MasukCamille
Un seul mot. Lourd de sous-entendus. Il sourit. Un sourire lent, à peine esquissé, qui n'atteint pas ses yeux. Un sourire de prédateur. Je le connais depuis dix ans, ce sourire. Je l'ai vu sur le visage de ma sœur quand elle me racontait comment ils s'étaient rencontrés. Il a un sourire dangereux, disait-elle. Quand il te sourit comme ça, t'as envie de fuir et de t'agenouiller en même temps. C'est exactement ce que je ressens. L'envie de fuir et de m'agenouiller. L'envie de ramper sous la table, d'écarter les cuisses, de le supplier de me prendre comme il a pris Ludivine. L'envie de sentir sa queue énorme s'enfoncer dans ma chatte, ses mains dans mes cheveux, sa voix rauque qui me traite de salope. Mais je reste figée, le cul sur ma chaise, les cuisses serrées, ma chatte qui pulse et qui mouille. Ludivine, inconsciente du brasier qui couve sous la table, se met à raconter une anecdote sur Manon, quelque chose à propos d'un dessin et d'un oiseau. Je fais semblant d'écouter. Vincent aussi. Mais nos regards se croisent par-dessus la table, et dans ses yeux, je lis quelque chose qui me glace le sang et me brûle le ventre en même temps. Ce n'est pas fini. Ce n'est même pas commencé. Et je ne sais pas si je dois avoir peur ou espérer. Vincent Je n'aurais pas dû la regarder comme ça. Ce matin, à table, j'ai vu ses joues s'empourprer, j'ai vu ses doigts trembler sur sa tasse, j'ai vu ses yeux fuir les miens comme un animal traqué. Et ça m'a plu. Putain, oui, ça m'a plu. J'ai revu la scène de la nuit dernière. Camille dans le couloir, sa robe noire moulante, sa main sous le tissu, ses doigts qui caressaient sa chatte en me regardant baiser Ludivine. Ses yeux écarquillés, sa bouche entrouverte, ses joues en feu. Elle était magnifique. Une putain de vision interdite. C'est plus fort que moi. Depuis qu'elle est arrivée, quelque chose en moi s'est réveillé. Quelque chose de sombre, de primitif, que je croyais mort avec Alice. Alice. Ma femme. Sa sœur. Six mois que tu es partie. Six mois que je dors seul dans ce lit trop grand, le nez enfoui dans ton oreiller qui ne sent plus rien. Six mois que je fais semblant d'être fort pour Manon, pour les autres, pour le monde entier, alors qu'à l'intérieur, je suis en miettes. Et voilà que ta sœur débarque avec ses yeux de biche et ses robes trop courtes, et tout ce que je ressens, c'est de la colère. De la colère contre elle, contre toi, contre moi. Contre cette érection que j'ai chaque matin en pensant à elle. Contre cette main qui se glisse sous mes draps la nuit pour se branler en imaginant son corps nu sous le mien. Ce soir, je suis à genoux devant ta photo. Je ne prie pas. Je ne crois pas en Dieu. Mais je te parle. Je te demande pardon. Pardon pour ce que j'ai fait avec Ludivine. Pardon pour ce que j'ai ressenti quand ta sœur m'a regardé. Pardon pour ce que je vais faire, parce que je sais que je vais le faire, tôt ou tard, et que je ne pourrai pas m'en empêcher. Pardon pour les nuits où je me branle en pensant à elle, à ses petits seins fermes, à sa chatte que j'imagine imberbe et serrée, à son cul que je veux claquer jusqu'à le laisser rouge et marqué. J'entends des pas derrière moi. Camille. Je reconnais sa façon de marcher, légère, hésitante, comme si elle avait peur de déranger. Elle s'arrête sur le seuil du salon. Je ne me retourne pas. — Vincent ? Sa voix est douce. Trop douce. Elle s'approche. Je sens son parfum avant de sentir sa main. Vanille, jasmin. Le parfum d'Alice. Mon cœur se serre. Elle s'agenouille à côté de moi, sans que je le lui demande, et je sens sa main se poser sur mon épaule. C'est la première fois qu'elle me touche. Sa main est chaude, légère, et je sens mon corps entier se raidir sous ce contact. Une décharge électrique me parcourt l'échine, descend jusqu'à ma queue qui se durcit instantanément dans mon jean. — Ne me touches pas. Les mots