LOGINSa main glisse plus bas, trouve mon sexe déjà dur, déjà prêt.— Et toi, Maxime ? Ta vie, en dehors des nuits ?— Je cours. Je travaille. Je gagne de l'argent. Je remplis le vide.— Quel vide ?— Celui que j'ai en moi. Depuis toujours.— Tu l'as senti, cette nuit ? Le vide ?— Non. Pour la première fois, il était comblé.Elle se penche, m'embrasse doucement.— Alors reste. Reste encore un peu.Elle m'enfourche, me prend en elle, et nous recommençons. La nuit est infinie. La nuit est à nous.MaximeL'aube filtre à travers les rideaux, pale et dorée. Nous sommes épuisés, vidés, mais aucun de nous ne veut dormir. Comme si le sommeil était une perte, un vol de ces précieux instants.Anaïs est allongée sur moi, sa têt
Ma langue s'avance. Je lèche d'abord timidement, puis plus franchement. Je découvre son goût, acide et doux à la fois, puissant, unique. Je lèche ses lèvres, je les écarte, je trouve son entrée, je la goûte plus profond. Elle gémit, ses mains attrapent mes cheveux, me pressent contre elle.— Oui, dit-elle. Oui, comme ça. Ne t'arrête pas.Je ne m'arrête pas. Ma langue explore, fouille, caresse. Je trouve son clitoris, je le lèche en cercles lents, puis plus rapides, je le suce, je le mords très doucement entre mes lèvres. Ses gémissements s'intensifient, son corps se tend, ses hanches bougent contre ma bouche.— Je vais jouir, halète-t-elle. Je vais jouir dans ta bouche. Ne t'arrête pas. Ne t'arrête pas. Ne...Elle explose. Un cri rauque, profond, déchire le silence de la chambre. Je sens ses spasmes contr
Elle pose sa main sur ma cuisse. Sa main est froide, glacée même, mais à travers le tissu de mon pantalon, je sens la chaleur monter, immédiate, fulgurante, comme si son toucher avait le pouvoir d'embraser ma peau.— Conduis, dit-elle.Je démarre. Je ne demande pas où. Je roule sans but, dans les rues désertes de la ville endormie. La pluie lave les trottoirs, efface les lumières des réverbères, noie le monde dans un flou aquatique. Les essuie-glaces balayent le pare-brise en cadence, seuls témoins de notre fuite. Nous sommes seuls, dans cette bulle de verre et d'acier qui avance dans la nuit.Sa main remonte lentement le long de ma cuisse. Ses doigts dessinent des cercles, pressent, caressent à travers le tissu. Je sens mon sexe qui durcit, qui se tend contre le pantalon, qui répond à son appel comme s'il l'avait attendue toutes ces semaines. Je change de vite
MaximeTrois semaines ont passé depuis cette nuit. Trois semaines à revivre chaque seconde, chaque caresse, chaque mot. Elle n'a pas appelé. Elle ne m'a pas donné son numéro. Je ne sais même pas son nom.Le matin, je me réveille avec l'odeur d'elle dans mes narines, fantôme persistant qui refuse de s'effacer. Sous la douche, mes mains glissent sur ma peau et je revis ses doigts, sa bouche, son regard. Au bureau, je perds le fil des conversations, je fixe des dossiers sans les voir, je réponds à côté.Jean-Marc finit par remarquer.— Tu vas bien, Maxime ? Tu as une tête de zombie depuis quelques semaines.— Je vais bien.— Non, tu ne vas pas bien. Tu es ailleurs. C'est une femme ?Je ne réponds pas. Il hausse les épaules, retourne à ses écrans. Dans ce monde, on ne pose pas vraiment de quest
MaximeLes premières lueurs du jour filtrent à travers les rideaux, dessinant des ombres douces sur le plafond. Je ne sais pas combien de temps nous sommes restés ainsi, enlacés, nos souffles mêlés, nos peaux collées par la sueur séchée. Peut-être des heures. Peut-être seulement quelques minutes. Le temps n'a plus de sens ici, dans cette chambre, dans ce lit, dans ses bras.Elle dort encore, blottie contre moi, sa tête posée sur mon épaule, ses cheveux répandus sur ma poitrine. Je n'ose pas bouger, de peur de briser ce moment, de peur de réveiller la femme sauvage de la nuit et de la voir s'envoler. Je regarde son visage apaisé, ses lèvres entrouvertes, ses cils qui frémissent dans son sommeil. Elle est belle. D'une beauté calme, presque fragile, qui contraste avec la domination qu'elle a exercée sur moi.Je
Ses mains continuent, glissant sur mes côtes, suivant chaque sillon, chaque relief. Elle évite soigneusement mon sexe, tendu et douloureux, qui se soulève à chaque caresse, qui supplie d'être touché. Mais elle ne cède pas. Elle masse mon ventre, mes abdominaux contractés, mes hanches, mes cuisses.· Tu travailles ton corps, constate-t-elle, ses paumes glissant sur mes abdominaux avec une lenteur exquise. C'est pour toi ? Ou pour les autres ?La question me percute. Personne ne m'a jamais demandé ça. Personne n'est jamais allé aussi loin. Est-ce que je sais, encore moi-même, pourquoi je fais tout ça ?· Pour les autres, je crois, avoué-je, la voix étranglée. Pour qu'ils me voient fort. Pour qu'ils ne voient pas...· Quoi ?· Le reste. Les failles. La peur.Elle hoche la tête, comme si elle comprenait. Comm
LÉOLe mot est là, tracé sur la page blanche. Reste. Il a l'air minuscule, insignifiant, perdu dans l'immensité du vide. Pourtant, il pèse plus lourd que tout ce que j'ai jamais écrit. C'est ma signature sur le pacte. Ma renonciation définitive.Juliette n'a pas lu le cahier. Elle n'a pas eu besoin
LÉOLa clé est toujours sur la table, un petit objet métallique qui scintille sous les spots. Elle est là, tous les jours. Un rappel constant de ma prétendue liberté. De mon choix. Je pourrais la prendre, ouvrir la porte, et partir. Mais je ne le fais pas. La porte est devenue une frontière plus in
LÉOLe temps a cessé d’exister. Il n’y a plus de hier, plus de demain. Seulement un maintenant perpétuel, doux et immuable comme le bourdonnement d’un courant sous-marin. Je vis dans le cocon de son amour, un amour qui n’a plus besoin de mots, de gestes, ni même de regards. Il est simplement là, co
LÉOLa rue est froide. Le monde est vaste, indifférent, et chaque visage que je croise est un rappel douloureux de la normalité à laquelle je n’appartiens plus. Je marche sans but, mes pas résonnent sur le trottoir, le vide en moi plus vaste que la ville elle-même. J’ai fui, mais pour aller où ? Je







