Home / Romance / BAISE-MOI 3 / CHAPITRE 109 : LA LONGUE HEURE 2

Share

CHAPITRE 109 : LA LONGUE HEURE 2

Author: Déesse
last update Last Updated: 2026-01-08 03:51:15

Dimitri

Je passe, laissant derrière moi le silence retrouvé, plus tendu que le premier. La porte de chêne lourd se referme, isolant du monde.

Ici, c’est mon autre royaume. Lignes droites, perspectives claires, tout sous contrôle. La ville s’étale derrière la vitre, un jeu de construction étincelant sous le soleil. Pourtant, aujourd’hui, mon esprit n’est pas tout à fait ici. Une partie de moi est restée dans la pénombre d’une maison, à observer les silences d’une autre.

Elena entre, tablette en main, bouclier d’efficacité.

— J’ai hiérarchisé les dossiers. La filiale Asie présente des écarts. L’audit…

— Mettez de côté tout ce qui peut attendre.

Ses doigts, qui volaient sur l’écran, s’immobilisent une fraction de seconde.

— L’intégralité ?

— L’intégralité. Je serai absent cet après-midi.

Elle hoche la tête, absorbant l’information sans un cillement. Elle ne questionne jamais. Une qualité inestimable.

— Les engagements de demain ?

— Maintenus. Mais libérez ma soirée. À partir de dix-huit
Continue to read this book for free
Scan code to download App
Locked Chapter

Latest chapter

  • BAISE-MOI 3   CHAPITRE 114 : L'ORAGE

    Diane— Je n’ai fait que ce que tu attendais de moi.— Non. Tu as fait plus. Tu as compris les règles. Tu as joué avec elles.Il avance d’un pas vers la maison. Je le suis, mes talons s’enfonçant dans le gravier avec un bruit de craquement qui semble démesurément fort. La grande porte s’ouvre devant nous, avalant l’obscurité du hall.Une fois à l’intérieur, l’atmosphère change encore. La maison n’est plus la prison silencieuse du matin. Elle est devenue le théâtre privé où la dernière scène de la nuit va se jouer. L’air est immobile, chargé des souvenirs de la journée et des promesses menaçantes du retour.Il laisse tomber ses clés sur un plateau d’argent. Le bruit métallique résonne.— Viens, dit-il simplement, sans se retourner.Il ne monte pas l’escalier. Il se dirige vers les grandes portes-fenêtres du salon qui donnent sur le parc. Il les ouvre. Un souffle d’air nocturne, chargé de l’odeur de la terre humide et des feuilles, envahit la pièce.— On ne monte pas ? La question m’éch

  • BAISE-MOI 3   CHAPITRE 113 : LES LUMIÈRES 3

    DianeElle ne touche presque pas à son assiette. Elle boit une gorgée du bourgogne sombre que j’ai choisi pour elle. Ses doigts tremblent imperceptiblement sur la tige du verre. Elle fixe la salle, et je sais qu’elle évalue chaque issue, chaque visage qui pourrait être un allié, chaque fenêtre, chaque porte. Et qu’elle constate, une à une, leur fermeture hermétique, scellée par l’image que nous projetons.C’est alors que Laroche se lève. Il a un peu trop bu, son visage est empourpré, ses yeux brillent d’une insistance malsaine. Il se dirige vers notre table, ignorant le regard d’avertissement de son voisin.— Dimitri ! Mon cher, quelle surprise ! On ne vous voit plus.Sa voix est trop forte, elle tranche le murmure de la salle. Toutes les têtes se tournent à nouveau.— Et cette… vision à vos côtés. Vous allez finir par nous la présenter, ou la garder jalousement pour vous seul ?Il rit, gras, et son regard déshabille Diane avec une impudence de parvenu. À une table voisine, la femme a

