LOGINLa nounou mystérieuse Après la mort de sa mère, Séréna Delys accepte de devenir nounou dans la maison du milliardaire Kylian Astor Elle cache volontairement son identité. Car Séréna est en réalité l'héritière d'un immense empire. Kylian la considère comme une simple employée. Pourtant, il commence à tomber amoureux d'elle. Lorsqu'il découvre qu'elle est enceinte après une nuit passée ensemble, il croit qu'elle a délibérément cherché à le piéger. Il la renvoie. Séréna part en silence. Sept ans plus tard, Kylian rencontre une femme d'affaires dont toute l'élite parle. Il ne reconnaît pas immédiatement son ancienne nounou. Mais lorsqu'il voit le petit garçon qui l'accompagne, il comprend. Son fils. Il veut récupérer Séréna. Puis il apprend que sa propre entreprise est en danger et que seule la femme qu'il a humiliée possède les moyens de la sauver.
View MoreChapitre 1
Séréna
La grille en fer forgé se referme derrière moi avec un claquement sourd. Le bruit résonne dans ma poitrine comme un adieu.
Je serre la poignée de ma valise. Le cuir est froid sous mes doigts. Tout est froid ici. Les murs de pierre grise, les fenêtres hautes, le ciel chargé de nuages. Même l’air sent le propre et l’interdit.
Je ne devrais pas être ici. Pas comme ça. Pas en uniforme discret, pas avec ce nom d’emprunt qui brûle sur ma langue. Mais maman est morte. Et avec elle, le monde que je connaissais s’est éteint. Je ne veux plus de ces soirées étouffantes, de ces regards qui calculent, de ces hommes qui sourient sans jamais dire la vérité. Je veux disparaître un moment. Devenir personne. Juste pour comprendre qui je suis vraiment.
La porte massive s’ouvre avant que je n’aie fini de respirer. Une femme en tailleur sombre me dévisage, les lèvres pincées.
— Vous êtes en retard.
Sa voix est un scalpel. Je baisse les yeux.
— Veuillez m’excuser. Le trajet était plus long que prévu.
— Ici, la ponctualité n’est pas une option. Suivez-moi.
Mes talons claquent sur le marbre. Je déteste ce bruit. Il trahit ma présence, il annonce à toute la maison que je suis une étrangère. Je garde la tête droite, pourtant. Ma mère m’a appris à porter la dignité comme une armure invisible. Même quand on a envie de s’effondrer.
Le hall est immense. Un lustre en cristal jette des éclats sur les murs. Tout respire l’argent, la puissance, le contrôle. Et moi, je marche au milieu, en me demandant si quelqu’un peut voir à quel point mon cœur est fissuré.
La gouvernante s’arrête devant une porte.
— Vous vous occuperez de l’étage ouest. La chambre de l’enfant, la salle de jeux, et vous accompagnerez le personnel si besoin. On m’appelle madame Vence. Vous ne parlez pas à M. Astor sauf s’il vous adresse la parole. Vous ne le regardez pas dans les yeux trop longtemps. Vous ne posez pas de questions.
Chaque phrase tombe comme une sentence. J’acquiesce. L’humiliation rampe sous ma peau, chaude et silencieuse. Je viens d’un monde où je donnais des ordres. Aujourd’hui, je dois apprendre à les recevoir. Peut-être que c’est ce que je mérite.
Une voix s’élève dans mon dos. Grave, tranchante.
— C’est elle ?
Je me retourne. Kylian Astor se tient à quelques pas. Le milliardaire. Le maître des lieux. Mon nouveau patron.
Il ne sourit pas. Il ne salue pas. Ses yeux gris me détaillent comme un inventaire. Le menton levé, les mains dans les poches d’un pantalon parfaitement coupé, il dégage une autorité glaciale. Aucune chaleur. Aucune bienveillance.
— Elle est plus jeune que je l’imaginais, ajoute-t-il en s’adressant à madame Vence, pas à moi.
Je reste immobile. Mon prénom d’emprunt me paraît soudain ridicule. Il ne sait pas qui je suis. Il ne saura jamais. C’est mieux ainsi.
