regarde, les yeux écarquillés, incrédules, et il ouvre la bouche comme pour dire quelque chose. Mais aucun son ne sort. Juste un filet de sang qui coule de ses lèvres, et son corps qui s'effondre sur le sol.— Le roi est mort ! crié-je. Le roi est mort ! Victoire !Un cri immense s'élève de mon armée, un cri de triomphe, de soulagement, de joie. Les soldats de Valdrak hésitent, regardent leur roi tombé, et la panique commence à se répandre dans leurs rangs. Les premiers fuyards s'écartent de la mêlée, puis d'autres, puis toute l'armée ennemie qui se désagrège comme un château de sable balayé par la marée.Nous avons gagné. Nous avons gagné.Et c'est à ce moment-là que je sens la douleur.
CassianLa plaine de Karhen s'étend devant nous, immense et désolée, couverte d'une herbe rase que le vent couche vers l'est. C'est ici que nous avons choisi de livrer bataille, sur ce terrain plat qui ne favorise ni l'attaquant ni le défenseur, sous un ciel bas et gris qui semble peser sur nos épaules comme un linceul. L'armée de Valdrak est déployée face à nous, une marée d'acier et de bannières noires qui s'étend à perte de vue. Vingt mille hommes, peut-être plus, alignés en formations serrées, leurs lances pointées vers le ciel, leurs boucliers formant un mur impénétrable.Je suis à cheval, au sommet d'une petite colline qui surplombe le champ de bataille. Kael est à ma droite, son casque sous le bras, ses cheveux blonds fouettés par le vent. Mon armée est derrière nous, dix mille hommes que j'ai rassemblés en quelques semaines, des soldats aguerris, des paysans armés à la hâte, des mercenaires engagés à prix d'or. Dix mille hommes qui ont peur, qui d
AelysL'aube se lève sur le dernier jour, un aube grise et froide qui semble porter le deuil de ce qui va suivre. Je me tiens dans la cour du palais, entourée de mes enfants, de mes serviteurs, de mes conseillers, et je regarde l'armée qui se prépare à partir. Des milliers d'hommes en armes, des chevaux qui piaffent, des bannières qui claquent dans le vent du matin. Et au milieu d'eux, Cassian et Kael, côte à côte, leurs armures brillant sous les premiers rayons du soleil.Mes filles sont trop jeunes pour comprendre ce qui se passe. Elles s'accrochent à ma robe, pleurant parce qu'elles sentent la tension dans l'air, parce qu'elles voient leur père en armure et qu'elles ne comprennent pas pourquoi il part. Mais Caelan, lui, comprend. Il a sept ans maintenant, et il sait ce qu'est la guerre. Il sait que son père va se battre, qu'il va risquer sa vie, qu'il pourrait ne pas revenir.Il se tient droit, les épaules carrées, le visage grave. Il ressembl
Elle lève les yeux vers moi, et je vois dans son regard une lueur de défi, une étincelle de cette force indomptable qui m'a fait l'aimer dès le premier jour.— Alors je te fais un serment aussi, dit-elle. Si tu ne reviens pas, je viendrai te chercher. Je traverserai les champs de bataille, je franchirai les lignes ennemies, je descendrai dans les enfers s'il le faut. Mais je te retrouverai. Où que tu sois. Quoi qu'il arrive.Je la prends dans mes bras, et je la serre contre moi, fort, très fort, comme si je voulais graver la sensation de son corps dans ma mémoire, comme si je voulais emporter avec moi la chaleur de sa peau, le parfum de ses cheveux, le battement de son cœur.Cette nuit-là, notre amour est désespéré. Il n'y a plus de douceur, plus de tendresse, plus de lenteur. Il y a l'urgence, la passion, la peur de se perdre. Nous nous aimons comme si c'était la dernière fois, comme si chaque baiser était un adieu, comme si chaque caresse était un s
CassianLa nouvelle arrive par un matin gris, portée par un cavalier couvert de poussière et de sueur qui s'effondre dans la cour du palais avant même d'avoir mis pied à terre. Les gardes le relèvent, le soutiennent, et je le reçois dans la salle du trône, le cœur déjà lourd d'un pressentiment que je ne veux pas nommer. Aelys est à mes côtés, sa main posée sur mon avant-bras, ses doigts froids contre ma peau. Elle ressent la même chose que moi. Elle sait, avant même que les mots ne soient prononcés, que notre paix vient de voler en éclats.L'homme s'agenouille devant moi, les vêtements déchirés, le visage marqué par la fatigue et la peur. C'est un messager de la frontière orientale, un soldat que j'ai moi-même nommé à ce poste il y a des années, un homme loyal et courageux. S'il est ici, c'est que la situation est grave.— Parle, dis-je, et ma voix résonne dans la salle silencieuse.Il lève les yeux vers moi, et je vois dans son regard t
Les jours se ressemblent, mais ils ne sont jamais ennuyeux. Chaque jour apporte son lot de petites joies, de petits défis, de petits miracles.Le matin, je donne à Caelan sa première leçon. Il apprend à lire, à écrire, à compter. Il est intelligent, vif, curieux de tout. Il pose des questions sans fin, et j'essaie de répondre à toutes, même quand je ne connais pas la réponse.— Maman, pourquoi le ciel est bleu ?— Parce que la lumière du soleil se reflète dans l'atmosphère.— C'est quoi, l'atmosphère ?— C'est la couche d'air qui entoure la Terre.— Et pourquoi l'air, on le voit pas ?— Parce qu'il est transparent.— C'est quoi, transparent ?Et ainsi de suite, jusqu'à ce que je sois à court de réponses et que je lui dise d'aller demander à son père. Cassian, lui, répond toujours avec des histoires de dieux et de magie, et Caelan l'écoute, fasciné, les yeux grands ouverts.L'après-mid







