LOGINAnaïsIl est allongé sur le lit, les bras écartés, attaché aux montants par des liens de soie que j'ai apportés. Ses yeux me suivent pendant que je prépare la pièce, que je dispose les bougies, que je choisis la musique. Une lenteur délibérée, calculée, pour faire monter la tension, pour le faire attendre.— Tu es nerveux ? je demande sans me retourner.— Oui.— C'est bien. La nervosité, c'est l'émotion qui dit que quelque chose d'important va arriver.J'allume la dernière bougie, me retourne enfin vers lui. Il est magnifique, offert, vulnérable. Ses muscles saillent sous l'effort qu'il fait pour rester immobile, pour ne pas tirer sur ses liens. Son sexe est déjà dur, tendu contre son ventre, luisant d'une goutte de désir à son extrémité.— Tu as pensé à
Dix-neuf heures. Dix-neuf heures trente. Vingt heures. Je commence à m'inquiéter. Et si elle ne venait pas ? Et si c'était fini, déjà ? Et si je n'étais qu'un épisode, qu'un chapitre dans son livre à elle ?Vingt heures quinze. La sonnette retentit.Je cours ouvrir. Elle est là, dans la pénombre du palier, un sac à la main, un sourire aux lèvres.— J'ai apporté du vin, dit-elle.— J'en ai déjà.— Tant mieux. On en aura besoin.Elle entre, pose son sac, me regarde.— Tu as préparé, dit-elle. C'est gentil.— Je voulais que tout soit bien.— Tout est bien. Tu es là, je suis là. C'est tout ce qui compte.Elle s'approche, m'embrasse. Un baiser doux d'abord, puis plus profond, plus exigeant. Ses mains glissent sous mon tee-shirt, caressent mon dos, mes &
Sa main glisse plus bas, trouve mon sexe déjà dur, déjà prêt.— Et toi, Maxime ? Ta vie, en dehors des nuits ?— Je cours. Je travaille. Je gagne de l'argent. Je remplis le vide.— Quel vide ?— Celui que j'ai en moi. Depuis toujours.— Tu l'as senti, cette nuit ? Le vide ?— Non. Pour la première fois, il était comblé.Elle se penche, m'embrasse doucement.— Alors reste. Reste encore un peu.Elle m'enfourche, me prend en elle, et nous recommençons. La nuit est infinie. La nuit est à nous.MaximeL'aube filtre à travers les rideaux, pale et dorée. Nous sommes épuisés, vidés, mais aucun de nous ne veut dormir. Comme si le sommeil était une perte, un vol de ces précieux instants.Anaïs est allongée sur moi, sa têt
Ma langue s'avance. Je lèche d'abord timidement, puis plus franchement. Je découvre son goût, acide et doux à la fois, puissant, unique. Je lèche ses lèvres, je les écarte, je trouve son entrée, je la goûte plus profond. Elle gémit, ses mains attrapent mes cheveux, me pressent contre elle.— Oui, dit-elle. Oui, comme ça. Ne t'arrête pas.Je ne m'arrête pas. Ma langue explore, fouille, caresse. Je trouve son clitoris, je le lèche en cercles lents, puis plus rapides, je le suce, je le mords très doucement entre mes lèvres. Ses gémissements s'intensifient, son corps se tend, ses hanches bougent contre ma bouche.— Je vais jouir, halète-t-elle. Je vais jouir dans ta bouche. Ne t'arrête pas. Ne t'arrête pas. Ne...Elle explose. Un cri rauque, profond, déchire le silence de la chambre. Je sens ses spasmes contr
Elle pose sa main sur ma cuisse. Sa main est froide, glacée même, mais à travers le tissu de mon pantalon, je sens la chaleur monter, immédiate, fulgurante, comme si son toucher avait le pouvoir d'embraser ma peau.— Conduis, dit-elle.Je démarre. Je ne demande pas où. Je roule sans but, dans les rues désertes de la ville endormie. La pluie lave les trottoirs, efface les lumières des réverbères, noie le monde dans un flou aquatique. Les essuie-glaces balayent le pare-brise en cadence, seuls témoins de notre fuite. Nous sommes seuls, dans cette bulle de verre et d'acier qui avance dans la nuit.Sa main remonte lentement le long de ma cuisse. Ses doigts dessinent des cercles, pressent, caressent à travers le tissu. Je sens mon sexe qui durcit, qui se tend contre le pantalon, qui répond à son appel comme s'il l'avait attendue toutes ces semaines. Je change de vite
MaximeTrois semaines ont passé depuis cette nuit. Trois semaines à revivre chaque seconde, chaque caresse, chaque mot. Elle n'a pas appelé. Elle ne m'a pas donné son numéro. Je ne sais même pas son nom.Le matin, je me réveille avec l'odeur d'elle dans mes narines, fantôme persistant qui refuse de s'effacer. Sous la douche, mes mains glissent sur ma peau et je revis ses doigts, sa bouche, son regard. Au bureau, je perds le fil des conversations, je fixe des dossiers sans les voir, je réponds à côté.Jean-Marc finit par remarquer.— Tu vas bien, Maxime ? Tu as une tête de zombie depuis quelques semaines.— Je vais bien.— Non, tu ne vas pas bien. Tu es ailleurs. C'est une femme ?Je ne réponds pas. Il hausse les épaules, retourne à ses écrans. Dans ce monde, on ne pose pas vraiment de quest
DianeLe matin vient non pas comme une aube, mais comme une sentence.La lumière qui se faufile entre les lattes des volets est grise, implacable. Elle ne réchauffe rien. Elle expose. Elle découpe les contours de la pièce, les vêtements en lambeaux sur le parquet, le silence épais entre les deux co
DianeLe silence après le coup de feu est une entité vivante. Il s’installe, dense, lourd, remplaçant l’air même. Il absorbe le dernier écho de ma propre voix brisée, les grognements des gardes, le souffle de Volkov. Il s’accroche aux murs capitonnés, aux tentures de soie, et le rend tout sourd, ét
DianeLa violence de Volkov est méthodique. Elle n’est pas passionnée, elle est punitive. Chaque poussée est un coup de poing, chaque retrait un arrachement. Il me tord les poignets, mord la peau de mon épaule jusqu’au sang, transforme mon corps en un champ de bataille silencieux. Je ne pleure pas.
DianeLa nuit s’étire, un désert de larmes salées et de draps froids. Je pleure jusqu’à épuisement, jusqu’à ce que mes yeux soient brûlants et secs, jusqu’à ce que ma gorge soit une plaie rugueuse. Je pleure Liam. Je pleure mon père, quelque part, ignorant tout. Je pleure la femme que j’étais avant