sortent plus durement que je ne le voulais. Elle retire sa main comme si je l'avais brûlée. — Pardon, murmure-t-elle. Je voulais juste... — Je sais ce que tu voulais. Je me lève brusquement et je lui fais face. Elle recule d'un pas, les yeux écarquillés. Elle est belle. Putain, elle est belle. C'est ça le pire. Elle ressemble à Alice, mais en plus jeune, en plus sauvage. Ses cheveux bruns tombent en cascade sur ses épaules. Elle porte un pull trop grand qui glisse sur une épaule, et je vois la naissance de sa clavicule, cette peau pâle que je voudrais mordre, sucer, marquer. Je vois la courbe de son sein gauche, à peine cachée par le tissu. Je devine la forme de son téton, durci par le froid ou par l'excitation. J'imagine ma bouche dessus, ma langue qui le lèche, mes dents qui le mordillent. Je chasse cette image. — Tu voulais quoi ? lui dis-je en m'approchant. Me consoler ? Me dire que tout va bien ? Que la vie continue ? — Vincent, je... — Regarde-la. Je désigne la photo d'Alice sur le buffet. Ma femme, figée dans son sourire éternel. — Regarde-la et dis-moi que tu n'as pas honte. — Honte de quoi ? Elle soutient mon regard, et là, je vois autre chose. De la colère, aussi. Un feu qui couve sous sa peau de biche. Elle n'est pas venue pour se faire marcher dessus. Tant mieux. J'aime quand elle résiste. J'aime quand elle me défie. Ma queue pulse dans mon jean, tendue, douloureuse. — Honte de quoi ? répète-t-elle, sa voix plus dure maintenant. Je ne réponds pas. J'attrape son poignet et je tire. Elle trébuche, tombe à genoux devant la photo, à côté de l'endroit où j'étais agenouillé quelques secondes plus tôt. Sa robe remonte sur ses cuisses, dévoilant la peau nue. Elle ne porte pas de collants, pas de culotte peut-être. Cette pensée me rend fou. — Reste là. — Quoi ? — Reste là. Agenouillée. Devant elle. Et demande-lui pardon. — Pardon de quoi ? — Tu sais très bien de quoi. De ce que tu as fait hier soir, dans le couloir, la main entre les cuisses.Je glisse un doigt entre ces lèvres, cette chose humide qui m'accueille, et je sens cette moiteur qui monte, cette moiteur qui est ma propre réponse à mon propre toucher, cette moiteur qui n'a besoin de personne pour exister, et je ferme les yeux pour mieux sentir cette sensation qui est toute neuve, cette sensation d'être à la fois celle qui donne et celle qui reçoit, celle qui touche et celle qui est touchée.— Ah, dis-je en sentant mon doigt qui glisse en moi, ah, c'est étrange et c'est bon, c'est étrange de me sentir de l'intérieur, c'est étrange de connaître cette chose que je croyais réservée aux autres, c'est étrange et c'est merveilleux.Je bouge ce doigt lentement, doucement, avec cette patience des premières fois, et je sens ces parois qui se contractent autour de moi, cette chaleur qui m'enveloppe, cette chose qui pulse au rythme de mon cœur, et je découvre ce corps comme on découvre un pays inconnu, avec cette curiosité des explorateurs qui ne
LéaLa maison est isolée au bout d'une route de terre qui ne mène nulle part, cette bâtisse de pierre sèche que j'ai louée pour une somme dérisoire à un vieil homme qui n'a pas posé de questions, et je suis arrivée ici hier soir avec une valise légère et cette envie de disparaître qui me ronge depuis que j'ai quitté Raphaël sans un mot, sans une lettre, sans rien, cette fuite qui n'était peut-être pas une fuite mais une nécessité, cette chose que je ne m'explique pas encore à moi-même et que je ne cherche pas vraiment à expliquer, car il y a des moments dans une vie où l'on ne sait plus pourquoi on fait ce qu'on fait, où l'on suit simplement cette pente intérieure qui nous tire vers le silence et la solitude comme vers une eau noire où l'on espère se noyer enfin.Le désert autour de moi n'est pas un désert de sable mais un désert de garrigue et de pierres blanches et de vent qui souffle sans relâche, et cette aridité me convient, cette absence de tout ce qui pourrait me rappeler ma vi