— Vous savez vous occuper d’un enfant ? demande-t-il enfin, les yeux toujours fixés sur moi comme si j’étais un détail gênant.
— Oui, monsieur.
— Vous n’avez pas d’expérience prestigieuse. Votre dossier est vide.
La remarque claque dans l’air. Madame Vence baisse la tête, gênée. Mon cœur se serre. Je déteste être jugée. Surtout sur ce que je ne montre pas.
— J’ai appris avec les enfants de ma famille, dis-je d’une voix calme.
— Votre famille.
Il répète le mot avec un sourire presque méprisant.
— Vous êtes issue d’une famille modeste, alors.
Ce n’est pas une question. C’est un constat. Une façon de me rappeler ma place. Je ravale la vérité. Je ravale le nom de ma mère, le nom de mon père, les écoles privées, les résidences, les voitures. Je ne suis plus cette fille-là. Pas aujourd’hui.
— Modeste, oui, je réponds doucement. Mais honnête.
Il plisse les paupières. Peut-être qu’il n’aime pas qu’on lui réponde avec assurance.
— Vous commencerez demain matin. La chambre de mon fils est au bout du couloir. Il a sept ans. Il est turbulent. Vous devrez vous adapter rapidement.
— Je le ferai.
— On verra.
Il tourne les talons sans un mot de plus. Mon souffle reste suspendu. L’air autour de moi est plus lourd. Mon cœur bat trop vite, mais je ne pleure pas. Pas ici. Pas devant eux.
Madame Vence m’accompagne jusqu’à une petite chambre sous les toits. Le contraste avec le reste de la maison est brutal. Un lit étroit, une armoire en bois, une fenêtre minuscule. La lumière entre à peine.
— Vous ne recevez pas de visites. Vous ne quittez pas la propriété sans autorisation. Votre téléphone reste en mode silencieux en présence de M. Astor.
— Je comprends.
Elle part sans un regard. Je m’assois sur le lit. Le matelas grince. Mes mains tremblent légèrement. Je les pose sur mes genoux pour les calmer.
Maman me manque. Sa voix, son parfum, sa façon de me dire que je valais mieux que l’argent, que les titres, que les apparences. Mais aujourd’hui, je doute. J’ai choisi de fuir ma fortune, mon héritage, mon identité. Pourquoi ? Pour me faire traiter comme une moins que rien par un homme qui ne voit que le rang social ?
Je ferme les yeux. Une larme coule. Je l’essuie vite. Ce n’est pas le moment de faiblir.
La nuit tombe sur la maison silencieuse. Je m’allonge sans me déshabiller. Le plafond est bas, la solitude immense. Je pense à Kylian Astor. À son mépris. À ses yeux gris comme l’orage. Je le déteste déjà. Pourtant, quelque chose dans sa voix, dans sa raideur, m’a transpercée.
Je me répète que je ne suis ici que pour me reconstruire. Que rien d’autre ne doit arriver.
Mais je mentirais si j’affirmais que je n’ai pas senti, dans ce hall trop grand, une étincelle sombre entre lui et moi. Une tension dangereuse, comme un fil tendu au-dessus du vide.
Je sers l’oreiller contre ma poitrine. Dehors, le vent hurle contre les vitres.
Et je comprends que cette maison ne me laissera pas partir indemne.
