MasukConfondre la haine Rosalie a volé la mafia. Une erreur qu'elle aurait dû payer de son sang. Mais le Parrain a d'autres projets. Sa sentence : un an d'asservissement total. Enchaînée par la cheville, vêtue de soie et de dentelle, elle n'est plus qu'un objet de luxe, une poupée brisée qui doit réapprendre à vivre à genoux. Sa seule mission : satisfaire chaque désir, chaque pulsion, chaque caprice de l'homme qu'elle a trahi. Chaque nuit est une leçon d'obéissance. Chaque frisson lui rappelle qui est le maître. Il ne veut pas seulement la punir. Il veut la consumer, la modeler, la posséder jusqu'à ce qu'elle oublie son propre nom. — Tu vas me haïr. — Je te hais déjà. — Non. Tu frémis quand je te touche. Tu vas apprendre à confondre la haine et le désir. Et quand tu ne feras plus la différence, tu seras vraiment à moi. Certaines nuits, il la force à le regarder dans les yeux pendant qu'il la dévore des siennes. Il veut voir l'humiliation se tordre en plaisir. Il veut entendre sa voix se briser, supplier sans oser prononcer son nom. Elle mord ses lèvres jusqu'au sang pour ne pas crier. Mais son corps, lui, ne ment jamais. — Tu aimes ça, n'est-ce pas ? — Non — Tes doigts griffent mon dos. Tes hanches bougent contre moi. Tu mens avec ta bouche, mais ta peau, elle, elle me dit tout. Alors arrête de mentir. Et dis-moi ce que tu veux. — Je… je veux… — Quoi ? — Je veux que tu m'oublies. Que tu me laisses partir. Il rit, lentement, contre son cou. — Menteuse. Tu veux que je te prenne encore. Et encore. Jusqu'à ce que tu ne saches plus où finit la douleur et où commence moi.
Lihat lebih banyakIl ferme les yeux. Il soupire. Quand il les rouvre, il y a dedans quelque chose de doux, de joueur, presque.— Alors, dit-il.— Alors quoi ?— Le thé a refroidi.— Oui.— Et tu sais ce qui arrive quand on laisse le thé refroidir ?Je secoue la tête.— Non. Non, je ne sais pas. Avant je savais. Avant je savais exactement ce qui arrivait. Maintenant, je ne sais plus.Il sourit. Un vrai sourire, cette fois, qui découvre ses dents, qui plisse le coin de ses yeux.— Moi non plus, je ne sais pas.Il dit ça et il rit. Un rire doux, léger, presque un rire d'enfant. Et il me prend par la main. Il m'emmène dans la chambre.— Où on va ? demandé-je.— Tu vas voir.Je le suis, docile, le cœur battant, mais pas de peur, non, quelque chose d'autre, quelque chose qui ressemble à de l'attente, à de la curiosité, à un truc que je n'ose pas nommer.Il me fait asseoir
Je ne sais pas pourquoi je pleure. Je ne devrais pas pleurer. C'est bon, ce qu'il me fait. C'est bon et c'est doux et c'est tendre. Mais les larmes montent quand même, silencieuses, elles roulent sur mes tempes, elles mouillent mes cheveux, et il les boit, il les boit avec ses lèvres, il les recueille une par une, comme si c'était précieux, comme si mes larmes étaient des diamants.— Ne pleure pas, dit-il.— Je ne pleure pas.— Si, tu pleures.— Je pleure et je ne sais pas pourquoi.— Peut-être parce que c'est trop. Trop de douceur. Trop de tendresse. Trop d'amour. Peut-être parce que tu sens que tu es en train de perdre pied, de perdre tes repères, de perdre cette identité de victime qui était la tienne et qui te protégeait. Peut-être parce que tu sais que tu es en train de m'aimer.— De t'aimer vraiment.— Oui. Lui. Cet homme qui t'a brisée et qui te reconstruit. Cet homme qui a été ton bourreau et qui veut être t
Il ne m'écoute pas. Il reste là. Il écoute quand même. Il écoute le silence de mon ventre comme s'il y avait là-dedans une musique que lui seul peut percevoir.— Parle-lui, dit-il.Il relève la tête. Il me regarde.— Parle-lui.— À qui ?— Au bébé.— Il n'entend pas.— Il entend. Il entend tout. Parle-lui.Alors je parle. Je me sens bête. Je pose ma main sur mon ventre et je parle.— Bonjour, dis-je. Je suis là. Ton père est un peu fou mais je l'aime quand même.Il rit. Il rit et il pose sa tête sur mon ventre et il écoute. Et moi, je continue. Je parle. Je parle à cette vie qui pousse. Je lui raconte des choses. Des choses que je ne raconte à personne. Des choses que je gardais pour moi.— Tu sais, ton père, avant, il était différent. Il me faisait peur. Mais maintenant... maintenant il est doux. Il me touche comme si j'étais en verre. Il me regarde comme si j'étais le soleil. Je
Je me dis que je devrais avoir peur. Je me dis que je devrais partir. Mais je ne pars pas. Je reste. Je reste et je laisse sa chaleur me gagner, me pénétrer, me transformer.Je reste et je me dis que peut-être, peut-être, cette douceur est plus dangereuse que la peur. Parce qu'avec la peur, on survit. Avec la douceur, on s'attache. Et s'attacher, c'est se condamner.Mais je m'attache. Je m'attache et je ne veux pas m'en aller. Je m'attache et je me dis que la condamnation, parfois, c'est une délivrance. Parfois, c'est une porte qui s'ouvre. Parfois, c'est un cœur qui bat.— Tu es réveillée ? demande-t-il encore.— Oui.— Tu veux que je te raconte une histoire ?— Une histoire ?— Pour t'endormir. Ma mère me racontait des histoires quand je n'arrivais pas à dormir.— Je ne savais pas.— Il y a beaucoup de choses que tu ne sais pas sur moi.— Alors raconte.Et il raconte. Une h












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