LOGINAnaïsLes semaines passent. Nous nous voyons presque tous les jours, soit chez lui, soit chez moi. Mon petit appartement de la rive gauche devient notre refuge, notre cocon. Il y a apporté quelques affaires, des livres, des photos. Notre vie commune se construit, lentement, naturellement.Mais je sens qu'il y a un malaise. Quelque chose qu'il ne dit pas, une question qu'il n'ose pas poser.Un soir, après l'amour, alors que nous sommes allongés en silence, il se lance.— Anaïs, il faut qu'on parle.— Encore ? On parle tout le temps.— Là, c'est différent.Je me redoute, le regarde. Son visage est sérieux, presque grave.— Qu'est-ce qui se passe ?— Je veux essayer quelque chose. De nouveau.— Quoi ?Il hésite, cherche ses mots.— Je veux essayer d'être à ta place. Je veux...
AnaïsIl dort. Je le regarde, paisible, marqué, mien. Ses traits sont détendus, son souffle régulier. La nuit a été intense, plus intense que je ne l'imaginais.Je me lève sans bruit, enfile un tee-shirt à lui, vais dans le salon. Je regarde par la fenêtre la ville endormie, les lumières qui brillent dans la nuit. Je pense à nous, à ce qui se passe, à ce qui pourrait arriver.Il y a quelque chose de différent avec lui. Une connexion que je n'avais pas ressentie avec les autres. Une profondeur, une authenticité. Il ne joue pas, il ne feint pas. Il est là, vraiment là, à chaque instant.Mais ça me fait peur.J'ai l'habitude de contrôler, de garder mes distances, de ne pas m'attacher. C'est plus sûr, plus simple. Les sentiments, c'est le chaos, c'est la perte de contrôle, c'est la douleur assurée.Mais avec lui, c'est déjà trop tard. Je suis déjà attachée, déjà vulnérable, déjà en danger.— Tu ne dors pas ?Sa voix m
MaximeL'obscurité est totale. Le bâillon m'empêche de parler, de supplier, de dire quoi que ce soit. Je n'ai plus que mes sens pour percevoir le monde, plus que ma peau pour ressentir sa présence.Je l'entends bouger autour de moi. Le froissement de ses vêtements, le bruit de ses pas sur le parquet. Puis plus rien. Le silence. L'attente.Une seconde. Deux. Dix. Une éternité.Soudain, je sens quelque chose sur ma poitrine. Quelque chose de froid, de métallique. Un objet que je ne peux pas identifier. Il glisse lentement sur ma peau, suit la ligne de mes muscles, contourne mes tétons. La sensation est étrange, déstabilisante.Puis la douleur arrive. Brève, intense, précise. Un pincement sur mon torse, juste à côté du téton. Je sursaute, mes mains tirent sur les liens, un son étouffé sort du bâillon.Sa main se
AnaïsIl est allongé sur le lit, les bras écartés, attaché aux montants par des liens de soie que j'ai apportés. Ses yeux me suivent pendant que je prépare la pièce, que je dispose les bougies, que je choisis la musique. Une lenteur délibérée, calculée, pour faire monter la tension, pour le faire attendre.— Tu es nerveux ? je demande sans me retourner.— Oui.— C'est bien. La nervosité, c'est l'émotion qui dit que quelque chose d'important va arriver.J'allume la dernière bougie, me retourne enfin vers lui. Il est magnifique, offert, vulnérable. Ses muscles saillent sous l'effort qu'il fait pour rester immobile, pour ne pas tirer sur ses liens. Son sexe est déjà dur, tendu contre son ventre, luisant d'une goutte de désir à son extrémité.— Tu as pensé à
Dix-neuf heures. Dix-neuf heures trente. Vingt heures. Je commence à m'inquiéter. Et si elle ne venait pas ? Et si c'était fini, déjà ? Et si je n'étais qu'un épisode, qu'un chapitre dans son livre à elle ?Vingt heures quinze. La sonnette retentit.Je cours ouvrir. Elle est là, dans la pénombre du palier, un sac à la main, un sourire aux lèvres.— J'ai apporté du vin, dit-elle.— J'en ai déjà.— Tant mieux. On en aura besoin.Elle entre, pose son sac, me regarde.— Tu as préparé, dit-elle. C'est gentil.— Je voulais que tout soit bien.— Tout est bien. Tu es là, je suis là. C'est tout ce qui compte.Elle s'approche, m'embrasse. Un baiser doux d'abord, puis plus profond, plus exigeant. Ses mains glissent sous mon tee-shirt, caressent mon dos, mes &
Sa main glisse plus bas, trouve mon sexe déjà dur, déjà prêt.— Et toi, Maxime ? Ta vie, en dehors des nuits ?— Je cours. Je travaille. Je gagne de l'argent. Je remplis le vide.— Quel vide ?— Celui que j'ai en moi. Depuis toujours.— Tu l'as senti, cette nuit ? Le vide ?— Non. Pour la première fois, il était comblé.Elle se penche, m'embrasse doucement.— Alors reste. Reste encore un peu.Elle m'enfourche, me prend en elle, et nous recommençons. La nuit est infinie. La nuit est à nous.MaximeL'aube filtre à travers les rideaux, pale et dorée. Nous sommes épuisés, vidés, mais aucun de nous ne veut dormir. Comme si le sommeil était une perte, un vol de ces précieux instants.Anaïs est allongée sur moi, sa têt
LÉOBon Dieu pourquoi c'est aussi bon en elle... pourquoi ? Elle jouit en criant mon nom...ses jambes tremblent.... elle transpire beaucoup....ses yeux lancent des éclairs... elle est satisfaite .Je jouis à mon tour en m'enfonçant plus en elle . Je vide mes couilles . Elle recule d’un pas, m’arr
LÉOLe jour se lève, gris et implacable. La lumière froide filtre à travers les persiennes, découpant des raies pâles sur le parquet. Je n’ai pas dormi. J’ai passé la nuit allongé à côté de Laura, les yeux grands ouverts, à fixer le plafond. Chaque fois que je fermais les paupières, je la revoyais.
LÉOLe sol se dérobe sous mes pieds. Le bruit de la boîte de nuit n’est plus qu’un bourdonnement étouffé, un fond sonore à la tempête qui fait rage dans ma tête. Je suis assis à cette table, entouré de trois personnes, et je n’ai jamais été aussi seul, ni aussi terriblement vivant.Sous la table, l
LÉOUne semaine.Le temps, dans la chambre d’hôtel minable, a la consistance de l’eau croupie. Il stagne. Je ne vis plus, je subsiste. Je suis une ombre coincée entre quatre murs tapissés d’un papier peint jauni, déchiré par endroits.Je n’ai pas appelé Juliette.Ses mots tournent en boucle dans ma







