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Chapitre 2 : La maison du deuil 2

Author: Déesse
last update publish date: 2026-07-24 03:29:08

Camille

Je n'attends pas de réponse. Je monte l'escalier, trouve la chambre d'amis au bout du couloir, et je referme la porte derrière moi. Je m'assois sur le lit. Mes mains tremblent. Pourquoi est-ce que mes mains tremblent ? Je me lève, je me déshabille, j'enfile un pyjama, je me glisse sous les draps. Mais le sommeil ne vient pas. Alors je fais ce que je n'aurais pas dû faire. Je glisse ma main entre mes cuisses, je ferme les yeux, et je pense à lui. À ses yeux noirs. À ses épaules. À ses mains puissantes que j'imagine sur mes hanches. À cette façon qu'il a eue de me regarder comme s'il pouvait voir à travers mes vêtements, à travers ma peau, jusqu'à ma chatte qui pulse de désir. Je me caresse lentement, puis plus vite, le souffle court, en imaginant qu'il est là, dans ma chambre, qu'il écarte mes cuisses, qu'il se penche sur moi, que je sens son souffle chaud sur mon sexe avant qu'il ne plonge sa langue dans ma fente trempée. Et je jouis en silence, le visage enfoui dans l'oreiller, le corps secoué de spasmes. Et après, je pleure. Je pleure sans savoir pourquoi. Parce que je le désire. Parce que c'est mal. Parce que ma sœur est morte et que je mouille pour son mari.

Les jours qui suivent sont une succession de matins gris et de soirées silencieuses. Je prends mes marques, doucement, comme on s'habitue à une maison étrangère. Je m'occupe de Manon le matin, pendant que Ludivine fait les courses ou range les chambres. Vincent travaille. Il est charpentier. Il part tôt, rentre tard, les mains couvertes de sciure, le visage fermé. Nous nous croisons sans nous parler. Nous nous évitons. Ou plutôt, nous faisons semblant.

Mais il y a ces regards. Toujours ces regards. Quand je lui tends son café le matin, nos doigts se frôlent et il s'attarde une seconde de trop, et je sens la chaleur de sa peau qui se propage dans tout mon bras, jusqu'à mon ventre, jusqu'à ma chatte qui se contracte. Quand il passe derrière moi dans le couloir, je sens son souffle sur ma nuque, et mes tétons se durcissent sous mon chemisier, et je sais qu'il le voit, je sais qu'il le sent. Nous jouons à un jeu dont je ne connais pas les règles. Un jeu dangereux. Un jeu interdit.

Ce soir, je devais sortir. Un ancien collègue fête son anniversaire dans un bar du centre-ville. J'ai enfilé une robe noire, moulante, qui s'arrête à mi-cuisse et qui dévoile la naissance de mes seins. J'avais besoin de me sentir femme, de me rappeler que j'existe en dehors de cette maison endeuillée. J'ai passé la soirée à boire des verres tièdes en écoutant des conversations qui ne m'intéressaient pas. À vingt-deux heures, je n'en pouvais plus. J'ai prétexté une migraine, j'ai hélé un taxi.

La maison est silencieuse quand je tourne la clé dans la serrure. Aucune lumière à l'étage. Manon doit dormir depuis longtemps. Je retire mes chaussures dans l'entrée, les pose contre le mur, près du portemanteau où pend encore le manteau rouge de ma sœur. Personne n'a osé le ranger. Je frissonne.

C'est alors que j'entends.

Un bruit sourd, étouffé, qui vient du salon. Un meuble qui cogne contre un mur, ou autre chose. Je m'approche à pas de loup, le cœur battant. La porte du salon est entrouverte. Une lumière tamisée filtre à travers l'interstice, des bougies peut-être, ou une lampe à intensité réduite. Et puis j'entends un gémissement. Un gémissement de femme. Mon sang se glace. Je pourrais monter. Je devrais monter. Faire semblant de n'avoir rien entendu, m'enfermer dans ma chambre, mettre mes écouteurs. Mais mes pieds refusent d'obéir. Je m'approche encore, retenant mon souffle, et je regarde par l'interstice.

Je ne suis pas prête. Je ne serai jamais prête.

Le salon est baigné d'une lumière orangée, chaude, qui danse sur les murs. Une lampe à poser est allumée sur la table basse, mais ce sont les bougies disposées sur le manteau de la cheminée qui donnent cette ambiance. Vincent est là, torse nu, le dos luisant de sueur. Chaque muscle de son dos est dessiné par la lumière vacillante, ses omoplates saillantes, sa colonne vertébrale creusée d'un sillon où la sueur s'accumule. Son jean est descendu sur ses cuisses épaisses, dévoilant ses fesses musclées qui se contractent à chaque mouvement. Il se tient debout derrière le canapé, les mains agrippées aux hanches de Ludivine. Elle est courbée sur l'accoudoir en cuir, le dos creusé, la jupe relevée sur les reins, les fesses nues et offertes. Je vois son string en dentelle blanche qui pend encore autour d'une cheville. Ses doigts sont crispés sur le cuir de l'accoudoir, ses jointures blanches.

Il la prend par-derrière avec une sauvagerie qui me coupe le souffle. Sa queue est énorme, longue et épaisse, veinée, et je la vois disparaître entièrement dans la chatte de Ludivine avant de ressortir, luisante de mouille, pour s'enfoncer à nouveau. Le va-et-vient est hypnotique. Les coups de reins sont profonds, brutaux, presque rageurs. Chaque poussée arrache un gémissement à Ludivine. Le bruit de leurs chairs qui s'entrechoquent emplit le salon, un claquement humide et obscène qui résonne dans le silence de la maison.

— Tais-toi, grogne-t-il. Ne fais pas de bruit. Tu vas réveiller Manon.

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