Je prends son oreiller, celui où elle posait sa tête, celui qui garde encore l'empreinte de son visage, et je le serre contre moi comme on serre un enfant perdu, comme on serre un amour perdu, comme on serre tout ce qui nous reste quand tout le reste s'est envolé.— Léa, dis-je dans cet oreiller qui est tout ce qui me reste d'elle, Léa, ton odeur, ton odeur est encore là, ton odeur me dit que tu existes, que tu es quelque part, que tu vas revenir.Je respire cette odeur à pleins poumons, cette odeur qui est la sienne et qui n'appartient qu'à elle, cette odeur de ses cheveux et de sa peau et de cette chose qui la rend unique, et je sens ce désir qui monte en moi malgré la tristesse, ce désir des hommes qui ne peuvent pas s'empêcher de désirer même quand ils souffrent.Je presse cet oreiller contre mon visage, ces yeux fermés pour mieux sentir cette odeur, cette bouche qui embrasse ce tissu comme si c'était sa bouche, et je sens ce sexe qui durcit
Je la lèche, cette langue qui glisse sur ses lèvres, cette langue qui trouve ce petit bouton, ce petit noyau qui commande à tout son corps, et je le suce, je le mordille, je le caresse avec ma langue jusqu'à ce que je la sente qui se tend, qui se cambre, qui crie. — Ah, ah, ah, Raphaël, ah, je vais jouir, ah, je vais jouir dans ta bouche, ah, ah, ah. Elle jouit dans un cri qui résonne dans toute la chambre, ce spasme qui la secoue comme une vague, cette jouissance qui la laisse pantelante sur ces draps, et je remonte vers elle, ce visage qui est couvert de sa mouille, ces lèvres qui cherchent les siennes. — Ensuite, dis-je en l'embrassant, ensuite je te laisserai te reposer un instant, et puis je te retournerai sur le ventre, et je te prendrai par derrière, je te prendrai comme une bête, je te prendrai comme si je voulais te briser, et tu crieras, et tu jouiras encore, et tu me supplieras de ne pas m'arrêter. Je la retourne
Je dégrafe ce soutien-gorge, cette petite agrafe qui cède sous mes doigts, et je fais glisser ces bretelles sur ses bras, et ses seins sont là, libres, ces seins ronds et fermes avec ces tétons qui durcissent sous mon regard, et je me penche pour les embrasser.— Ah, dis-je contre sa peau, ah, Léa, tes seins, je les embrasserai longtemps, je les sucerai comme un enfant affamé, je mordrai ces tétons jusqu'à ce qu'ils soient durs comme du bois, et tu gémiras, et tu me supplieras de continuer, et je continuerai.Elle gémit, ce gémissement qui me dit qu'elle aime ce que je fais, ce gémissement qui me donne envie de continuer, et je descends plus bas, ces mains qui caressent son ventre, ces doigts qui trouvent l'élastique de sa culotte.— Puis je ferai glisser cette culotte, dis-je en tirant doucement sur ce petit bout de tissu, je la ferai glisser le long de tes jambes, et je te regarderai nue, complètement nue, et je m'agenouillerai devant toi, et j
Je me penche vers elle, ce mouvement qui m'approche de son visage, et je pose mes lèvres sur les siennes dans un baiser lent et tendre, ce baiser qui dit tout ce que je ne sais pas encore dire avec des mots, et puis je me recule et je la regarde dans les yeux.— Léa, veux-tu m'épouser, veux-tu devenir ma femme, veux-tu porter mon nom et vivre avec moi jusqu'à ce que la mort nous sépare, veux-tu me donner des enfants et construire une famille avec moi, veux-tu être mienne pour toujours, veux-tu être ma femme, Léa, veux-tu.Elle reste un instant sans répondre, ces yeux qui me regardent avec une intensité que je n'ai jamais vue, cette bouche qui s'entrouvre et qui ne dit rien, et je sens cette peur qui monte en moi, cette peur qu'elle refuse, cette peur qu'elle dise non, cette peur qu'elle ait changé d'avis.— Raphaël, dit-elle enfin d'une voix qui tremble, Raphaël, tu me demandes de t'épouser, tu me demandes de devenir ta femme, tu me demandes de p







