LOGINJe repose les documents.
— Et en échange ?
— La vie. Pour moi. Pour ma famille. Et une place, même modeste, dans votre organisation.
— Vous voulez travailler pour moi ?
— Je veux survivre, Moretti-san. Et je suis prêt à servir pour ça.
Je le regarde. Dans ses yeux, je vois la peur, oui. Mais aussi autre chose. Du respect. Presque de l'admiration.
— Pourquoi je devrais accepte
Dante reste.La porte se referme sur les deux autres. Nous sommes seuls dans le bureau, séparés par quelques mètres et un océan de non-dits.— Lilith...— Ne dis rien, Dante. Pas maintenant. Tu m'as donné ton avis. C'était le plus honnête des trois. Le plus douloureux aussi.— Je suis désolé. Je ne voulais pas...— Je sais. Tu ne voulais pas m'influencer. Mais tu l'as fait. Par ton silence autant que par tes mots.Il baisse la tête.— Je suis désolé, répète-t-il.— Ne le sois pas. C'est exactement ce dont j'avais besoin.Je traverse la pièce, m'arrête devant lui. Je pose ma main sur sa joue. Sa barbe naissante pique ma paume. Sa peau est chaude. Vivante. Humaine.— Je ne sais pas encore ce que je vais décider, dis-je. Mais je sais une chose. Quo
Elle pose sa tablette sur le rebord de la fenêtre avec une lenteur calculée. La lumière de l'écran s'éteint, plongeant son visage dans la pénombre. Seuls les éclairs l'illuminent par intermittence.— Alexei Volkov est ambitieux. Très ambitieux. Ce n'est pas une critique. L'ambition est une qualité dans notre monde. Mais la sienne est d'une nature particulière. Il a tué son père, Dmitri. Pas dans un moment de colère ou de légitime défense. Il a planifié sa mort pendant des mois. Il a retourné ses hommes, un par un, patiemment, méthodiquement. Il a attendu le moment parfait. Et quand ce moment est venu, il n'a pas hésité une seconde.Elle fait une pause, laisse ses mots s'installer.— En moins d'un an, il a éliminé tous ses rivaux au sein de la famille Volkov. Ceux qui auraient pu contest
LilithJe les réunis dans mon bureau à la nuit tombée, quand le manoir est silencieux et que même les gardes marchent sur la pointe des pieds.L'orage gronde au loin, des éclairs déchirent le ciel par intermittence, projetant des ombres mouvantes sur les murs couverts de livres anciens. Mon père aimait cette pièce. Il y a passé des heures à tisser ses toiles, à planifier ses trahisons, à construire l'empire que j'ai hérité. Parfois, je sens encore sa présence. Un parfum de cigare. Le craquement de son fauteuil en cuir. Le poids de son regard désapprobateur.Ce soir, je chasse ces fantômes. Ce soir, je construis mon propre empire.Marco est assis dans le fauteuil face à moi, les bras croisés si fort que les jointures de ses doigts blanchissent. Son visage est un masque de pierre, mais je connais chaque fissure. Je
Il se lève. Il pose une main sur mon épaule.— Je t'aimerai toujours, Lilith. Mais je sais que tu ne m'aimeras jamais comme je le voudrais. Et j'ai accepté. Parce que je préfère t'avoir comme amie que de ne pas t'avoir du tout.— Marco...— Ne dis rien. Juste... sois heureuse. C'est tout ce que je demande.Il sort. Je reste seule, ses mots résonnant en moi.---Le lendemain, je convoque Alexei.Il arrive en fin d'après-midi, toujours impeccable, toujours calme. Je le reçois dans mon bureau. Vittoria est présente, comme toujours. Dante est là aussi, debout près de la fenêtre.— Alexei, dis-je. J'ai réfléchi à votre proposition.— Et ?— C'est une offre exceptionnelle. Stratégiquement, ce serait la meilleure décision pour nos deux empires.&mda
Je me retourne. Je le regarde. Il est beau, intelligent, puissant. Il serait un allié formidable. Un mari acceptable.Mais il n'est pas Dante.— Je dois réfléchir, dis-je.— Bien sûr. Prenez tout le temps qu'il vous faut.Il se lève. Il s'approche de moi, s'arrête à une distance respectueuse.— Je ne vous demande pas de m'aimer, Lilith. Je vous demande de régner avec moi. L'amour viendra peut-être. Ou pas. Mais le respect, lui, est déjà là.Il s'incline. Il sort.La porte se referme. Vittoria se lève.— Je te laisse, dit-elle. On en parlera plus tard.Elle sort aussi. Dante et moi restons seuls.— Alors ? dit-il. Qu'est-ce que tu vas faire ?Sa voix est calme, trop calme. Je connais cette voix. C'est celle qu'il prend quand il cache ses sentiments.— Je ne sais pas
Je repose les documents.— Et en échange ?— La vie. Pour moi. Pour ma famille. Et une place, même modeste, dans votre organisation.— Vous voulez travailler pour moi ?— Je veux survivre, Moretti-san. Et je suis prêt à servir pour ça.Je le regarde. Dans ses yeux, je vois la peur, oui. Mais aussi autre chose. Du respect. Presque de l'admiration.— Pourquoi je devrais accepter ? dis-je. Vous m'avez trahie une fois. Vous pourriez le refaire.— Parce que vous m'avez vaincu. Parce que vous êtes la plus forte. Et que dans notre monde, on sert les plus forts.Il marque une pause.— Et parce que je sais reconnaître mes erreurs. Je ne vous trahirai plus jamais. Je vous le jure sur la vie de mes enfants.Le silence. Vittoria me regarde, impassible. Dante attend près de la porte, prêt à intervenir.
Je devrais être en colère. Peut-être que je le serai plus tard. Pour l'instant, il n'y a qu'une lassitude immense et, en dessous, quelque chose qui ressemble à un feu qui couve. Le pouvoir en moi s'agite, réagit à mes émotions comme une bête qu'on réveille.— Laisse-moi seule, dis-je à Marco.— Lil
Le néant le dévore. Pas comme une émotion. Pas comme une absorption. Comme une annihilation pure et simple. Il se désagrège, particule par particule, cri par cri, jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien de lui.Les autres mangeurs, ceux q
LilithKael s'approche. Il prend sa main. Je prends l'autre.Nous formons une chaîne. Trois anomalies. Trois solitudes qui apprennent à ne plus l'être.— Ferme les yeux, dit Kael doucement. Et souviens-toi. Pas du chagrin. Pas des larmes. Souviens-toi d'avant. De quand tu ne pleurais pas encore. De
LilithC'est terrible.C'est une architecture si complexe, si finement tissée, que des générations de douleur y ont travaillé sans le savoir. Chaque larme est une pierre. Chaque sanglot est une voûte. Chaque nuit de pleurs est un pilier.Perle a construit une cathédrale avec son chagrin.Et mainten







