INICIAR SESIÓNLuna
L'appartement est silencieux. Trop silencieux.
Le silence de la ville n'a rien à voir avec celui de la campagne. Ici, c'est un silence pesant, chargé de présence, de murs trop proches, de voisins invisibles, de vies qui s'écrasent les unes contre les autres. Je suis assise sur le canapé, les jambes repliées sous moi, les bras autour de mes genoux, et je regarde le mur blanc en face de moi. Il y a une tache, à ha
Je ferme les yeux. Il a raison. J'ai arrêté de me battre. Contre lui, contre moi, contre ce que je ressens. J'ai accepté que j'aime ça. Que j'aime être à genoux, que j'aime le sentir en moi, que j'aime sa voix qui me donne des ordres. Et j'ai accepté aussi que j'aime le voir à genoux, que j'aime le regarder se tordre sous mes doigts, que j'aime l'entendre supplier. J'ai accepté que je suis les deux. Que je ne suis plus une ou l'autre, mais moi. Toute.Mais le secret reste.C'est la seule ombre à ce tableau. Le mensonge permanent. La double vie. Le visage de Thomas qui me sourit chaque matin, qui me dit qu'il m'aime, qui fait des projets d'avenir avec moi. Je rentre chez lui après ces nuits, je me glisse dans son lit, je me blottis contre lui. Il m'enlace machinalement, même endormi. Il murmure mon nom. Et je mens. Je mens toujours.— Tu penses à lui ? demande Alex, comm
Il jouit en grognant, son corps qui se crispe contre le mien, ses doigts qui s'enfoncent dans mes hanches. Je jouis quelques secondes après, un orgasme silencieux, les dents serrées, les ongles qui griffent le bureau.Nous restons un moment immobiles, lui en moi, moi contre le verre froid. Puis il se retire, m'aide à me relever, m'attire contre lui.— Tu es parfaite, murmure-t-il. Comme toujours.— Toi aussi.Il rit, m'embrasse dans le cou, là où le collier repose.D'autres soirs, c'est lui qui est à genoux devant moi. Je le regarde d'en haut, assise dans son fauteuil, les jambes croisées, les mains sur les accoudoirs de cuir noir. Il attend mes ordres, les yeux levés vers moi, patient, offert, vulnérable. Je lui dis ce que je veux, je le fais attendre, je le fais supplier. Et j'aime ça aussi. J'aime cette puissance qui monte en moi quand je vois son vis
Le cabinet est calme. Les autres stagiaires sont partis déjeuner, leurs postes sont vides, leurs écrans éteints. Je traverse l'open-space vide, mes pas résonnent sur le sol, claquent contre les cloisons de verre. La porte de son bureau est fermée. Je frappe.— Entrez.Il est là, derrière son bureau, en train de lire un dossier. Il porte une chemise bleu clair, les manches retroussées jusqu'aux coudes, ses avant-bras musclés, sa montre au poignet. Il lève la tête quand j'entre, pose son stylo. Il ne sourit pas. Il ne bouge pas. Il me regarde, simplement.— Ferme la porte.Je la ferme.— Verrouille.Je verrouille.— Approche.Je m'approche. Mes pas sont lents, mes jambes tremblent. Je m'arrête devant son bureau, les mains ballantes, le corps tremblant de la tête aux pieds.— Trois jours, dit-il. Trois jours
LunaL'appartement est silencieux. Trop silencieux.Le silence de la ville n'a rien à voir avec celui de la campagne. Ici, c'est un silence pesant, chargé de présence, de murs trop proches, de voisins invisibles, de vies qui s'écrasent les unes contre les autres. Je suis assise sur le canapé, les jambes repliées sous moi, les bras autour de mes genoux, et je regarde le mur blanc en face de moi. Il y a une tache, à hauteur de mes yeux, une tache que je n'avais jamais remarquée. Je la fixe depuis une heure. Depuis que Thomas est parti.Il m'a embrassée sur le front, ce matin. Ses lèvres douces, sa main qui a caressé ma joue.— Repose-toi, ma puce, a-t-il dit. Prends du temps pour toi. Tu as l'air lessivée, ce week-end t'a épuisée.— Oui, un peu.— Je rentrerai tôt, ce soir. On se fait un film, un truc tranquil
Ce que ça comporte. Les mots résonnent dans ma tête, s'entrechoquent, rebondissent. Un poste. Être à lui toute la journée, tous les jours. Ne plus jamais pouvoir m'éloigner. Ne plus jamais avoir d'excuse pour ne pas venir. Être sa chose, officiellement, professionnellement, pour toujours.— C'est incroyable ! s'exclame Thomas en me prenant dans ses bras. Il me serre contre lui, me soulève presque, me fait tourner sur le sentier. Ma copine, architecte ! CDI dans le meilleur cabinet de la ville ! Mon pote, t'es le meilleur !Il lâche Alex, il rit, il me serre, il m'embrasse sur la joue, sur le front, sur la bouche. Je ris, je fais semblant d'être heureuse. Je ris, je souris, je joue la comédie. Par-dessus l'épaule de Thomas, je croise le regard d'Alex. Il me sourit, un sourire triomphant, un sourire de propriétaire qui vient de poser une énième m
Sous la table, le pied d'Alex appuie plus fort, remonte jusqu'à l'intérieur de ma cuisse, là où la peau est la plus sensible. Je suis mouillée, je le sens, une humidité qui traverse mon jean, qui imprègne le tissu. Il doit sentir la chaleur qui émane de moi, cette chaleur humide qui monte de mon sexe, qui répond à son toucher comme une plante répond au soleil.— Et toi, Alex, demande Thomas. Tu penses à te poser un jour ? À faire des enfants ?Alex me regarde. Ses yeux plongent dans les miens, fixent mon regard, me retiennent prisonnière. Il sourit, un sourire lent, presque cruel, qui me fait monter le sang aux joues.— Un jour, peut-être, dit-il. Pour l'instant, je me contente d'admirer les projets des autres.Son pied s'arrête, juste au creux de mes cuisses, là où mon sexe est le plus chaud, le plus humide
LunaPuis il a commencé à bouger.Et j'ai compris que je n'avais jamais vraiment fait l'amour avant cette nuit.Chaque mouvement était parfait. Chaque angle, chaque rythme. Il me connaissait comme s'il avait étudié mon corps pendant des années, comme s'il savait instinctivement où me toucher, où ap
LunaJe tremble encore.Tout mon corps pulse au rythme de mon cœur, comme si chaque battement résonnait sous ma peau. Le bruit autour de moi revient par vagues : murmures étouffés, respirations lentes, pas feutrés sur le tapis épais. Le monde reprend forme petit à petit, comme si je remontais à la
Alex J’ai perdu tout contrôle à cet instant précis.Je l’ai retournée, sans ménagement. Je l’ai saisie par les hanches, je l’ai tirée contre moi. Je suis entré en elle d’un seul mouvement, sans préparation. Son cri. Ce cri. Aigu, surpris, mais surtout, heureux. Un cri d’abandon total.— Comme ça ?
LunaJe regarde autour de moi, comme si quelqu’un pouvait me voir. L’appartement est vide. Je suis seule. Mais je ne le suis pas. Il est là, dans mon téléphone, dans ma tête, dans ma chair.Mes doigts tremblants relèvent l’ourlet de ma robe. Ma main glisse sur ma cuisse, remonte, atteint l’élastiqu