Chapitre 21SérénaJe ferme la porte de ma chambre.Le silence m'enveloppe. Enfin seule. Mes jambes flageolent. Je m'assois sur le lit. Mes mains tremblent. Mon cœur cogne contre mes côtes.Je suis amoureuse de Kylian Astor.La vérité m'écrase. Je voulais la fuir, l'ignorer, la détruire avant qu'elle ne naisse. Mais elle est là. Vivante. Brûlante. Elle occupe chaque recoin de mon esprit.Je l'aime.Lui qui ne sait pas qui je suis. Lui qui me croit pauvre, simple, sans passé. Lui qui me protège sans savoir qu'il pourrait me briser d'un seul regard.Les larmes coulent. Silencieuses. Salées. Je ne les retiens plus.Je pleure sur maman. Sur la solitude. Sur cet amour impossible qui me dévore. Je pleure parce que je sais que cela finira mal.Il découvrira mon secret. Mon vrai nom. Ma fortune. Et il me croira menteuse. Manipulatrice. Intéressée.Je pleure plus fort.J'étouffe mes sanglots dans l'oreiller. Je ne veux pas qu'on m'entende. Surtout pas lui.Mais j'ai beau pleurer, mon cœur refu
Chapitre 20KylianJe l'apprends par hasard.Une conversation surprise dans le couloir de service. Deux employées qui rient. Le nom de Séréna dans leur bouche. Des mots sales. Méprisants.— Elle se prend pour la reine.— Elle finira dans son lit, comme les autres.— Une moins que rien qui rêve d'argent.Je pousse la porte. Elles se figent. La peur déforme leurs visages.— Dans mon bureau. Maintenant.Elles me suivent sans un mot. La colère me serre la gorge. Je les fais asseoir. Je reste debout, les dominant.— Vous allez me répéter exactement ce que vous disiez.— Monsieur, c'était une plaisanterie.— Une plaisanterie sur une femme qui s'occupe de mon fils ?— Nous ne pensions pas à mal.— Vous l'avez humiliée. Ici, sous mon toit.Elles baissent les yeux. Je frappe le bureau du poing. Elles sursautent.— Vous êtes renvoyées. Toutes les deux.— Monsieur, s'il vous plaît...— Dehors.Elles sortent en pleurant. Je m'en moque. Je ne supporte pas l'injustice. Encore moins quand elle touch
Chapitre 19SérénaLes murmures commencent dans les couloirs.D'abord des regards. Puis des silences quand j'entre quelque part. Enfin, les mots. Durs. Cinglants.— Elle se croit maligne.— Elle veut mettre le grappin sur M. Astor.— Une nounou qui rêve de devenir milliardaire.Je fais semblant de ne pas entendre. Je continue de sourire à Adam. De ranger ses jouets. De préparer ses repas. Mais chaque phrase me transperce.Ce matin, dans la buanderie, deux employées chuchotent. Elles ne m'ont pas vue.— Elle est avec lui tout le temps.— Forcément. Elle veut son argent.— Elle n'a rien. Elle vient de nulle part.— Une fille comme elle ne peut que chercher un homme riche.Je serre le linge contre ma poitrine. Mes mains tremblent.Elles ne savent pas. Personne ne sait.Je pourrais acheter cette maison. Dix fois. Sans même regarder le prix. Je pourrais les faire renvoyer toutes les deux. Révéler mon nom. Réclamer le respect qui me revient.Mais je ne le ferai pas.Parce que je veux qu'on
Chapitre 18KylianJe l'entends depuis le couloir.— Vous vous croyez spéciale parce que M. Astor vous regarde ?Je m'arrête. La voix de Camille. Froide. Méprisante.— Je ne me crois pas spéciale, répond Séréna.— Ne jouez pas les innocentes. Vous traînez autour de lui comme une ombre. Cela ne vous mènera nulle part.— Je fais mon travail.— Votre travail. Et quoi d'autre ?Le silence. Mon sang chauffe. Je pousse la porte de la cuisine.Camille sursaute. Séréna ne bouge pas. Elle tient un plateau, les doigts crispés.— Il y a un problème ? demandé-je.— M. Astor, je...— Vous parliez à mon employée avec un ton inacceptable.Camille pâlit.— Je lui faisais une remarque.— La prochaine fois, adressez vos remarques à moi.— Ce n'est qu'une nounou.— C'est la nounou de mon fils. Cela mérite le respect.Le silence tombe. Camille baisse les yeux.— Je suis désolée, murmure-t-elle.— Ce n'est pas à moi qu'il faut vous excuser.Elle se tourne vers Séréna.— Pardon.Séréna hoche la tête, raide












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