  • BAISE-MOI 3   CHAPITRE 112 : LES LUMIÈRES 2

    DianeIl nous conduit vers le renfoncement surélevé, la table qui domine la salle sans être vraiment en elle. Un trône, en effet. Je lui tire la chaise. Elle s’assied, le froissement du satin un bruissement de serpent. Je prends place en face d’elle. Le rituel du menu, de la carte des vins, s’accomplit. Je tranche, je choisis, d’un geste qui n’admet ni discussion ni délai.— Tu vois ? dis-je, une fois seuls dans notre bulle de lumière. Ils te dévorent des yeux. Les hommes et les femmes.Elle soutient mon regard. La peur qui y dansait tout à l’heure s’est muée en un défi hautain, presque glacé.— Ils ne me regardent pas, moi. Ils regardent ton acquisition. Ils évaluent ton goût. Ils calculent le prix.— Nous avons, rectifié-je avec un sourire. Ils regardent l’alchimie. Le tableau qui fonctionne. Le couple improbable qui, pourtant, impose le silence.Elle prend une gorgée d’eau. Ses doigts, fins et pâles, semblent vouloir briser le cristal.— Quel est le but réel de cette mascarade, Dim

  • BAISE-MOI 3   CHAPITRE 111 : LES LUMIÈRES

    DianeLa voiture est un habitacle feutré où ronronne le silence. La ville nocturne file derrière les vitres teintées, un torrent de lumières anonymes qui semblent vouloir nous aspirer, nous dissoudre dans leur flux incessant. Je me tiens droite sur la banquette de cuir, les mains crispées sur l’écrin de satin noir posé sur mes genoux. Mes ongles, laqués d’un rouge sombre qui ressemble à du sang séché, s’enfoncent dans le tissu. Chaque feu de circulation, chaque néon qui glisse sur la carrosserie est comme un battement de cœur trop rapide, un compte à rebours silencieux.À côté de moi, il conduit. Une main négligente sur le volant, l’autre posée sur le levier de vitesse, le poignet orné d’une montre discrète dont le cadran capture des éclats bleutés. Son profil est taillé dans l’ombre et les reflets mouvants. Il émane de lui une tranquillité absolue, souveraine, qui agit sur moi comme une provocation. Il jette un bref regard dans ma direction, un éclair pâle qui balaie ma silhouette em

  • BAISE-MOI 3   CHAPITRE 110 : L’APPÊT

    DianeL’attente est devenue une matière palpable, une épaisseur dans l’air que je dois fendre pour respirer.Le bain a été un échec. L’eau parfumée, les sels qui promettaient l’apaisement, n’ont fait que ramollir ma chair, pas ma résistance. Je me suis laissée sécher à l’air, frissonnante devant la robe.Elle n’est plus la même. Une autre robe a été apportée, déposée sur le lit dans un étui de soie comme une offrande. Une robe longue, d’un vert profond qui rappelle les forêts à la nuit tombante, ou les fonds marins. Du satin coupé d’une manière qui semble à la fois modeste et d’une audace folle. Elle épousera chaque courbe. J’en suis sûre.La consigne était claire. Je l’ai suivie. Par défi ? Par résignation ? Par curiosité morbide ? Je ne sais plus.Je me suis assise devant la coiffeuse aux miroirs clairs. Les pinceaux, les fards, tout était là, un arsenal de transformation. J’ai fermé les yeux un instant, cherchant en moi le visage que je devais devenir. Puis j’ai travaillé.Le maqui

  • BAISE-MOI 3   CHAPITRE 109 : LA LONGUE HEURE 2

    Dimitri Je passe, laissant derrière moi le silence retrouvé, plus tendu que le premier. La porte de chêne lourd se referme, isolant du monde.Ici, c’est mon autre royaume. Lignes droites, perspectives claires, tout sous contrôle. La ville s’étale derrière la vitre, un jeu de construction étincelant sous le soleil. Pourtant, aujourd’hui, mon esprit n’est pas tout à fait ici. Une partie de moi est restée dans la pénombre d’une maison, à observer les silences d’une autre.Elena entre, tablette en main, bouclier d’efficacité.— J’ai hiérarchisé les dossiers. La filiale Asie présente des écarts. L’audit…— Mettez de côté tout ce qui peut attendre.Ses doigts, qui volaient sur l’écran, s’immobilisent une fraction de seconde.— L’intégralité ?— L’intégralité. Je serai absent cet après-midi.Elle hoche la tête, absorbant l’information sans un cillement. Elle ne questionne jamais. Une qualité inestimable.— Les engagements de demain ?— Maintenus. Mais libérez ma soirée. À partir de dix-huit

More Chapters
Explore and read good novels for free
Free access to a vast number of good novels on GoodNovel app. Download the books you like and read anywhere & anytime.
Read books for free on the app
SCAN CODE TO READ ON APP
DMCA.com Protection Status